‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 78 sur 101 · BU PRIEURE D£ SAINT-GABRIEL · texte numérisé non relu

BU PRIEURE D£ SAINT-GABRIEL

qui font ëpoque , puisqu'il est évident qu'elles appartiennent à la construction primitive ^ et qu'on ne saurait les confondre avec l'ogive de la grande fenêtre du rond-point , ouverte deux siècles plus tard , et dont le mur a été très*mal raccordé avec l'ancienne maçonnerie. Ces deux arcs aigus nous prouvent d'une manière incontestable que , dès la moitié du XI«. sièck j l'ogive avait été introduite dans notre architecture I ainsi qu'on le voit dans plusieurs édifices de notre province et notamment à la cathédrale, de Coutances , consacrée en lôSG. Cela ne doit pas nous étonner puisque j dès les premières années du VII^. siècle , l'Italie nous offre des exemples de l'emploi des arcs elliptiques dans les voûtes de quelques églises y et qu'à la même époque Omar faisait construire la fameuse mosquée qui porte encore son nom ^ et qui est , selon M. le comte Forbin , le chef-d'œuvre de l'architecture Arabe (i).

Les amateurs de détails pourront trouver dans.

(i) Le genre arabe et le beau style grec ae tit)a?ent lénnis dans cette* moBqnée ; on y voit des grandes arcades en plein cintre sormontées de rinceaux de feuilles palmacées , et des chapiteaux d*c idre corinthien des plus élégants. On iraperçoit d'ogive qu'aux galeries supérieures ; elles sont tout-àfait dans le genre que nous appelions moresque.

f abside de Saiàt-^îabrid de qaoi satisfaire lent curiosité. Us y verroDt im plem-ciotre orné de deux rang de zigzags j sansontës de flearom et d^ttne espèce de casque à long nez oa tête à jbarbe ( la chose n'est pas irês-*^claire), etpar dessus tonte celte bigarrure | un rang de t jrses asses bieiiexëcuti^s(fig. i5). Ils pourront y remarcjuer une ogive couronnëe d'un double rang de zigzigi^ formant des losanges , et des rubans entacë» figurant une chaînette (fig. i4)* Us pourront encore j observer beaucoup d'autres détails que }è passe sous silence.

. J^ai au^i rapporte sur mes planches le dessin du bénitier d'une forme particulière ( fig. iA}f et les figures de deux évêqnes ou abbés à mitre et crosse placéêT au haut de la grande arcade da chœur (fig. i6 et 1^7 ). Le dessin de ces deux figurines peut donner la mesure de l'art du statuaire sous les ducs de Normandie.

Les voûtes de cette église appartiennent an système de construction suivi jusqu'à la renaissance. Elles sont formées d'arcs en pierre de taille partant des colonnes et se réunissant au centre des voussures , tels qu'on en voit dans tous les édifices du temps. Ces arcs se dessinent par des moulures en relief, nommées vulgairement n^* i^ures , et qui servent à les renforcer et à i^

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rendre assez solides. pour soutenir la mauvaise maçonnerie des plafonds en moellon.

En voilà plus que je ne comptais en dire sur ce sujet ; mais une description un peu étendue m'a paru nécessaire pour faciliter Tintelligence de mes planches , et vous donner une idée de l'architecture telle que je la conçois dans PXI^. siècle. travers toutes les entravés de Tignorance, je la vois déjà marcher vers son but le plus important , rembellissement et la solidité ; et si le génie^ qui appartient à tous lés siècles , n'a pas encore pu y au milieu des ténèbres du temps, découvrir le type du vrai beau , au moins a-t-il déjà obtenu l'avantage réel d'avoir rendu ses ouvrages commodes^solides et durables ; qusJités précieuses trop négligées de nos jours , et sans lesquelles les monuments les plus utiles et les chefs-d'œuvre de l'art ne sauraient atteindre un long avenir y et seraient perdus pour la postérité»

De deux cachets, Vun trouvé à yieux ^ et déposé au Muséum des antiquités de la Normandie ; Vautre trouvé à Bayeux ; par M. REVER.

