‹ Mémoires, souvenirs, œuvres et portraits (volume 2)Chapitre 101 sur 154 · LA MODE · texte numérisé non relu

LA MODE

Air : La Comédie est un Miroir.

Le Dieu du goût parvint, dil-on , A fixer deux jours rinconstance , Et c'est pendant leur union , Que la mode naquit en France.

De l'univers qui la cherchait , Bientôt elle fil les délices ; Pour sceptre elle prit un hochet , Et pour ses décrets , des caprices,

Mais la mode , reine d'un jour , Voit bientôt son nom disparaître , Et je la compare à l'amour Qui périt lorsqu'il vient de naître.

Son h'oiie est toujours chancelani, Et la fantaisie indécise , A Paris, en un seul instant , L'élève , l'encense et le brise. ^

Tour à tour , par mode et par ton , Notre siècle , riche en lumières , A prôné Janot , Washington , Les Pointus et les Montgolfières, Lekain , Jocrisse , Montauciel , Figaro , le Moine et les Diables , Le Tartufe et Cadet-Roussel , Les Pantins et les Incroyables.

De la mode prête à passer , Une autre mode nous délivre ; Le fou prétend la devancer , De loin le sage sait la suivre.

Dans plus d'un magasin rival , De ses lois on trouve le code ; La mode a même son journal (i), Qui n'est pas encore à la mode.

De tout temps, cent peuples jaloux Ont pris nos travers , nos usages ,

(i) l^e Bépertoirc des modes y ne en 1798, et niort H in? même année.

Et lorsqu'ils sont fous comme nous , Ils s'imaginent être sages.

Joignons le myrte à l'olivier , De réquité suivons le code, Et puis alors , au monde entier , Si nous pouvons , donnons la mode.

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