‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 165 sur 216 · SOS LB DUCHÉ D'BSTODTE VILLE · texte numérisé non relu

SOS LB DUCHÉ D'BSTODTE VILLE

/iâ6 JREGHERGHES FÉODALES

le caillou des constructions antérieures ; les deux croisées du toit portent seules le caractère de la Renaissance.

Son extrémité sud a été défigurée par un affreux placage de k mètres 70 centimètres d'épaisseur sans style et même sans utilité , dont toute la , responsabilité appartient à Tun des anciens propriétaires du château, M. Hocquart.

Sa façade ouest (la principale) est aujourd'hui gâtée par les remaniements malheureux de même origine. Des ouvertures sans goût ont remplacé la disposition pleine d'élégance dont Teau-forte d'Hyacinthe Langlois a parfaitement conservé les détails.

Au rez-de-chaussée huit pilastres ( les deux des coins plus rapprochés ) séparaient cinq grandes baies cintrées ; aux deux extrémités, les intQr-* valles étaient pleins. Au-dessus, régnait Fentablement d'un second ordre de pilastres. Les soubassements , réunis par des moulures sobres d'ornements, formaient une sorte de galerie pleine, décorée par les armoiries des d^Estoutevill^accostées de F et de H affrontés.

Au-dessus, entre les pilastres, trois croisées principales dont les mon* tants étaient ornés de consoles renversées dans le goût du temps, étaient séparées par des intervalles égaux. Seulement, de chaque côté, entre les deux derniers pilastres, une croisée plus petite, surmontée d'un fronton pyramidal richement sculpté dans le mur, terminait la décoration.

Enfin, du toit aigu qui surmonte le bâtiment, trois mansardes de la même époque avec un fronton sévère s'élevaient au-dessus des trois croises principales.

Deux vastes et belles cheminées ornaient, à ce qu'il parait, l'intérieur de la galerie.

Aujourd'hui, tout cela est détruit et a été sacrifié sans aucun ménagement aux nécessités de l'habitation moderne. Plus d'anciennes cheminées, plus d'armoiries, ni d'entablements de pilastres, ni d'anciennes croisées. Des ouvertures régulièrement percées n'ont laissé subsister que les pilastres , qui , isolés du système architectural dont ils faisaient partie, ne donnent à cette façade qu'un caractère incomplet

Grâce à Dieu , le temps est passé pour Yalmont de ces modifications barbares. L'antiquaire peut être assuré que son propriétaire actuel , M. Barbet , fera tout pour lui conserver les précieux débris qui sont par-

SUR LES SIRES d'estooteyille. A37

venus entre ses mains. Nous ne pouvons que lui en rendre grâces. C'est une dette de reconnaissance qu'il nous est Tacile de remplir. L'obligeance avec laquelle il nous a ouvert le dépôt de ses archives, les soins. qu'il a bien voulu prendre pour faciliter nos recherches , sont des titres que nous sommes heureux de proclamer et dont nous ne croyons pas nous acquitter en les rappelant. *

Suivant d'anciens aveux , la châtellenie de Yalmont relevait du roi par un Gef et demi de chevalier , avec « estans , rivières et deux moullins > , droit de foire (1] et marché, droit de marche sur les tenants de Yalmont qui les obligeait à descendre dans les caves du château les vins de la provision du seigneur, patronage des églises de Yalmont et Romesnil, des deux portions de la maladrerie de Yalmont et de la chapelle du chastel. On possède aux Archives impériales les originaux de plusieurs aveux rendus parles sires d'Estouteville, et notamment celui du 1". mars 1398 (p. 303 , n^ 72).

Plusieurs flefs en relevaient : 1*. le plein-fief du Hestray , assis à Troudeville, vendu par Nicolas du Hestray, escuier, à Charles de Bornes, seigneur de Ribes , et délaissé par celui-ci , probablement à droit de lignage , à M"*'. Anne , comtesse de Yillars et de Tendes, en 1534 ; en 1547, Alonce de Qville le vendait à la duchesse d'Estouteville , et il se n*ouvait réuni féodalement au duché ;

2*. 1/4 de fief vers Autretot, tenu à la fin du XIY". siècle par Mous', de Rogerville ;

3^ 2/8 de fief à Anguierville (Angerville-la-Martel), tenus à la même époque par Guillaume Charnel ;— en 1491, par Robert Charnel ou Cheruel, escuyer ; — en 1575, par Jean de Portes, escuyer ; — en 1601, par Nicolas de Portes ; — en 1651, par Charles del'Estandart ; ils portaient les noms de Blangues et Autigny ;— en 1688, par François Le Cornier de Sainte-Hélène ;

4^ 1/4 de fief à Hotot-le-Yatois , appelé Montlévesque. — Yers 1400, les hoirs de Ricart de Boleville.— 1555. Dénombrement par Nicolas de I^ Mare, escuyer. 1555. Lots dudit fief entre noble homme François Des

(1) Les foires aTsieni lieu les 9 mai et 6 décembre, jours de la St -Nicolas, et le !•'. mars, jour de la 3L -Pierre-aux*Liens.

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