Mi

Description du cachet de Vieux.

Cb cachet (N<>. 3 ) fut , il y a quelques années, trouvé à deux lieues au sud- est de Caen, dans la commune de Vieux ^ oii la capitale des yiducasses existait autrefois. Il appartenait à M. l'abbë de La Rue , mon honorable confrère y qui a bien voulu me.le prêter, afin que je pusse le Ëdre graver correctement , et en essayer PexpUcation (i).

(i) Je dois être d'taUnt moias iaqoieC sur reiplicaticin de ce Cachet I que je lai en soomii le projet pea de temps après qa'il me l'eut prêté, et que je reçusse lui une réponse encourageante.

La pierre ( vert-noirâtre ) a près de quatre millim. d'épaisseur ( 5 ''^* ) ; chaque côté est à peu près de quatre centimètr. (18 ''-sr* ) • le carrtf n'est pas exact ; les angles sont de fausse équerre^ et les côtes parallèles ne SQUt pas même égaux ; les chanfreins ne sont point parallèles aux bords} le travail de la taille n'a point d'exactitude.

La pioche du terrassier qui tira cette pierre de la terre , en fit sauter un éclat dont Tefict est d'altérer désagréablement une des surfaces , et l'on ne peut que regretter les dégâts que cet accident a causés dessus ; heureusement aucune des inscriptions n^est endommagée , quoique Téclat . en ait divisé une en deux parts dans toute la longueur (i)»

Le premier prénom de l'oculiste qui se servivt de ce cachet est indiqué par la seule initiale S. ; le second est Martinus-) le nom est adlaptijs ^ qui me parait d'origine grecque , avec terminaison latine.

Une des tranches n'est gravée que du seul nom

(i)A peine l'aperçoit-on du raccordemenrqae fai fait des deax pîèeea , à l'inTîtatîon de M. de La Rtoe. Je n'y ai employé qu'un peo de colle de poiason ; je ne me sers pas d'autre chose pour léanîr les fragments antiques ; |« préfère ce gtuUn k tous les mastica qui ont toujours plus ou moins dépaisseur , et dont l'effet est d'écarter les pièces.

d'unooUjrre , sans que le nom ou lès prënoms de l'oculiste y soient graves ni même indiques ( i )^ Le nom de ce spécifique est Diaiiiodon y le col-« Ijre à la rose , expliqué dans la description que j'ai £aite du cachet de. LiUebonne.

Les lettres de cette inscription sont presque doubles des lettres des trois autres , et elles oc* cupent tout le champ dé la tranche. On ne peut méconnaître, en cette particularité , une intention formelle , j'ai presque dit. de Taffectàtion de la part SfAhlaptui , qui y sur les antres tranches , faisait graver son nom et le nom de ses colLjres en deux lignes fotmées de petites capitales , et. qui voulut que sur cette tranche lé Diarhodon de sa fabrique fut écrit en majuscules et remplit fif ul le champ de rihscriplion. Cela viendrait-il de ce qu'il était parvenu à mettre sa préparation tellement en vogue , que cette distinction d'éti-» quette paraissait lui suffire pour en rappeler à tout

( i] La fréquente répétition qne jeflûtde la dénomination d'oeuiUië , et qne je aérai probablement encore forcé de renouveler, m'oblige, {e croû,à rappelés qu'il y avait ches lea ancieiu, comme cbea noua , des ocolistes en tfirt^ qoi a'occvpaicot uniquement ou spécialement de tcaiter les maladie* des jeai. On cite des épitaphes qui en fonrpisaeat la preii¥« , qnoiqn'ît paraisse que chea les anciens , le m^i^ o(6cier' de^ aaaié caerçât presque toujours la médecine» la cbiiuigie et la pharmacie tout à la fois.

DE DEUX CACHETS* fyf^

le monde le mërite transcendant ? On peut-on s^en tenir à supposer une méprise du graveur ? Qnoiqu^il n'jait pas d'importanceà le rechercher^ je m^arréte à la première supposition , plntôt que de lever mes incertitudes , en imputant à autrui des méjprises qu on ne supposerait point si Ton n'était dans Fembarras.

Sur la seconde tranche je* lis pour étiquette SMBCTicuBf, que jusqu'à présent Ton n'a trouvé sur aucun cachet antique.

Avant d'en essayer l'explication, je dois rendre compte d'un enfoncement irrégulier qu'on remarque dans la pierre , entre les lettres m et s. J^ai engagé le graveur k rendre sur la planche ^ antani qu^il le pourrait , l'effet de la petite émi*nence que ce creux produit dans l'empreinte. Ne pouvant me figurer que cet endroit de la pierre, creusé par des coups de burin , sans ordre ,'eut été pratiqué pour marquer une séparation entre le sigle SM. et rautre sigle ectigum , qui ne seraient alors inteUigibles ni l'un ni l'autre ; obser* vaut aussi qu'on eut pu marquer cette séparation avec un trait pareil à ceux qu'on voit sur les autres tranches , et ne pas préparer pour l'empreinte I un relief plus saillant que les lettres mêmes; ne pouvant non pl«s apercevoir de défaut dans la pierre , et ne me rappelant avoir rien vu

de semblablement défectueux dans aucune pierre de cette espèce , où l'on ne rencontre que des fib en lignes simples ou ramifiées , sans aucune 'solution de continuité , j'ai reconnu^ à l'aide d'une bonne loupe , les vestiges incontestables d'un second m j dont le dernier jambage ne fut pas entièrement achevé et qui est , comme les trois autres , biffé aux dépens de la pierre , par des coups de burin que l'ouvrier ne se donna point la peine d'adoucir.

Pour cette fois, je ne crains pas de l'accuser d'une inadvertance qu'il a lui-même avouée par les efforts qu'il a faits pour en pallier le mauvais effet. Je lis donc smecticum, et je conviens, • que d'après l'acception où Ton a coutume de prendre ce mot , j'avais regardé comme \m fondant^ le collyre qu'il annonçait. Toutefois^ n'osant pas lui donner l'épithète de savonneux , à cause de la sensibilité de l'organe à la guérison duquel on l'employait , j'ai pensé qu'il fallait le regarder comme une préparation plus on moins alkaline , absorbante et détersive , en prenant ce mot dans le sens que Pline lui a donné ( i).

(1) O mnîifm quidem eoehlearum cinis tpistat , ealefucit amectîcâ TÏ et idêd ctiuiiieis ccmmisefil$tT pwr'uqne tt Upris'ti Igniigwi UH* nituT, ( Plin. lib. 5o , c. 4* )

C^est le loag de cette tranche , et dans la di^ rection de la première ligne , que IVclat de la pierre a saute sans nuire à Pecriture. Le nom <le Toculiste Ahlapti s*y lit très-bien , c'est la senle où il soit écrit en toutes lettres.

Sur la troisième tranche j oii , sans le secours de la prëcëdente , le môme nom eût peut-être été constaté difficilement , à cause des deux der^ nières lettres qui sont mal tournées , on lit tha-^ LASSER os ^ nom connu d'un collyre qu'on appelait ainsi , soit parce qu'on y faisait peut-être entrer un peu d'eau de mer , soit plutôt parce que la couleur en était vert-de-mer. Je ne tiens aucun compte d'un trait figuré comme un I^ qu'on voit au commencement de la première ligne , avant le S.

Sur la quatrième tranche j où le même nom jéblapti est écrit en abrégé comme sur la précédente, et présente aussi la même maladresse dans les dernières lettres , on lit le mot entier CBOCODEs qui se trouve sur d'autres cachets, plus souvent en abrégé qu'en toutes lettres , et qu'on a diversement entendu. On est maintenant à peu près convenu de regarder ce collyre comme une préparation de safran; ce ne sera donc qu'avec un peu de réserve , que je demanderai s'il n'est point possible que le nom de ce collyre ait tû^ë

478 I>E$CKIPT10K .

0OQ origine da régna animal j et qne le coD jie même ait été préparé avec le foie ou les intesbos du crocodile. Je me hâte d'excuser cette idëe^ en citant le passage de Pline , à la lecture duqnd elle m'est venue j car c'est à lui que je dois la conjecture que je présente*

« Il y a^ dit-il , deux sortes de crocodiles, <c dont Tun ne se repait que des fleurs les plus «I odorantes; on en réserve , à cause de cela, «I très-soigneusement les intestins j qufon triture «I pour en faire la préparation connue ^oos le <f nom de crocodilœa , dont l'odeur est exquise. « On l'emploie avec le jus de poireau , comme <c liniment, dans les ophtalmies qui trouUent

« la vue et l'obscurcissent On ne connaît

« rien, dans ces cas-là , de préférable au fiel de « ce reptile , préparé avec du mieL... Le sang <c même des deux espèces de crocodiles est tout' f( à-fait propre à éclaircir la vue et à remédisr « aux mauvais effets des cicatrices ^i)« »

(1) Duo gawrm ( croeoéylormn ) atUr m t^rré, ianiàm oéfn» tissimis floribus viviL Ob id initêUna eju^ dUigmiUr, aoquirufUMt Jueundûnidarc fracta crocodylœam voewat cum porri immo inuneliê si contre suffîuionêt ei eaiigima , e<c... Folié ( croeodjlonm ) mumetis oculis ex mslie, conirà tuffaiùmêt nihit uiUiuo frtBéicaiit..» Sangmii uirliuqut etariUUêm visas immefit donMi , tt ci* €atricot ûculorum omcndat ( Plio. lib« a8 ,c. 8).

DB DBIJX CACttETS. 479

Personne aujourdliui ne voudra croire à Pexis^ tence de ces crococfiles odorants , ni même aax prétendus succès que les empjriques annonçaient de celte préparation con trouvée j on sera seu* lement contraint d'avouer qu'ils avaient une snbs» tance équivoque, à laquelle ils donnaient lune origine imposante et une vogue fallacieuse, et Ton ne peut contester, que le\crocodes du cachet a beaucoup de rapport avec le crooodjrlœa , base d'un coUjre précieux. Je ne suis donc pas loin d'excuser le gravear d'un pareil cachet , sur le reproche que M. de Gajrlus lui faisait «t d'avoir ^ « par gentillesse ou par ignorance,' figuré une téie « de crocodile à la suite du sigle crocod. ( i ) » ; et j'incline à trouver dans cette figure , l'faiéro^ glyphe môme du cracodes et du crocodjrlœa^ que l'empyrique put être bien aise de Ëiire graver, afin qu'on ne se méprît point sur la prétendue base de son coU jre , et qu'on ne crut pas qu'il avait été fait avec la plante <:rocodjrliQn dont parle Pline (2). 'Je puis faire observa aussi que, dans aucune des préparations de coUjtes^ bien connues pour avoir été faites avec plus ou moins de safran , on ne trouve point le D qui convient

(1) Cayliw, t. I , pag. aag.

(a) Plia, lib. aj, c. 8.

46o BSSCRIFTI09

essentieUemeiit à celle que je crois entrevoir, et qui enest en quelqaesorte la caractëristique.LecoUjre au safran des anciens, s^appelait diacrocos. Li^on* guent de safran était Vunguentum crocinum; inie préparation particulière qu'on en faisait y portait le nom de crocomagma (i), et dans aucune de ces appellations on ne voit employé le Dj sans lequel le crocodjlœa n'eût point été suffisamment indiqué.

Outre ces inscriptions des quatre tranches , il y a^ sur les deux surfaces de ce cachet^ plusieurs lettres ; des figures au simple trait , à peine vi* siUes en quelques parties , et trois ou quatre caractères dont la gravure est au contraire large et profonde. Je ne trouve en ces lettres aucune indication raisonnable dW sens quelconque , et ne vois nul mérite à ces figures , dont les traits sans profondeur et sans intelligence , sont de la plus mauvaise exécution : mais, quoique je n'en* tende rien ni au» lettres ni aux figures , je ne me ferai pas moins un devoir de les décrire avec toute l'eiactitude dont je puis être capable , afin que des personnes plus instruites en trouvent

(i) Em eo qùoqae expressa unguento eroâno crocomagma

appeliant (PHo. ai, ao). ,

Exeroeo àï^croca a ppeUatacol/yr la. [V^vA, M%, de ocal. morb.)

X>fi DEUX CACHETS. 4^1

rezplîcatîon , si ces lettres et ces figures peuvent être expliquées.

Sur une des surfaces , est la figure d'un cheval maria tourné de gauche à droite, et dont le mouvement est celui d^un cheval qui sVlance. Cette figure n'est pas absolument sans effet , mais les détails n'en pourraient guères être plus mauvais ; la jonction du corps du cheval avec la longue queue de poisson qui le termine , est masquée par une ceinture en feuilles de roseau ; des lettres éparses sont comme jetées au hasard sur cette figure et autour d'elle. L'intention qui les a fait éparpiller ainsi , me parait d'autant plus difficile à découvrir , qu'elles sont gravées , les unes dans le sens naturel de la lecture j et les autres dans une position renversée j comme pour former une empreinte ; quelques-unes même , d^ns une direction difiërente,sont couchées horizontalement. Les premières sont , i^. un s au milieu du trucé du poitrail ; a®, un L entre les sabots j 3o. deux lettres accolées ln , placées sur la même ligne que la précédente y près de l'origine du chanfrein ou biseau.

Les lettres renversées sont, i^. un c sous la jambe, à gauche, au-devant de la ceinture; a^. au-dessous'*de cette lettre et dans les feuilles^ deux ss , un desquels est placé sur le profil de

48a DESCRIPTION

la queue j au-dessous de la ceinture ; enfia les lettres gravées en travers sont, i®. un o, au milieu de la queue^ et un m près du genou , à gauche.

• Sur. la surface opposée on voit la figure, au simple trait, comme la précédente^ d'un vase à goulot renversé , à col étroit et gros renflement dans la panse , accolé de deux anses , avec en^ rbuHements , dont la volute supérieure s'applique sur le bord du goulot , au *- dessus duquel elle sMlève presque toute entière. Quelques hachures^ mal taillées , autour du col, donnent Fidée d'un ornement , sans en marquer le caractère ; des traits en S sur le renflement , indiquent un godron circulaire ; et un sigle de trois lettres majuscules et profondément gravéed , se voit au-dessas • du vase. Deux de ces lettres G. A. , sont bien conservées ; la troisième , dont la forme a souflert par l'enlèvement de Téclat , me paraît autant avoir été un Iqu^un L. Ces mêmes lettres sont répétées en plus petit format dans l'orifice même du vase, et l'enlèvement de l'éclat qui a rendu méconnai»^ sable la troisième lettre du grand sigle , a totalement détruit la lettre correspondante de celui-ci. La place que la figure du vase occupe, non dans le milieu de la surface y mais vers le côté , à la gauche de l'observateur , et quelques traits qu^on

DE DKVX Cl CBBTS. 4^^

voit encore au côte opposé ^ me font penser qu'il y avait de ce côte une seconde figure que Tëclat a fait disparaître. Si le troisième caractère du sigle majuscule n'avait pas , dans l-état actuel , la forme d*un I , et si c'e'tait positivement un L , on pourrait croire que Poculisle était un galéniste prononce qui se plaisait à consigner son admiration pour le maître dont il suivait la doctrine, en inscrivant la première syllabe du nom de Galien siir un vase à onguent ( i ) , dont il faisait apparemment Tembléme de sa profession ou l'en* se^e de son officine. .

Quelques autres lettres et des traits isolés sont gravas sur cette surface : i^. un O entre le col et le vide dé l'anse à droite ; deux S , dont l'un immédiatement au-dessus du G majusôule et Tautre vers la droite , presque au*- dessus de 1*A ; enfin, près de Tangle inférieur , à droite , un caractère profondément gravé , ressemble à un L renversé.

Plus j'examine ces lettres et ces figures , plui je suis porté à les trouver insignifiantes et bizarres.

(i) PyjDM MV^iien farte.

Description Au cacliet de Bajeux.

On trouva ce cachet , il j a plusieurs années, en démolissant le château de cette ville. JTen dois la connaissance à la politesse de M* Pluquet, pharmacien à Bajeux. La gravure qft j^en ai fait faire d'après les empreintes en cire que je reçus de lui , exprime exactement les dimensions <et la forme de ce cachet, que je crois être le plus petit de tous ceux que Ton connaît^ et qui ne pèse que 4 grammes un quart ( 84 ^^^* )•

Il y a des lettres gravées sur les quatre tranches ; mais la gravure des deux bouts ne parait être que la continuation et la finale des sigles dont le commencement est sur les trancbels latéraies ^ à la suite des trois initiales par lesquelles sont très-vraisenibbblement indiques les prénoms et le nom du propriétaire. Ce cachet est , de tous ceux qu'on a publiés , le seul qui soit gravé de cette manière : je ne vois en cela nulle perfection ; au contraire , on conçoit qu'il était assez difficile de mellre régulièrement en hgne les coupures d'un mot, qu'on ne pouvait totalement imprimer qu'en tournant le cachet et le faisant rouler d'une tranche sur l'autre. Ces deux portions d'un même mot, après leur réunion dans une

seule ligne, prësentent les mots ou plutôt les sigles suirants:

M. ▲ C DUGE-DIC.

et

M. A. C. ISOCRY-DU*

Je ferai d'abord observer que ce cachet est d'un travail beaucoup mieux fini qu'aucun de ceux qu'on a publies ; la taille même de la pierre est soignée ^ les caractères ont une forme agrëable y les traits sont assez purs , les creux bien vidés y les filets qui encadrent les lettres sont bien conduits et bien raccordes.

Ces inscriptions , qui ne sont textuellement gravées sur aucun des cachets connus j ne se trouvent dans aucun médecin de Tantiquité et n'offrent pas de rapport marqué avec des collyres. Peut-être serait» il prudent de laisser pour ce qu'elles valent des étiquettes qui tiennent de l'é*nigme : mais je puis en essayer l'explication , sans prétendre que je trouve la véritable.

La première , diage-dic , me parait pouvoir être divisée en trois sigles , savoir : dia j avec : préjposition communément emploj^ée pour indi^ quer une préparation faite selon l'art : âge ; les

4eax premières syllabes iPageraton^ et jdic, première syllabe deDictamnuSjd^ns la rëanion desquels trois sigles, il y aurait élisioa d'ua a pour ne former que le seul mot diaob-dic.

Pline^ qui décrit l'emploi de ces deux plantes, leur attribue des propriétés qui en rendent Passociation convenable (i). Uest vrai que si Ton adoptait cette explication , ce ne serait point un colljre que ce cachet énoncerait , ce serait platôl un spécifique utile pour des feifunes en couches ; et cette pierre gravée ., au lieu d'avoir appartenu à un médecin-*oCuliste eut été le cachet d'un chi^ rurgien ou d^une sage-femme. Or , comme on ii*a jusqu^à présent trouvé que des cachets d^ocnlistes, je dois convenir que Taaalogie devient une sorte de présomption contre l'explication que je présente. C'est un peu dommage : car le remède qne la seconde étiquette isochydia paraît indiquer , tient aussi à l'exercice de la même profession^ En e&et, la plante idûsa, décrite par Paul d'^Egine (2) et par Pline (5) , l'emploi qu'il parait

(1) Part ut emortuot vel trahtversot ejicit (dictamnus) ideà ad hoe effîeax ut ne in cublcutum qutdtm prœgnaniium inférieur (Pliir* atf j i5.) Ageraton ; calmant et résolutif. {PUn,%-p , 4* -^OrH. Itb, i5, — JEg. iib,y , c. 3. — Aiiiut Tctr, i. Serm, i. Gai*, i* timpt. remed., tib. \^ A, — et surtout Diotc, Ub* ^» c 54*

(a) JSgîn. de re mcd. , lib. 7. Litt. i,

(3j Plia, aj, 11» Init. Au lieu de la plante idœû.^ q«e ses

qu'on en faisait alor^ , -et les propriétés du crinon ou lilium décrites par Aëtius (i) , Paul- d'iEgine (a), et par Oribase (3)^ donuent lieu de croire que ces deux végétaux pouvaient être formulés en^çmble et composer un. spécifique dont le nom résuUaul des. premières sjUabes de ceux des plantes avec ^ion; c^u& i y eut été crydœa ou en st^le^dejfprofi^ cîydia* Il est encore possible .qu-il .y ait içp> une m^dificatioa de ce remède. pour d^s ^qd^nt^ pardcnUers du même état de ^soufTrancie , çtjqMieut fuies même^ efiets., ce. que la prépx)sitioi^.;tfo '6aU f^^^ en-*tendre (4), /( ^, .. • :;\/ ^ o' :>•

Au surplus, ,' on ne peutjnécçinnaitra dans ce cachet mystérieux une réserve ^ûectée de Pem-^

propriétéi peuvent faire regarder comme un des composaj^U de l'étiquette, Tempirique n'aurait-il point désigné le /auri/« idoeoy par If seul nom- ffpitcifiqoe de cet arbrisfiioan ? les vertus en seraient encore plus appropriée» : /i/0« iauru* parins eclere* facU; FUo« 5a, 8.

(i) Olêum Htiatum' pr'œgnantxktt* faeilem parfum fieit Aët. Te^jk u Serm. i« i

(a) iEgin. de remed. lib. j.

(3) Orib. Med. coll. lib. i5. Litt. X. "

(4) « Un antiquaire n« doit jamais sereb'éter par les obstacleir , « Une, doit p^ rejeter ^ Ua monumenU ;dont Tol^j^f ^pi' est « inconnu. S*il se trompe , la postérité , plus benrcuse , ^lrv^^ m peut-être h vérité de ses erreurs mêmes > . CayL iom. a,

^ G'est-là mon excuse 1 . , .

488 i)ESCRIPTl01l

piriqae qui semble craindre la pubUdtë et n^ vouloir donner son adresse qu'en confidence. Quel autre motif eut-il en pour ne marquer son nom que par des initiales toujours indécises ? Pourquoi réduire la pierre à de si petites di— mensions, ou se servir de lettres d^un si grand format qu'il était impossible de les graver toutes sur une seule tranche , et que le nom du remède ne pouvait être écrit qu'en deux coupures dont l'impression disloquée le rendait presque inintelligible ? Voulait - on pouvoir ne sceller des préparations particulières et différant de la prin— cipale , qu'avec les initiales de l'étiquette , ou n'en marquer d'autres qu'avec les trois lettres de la fin ^ sans les garantir par l'attache du nom du confectionnaire ) ce qui serait encore plus étrange ? etc.

Lorsque M. Pluquet m'en envoya les enw preintes y il avait observé qu'au sommet des A et du côté gauche 9 il y avait de petits appendices semblables à ceux qu'on remarque aux mêmes lettres sur quelques monuments , et particulièrement sur l'inscription relative à Â.lbino8, qu'on a trouvée à Lyon , et qui est figurée danâ les mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belleis-Letlres , ainsi que je l'ai dit pag. 67 de mon mémoire , à l'occasion de la médaille de cet

Empereur. On pourrait* donc conclure de ces observations y que la gravure de ce cachet fut ezecutëe vers la fin du second siècle ou le commencement du troisième , suivant les idcles que j^ai dëveloppëes dans Fexposé préliminaire ^ n^* ai.-

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