‹ Mémoires. Suivis de documents inédits sur les capitaines gascons pendant les guerres de religion et de la généalogie de la maison d'AntrasChapitre 34 sur 38 · DES · texte numérisé non relu

DES

SEIGNEURS DE GARDÈRES, ET PLUS TARD DE CORNAC [seule existant aujourdliui,]

XL ANNET D'ANTRAS, sieur de Carchelles, second fils de Jean d'Antras, seigneur de Cornac, Pallane et St-Julien, et de Françoise de La Violette, épousa, par contrat du 26 juillet 1616, demoiselle Françoise d'Antras de Flourés, fille de noble Jean-Louis d'Antras, seigneur de Flourés et de Madeleine de Boulouix, dont il eut :

1° Jean-François, seigneur de Gardères et du Pouton, en vertu de la donation testamentaire de Margeurin d'Antras, seigneur

de Gardères et da Pouton, son oncle, du 24 avril 1631, fut maintenu dans sa noblesse par jugement du 22 mars 1666, rendu par M. Pellot, intendant de la sénéchaussée de Montauban. Il n'eut pas d'enfant de son mariage avec demoiselle Margeurite de Laharthe, fille de noble Louis de Labarthe- Giscaro, seigneur de Valentine, et d'Agnès de Benque de Marun, contracté le 19 septembre 1648, en présence de noble Hector du P'aur La Rivière, seigneur de St-Christau, et reçu par Barbe, notaire d'Auch. Son testament est du 21 mai 1682; il laisse à Catherine d'Antras, sa nièce et filleule et Hlle de Margeurin d'Antras, son frère, la métairie du Pouton, avec faculté à son héritier de la racheter au prix de 3,600 livres. Il demande à son dit frère Margeurin « l'ohligeance d'adhérer au désir que ma femme demoiselle Catherine de Labarthe m'a tesmonié avoir de vouloir marier avec madite niep ce Catherine, un de ses neveux de Giscaro de Valentine, qui sont cadets, savoir : M. de Labarthe ou à son défaut M. de Terrasset, au choix de madite femme. » Il substitue dans la même intention à Catherine, sa deuxième sœur, et à celle-ci la troisième. Laisse à Jean-François d'Antras, son neveu, fils aîné de Margeurin, tous les biens qui lui sont advenus par le décès de son père, Annet d'Antras, sieur de Carchelles, et comme ledit Jean-François est en bas âge, donne la jouissance à Margeurin, son père. Fait un legs à Fra'nçois et Annet de Tauzia, ses neveux, fils de sa sœur Isabeau; item à son neveu noble de Barés, seigneur de Taian, fils de noble de Barés de La Rivière, et de Jeanne d'Antras, sa sœur; item à Catherine d'Inquands, sa nièce, fille de noble rs'. d'Inquands, seigneur d'Aurensau, et d'Agnès d'Antras, sa sœur; institue son héritier universel Marc- Antoine d'Antras, son neveu, et le charge d'achever la construction de la chapelle de Gardères s'il mourait avant de l'avoir terminée. Fonde un obit dans ladite chapelle oii il veut être enseveli.

CHAPELLENIE DE GARDERES.

Jean-François avait fondé, en 1679, une chapellenie dans son fief de Gardères, et avait affecté à cette fondation 100 livres de rentes et la métairie de Laserre. Le chapelain devait celé-

brer la messe dans la chapelle tous les dimanches et les jom^s de fêtes non chômables; en outre, il devait dire deux messes pendant la semaine, le mercredi en l'honneur de la Vierge, et le vendredi pour les âmes du Purgatoire. Par son testament de 1682, Jean-François d'Antras augmenta la fondation d'une rente annuelle de 24 livres, à charge au chapelain de dire deux autres messes, le lundi pour les morts, et le samedi pour le repos de l'âme du fondateur et de ses successeurs; à la fin desquelles messes le chapelain récitera un de Profundis et un Requiem sur la tombe du fondateur. La chapellenie était du patronage et de la nomination des seigneurs de Gardt'res. Plus tard, lorsque en 1759 Jean-François-Joseph d'Antras, seigneur de Gardères, héritier de Cornac, se fixa au château de Cornac, le chapelain de Gardères fut obligé, en vertu d'un nouvel accord, de venir dire la messe chaque dimanche dans la chapelle du château de Cornac ou à la ville de Marciac quand les châtelains y étaient. La métairie de Laserre, affectée à cette chapellenie, fut saisie par la nation et vendue le 16 floréal an ii. Les Messieurs d'Antras, rentrés de l'émigration, réclamèrent une indemnité, parce qu'ils avaient gardé la propriété de cette métairie, n'aliénant que le revenu. Mais il fut décidé que cette métairie était un bien ecclésiastique. Gardères était un tout petit fief composé, d'après les anciennes lièves qui sont dans les archives d'Antras, de six feux ! La métairie de Laserre est dans le territoire de Troncens; 2» Gérard, qui continue la descendance;

^° Margeurin d'Antras. Il résulte du contrat de mariage de sa fille aînée, Catherine, qu il fut marié avec demoiselle Jeanne de Trécheiré, de laquelle il eut :

1° Jean-François, auquel son oncle Jean-François d'Antras laissa les biens qu'il avait recueillis dans la succession d'Annet d'Antras, son père, c'est-à-dire la terre de Carchelles; 20 Catherine, mariée par contrat du 5 février 1690, passé à Ibos, en Bigorre, avec noble Lambert de Saillan, habitant de Sarrancolin; 3°, 40 Deux filles. (Test, de Jean-François.) 40 Anne, mariée par contrat du 15 août 1541 à noble François de

Sentons, seigneur de Cuilhères, fils de noble Jean de Sen-

tous, en présence de noble Manaud de Manssencome, seigneur de La Cassaigne, ledit contrat retenu par Dominique Labat, notaire de Troncens;

5° Agnès, mariée à noble N. d'Inquands, seigneur d'Aurensan;

6° Isabeau, mariée à noble Bernard de Tauzia, sieur de Boquieu, le 7 février 1657;

7° Jacquette, mariée à noble Jean de Puybérail, seigneur de Troncens; ele teste étant veuve, le 8 octobre 1696, en faveur d'Annet de Puybérail, son fils aîné.

XII. GÉRARD D'ANTRAS, ayant reçu de noble Carbon de Brux, mari de Geraude d'Antras, sa tante, un legs de 7,000 livres , en son testament du 15 octobre 1669, à condition qu'il épouserait la fille de noble Marc de Brux (voyez le testament plus haut), épousa par contrat du 1" septembre 1671 demoiselle Isabeau de Brux, fille de Marc de Brux, seigneur de Brux, en Chalosse, et de demoiselle Marguerite de Castelbieilh, en présence de François de Brux, seigneur de Nébout, frère de ladite Isabeau, et autre François de Brux, seigneur de Montbielle, son cousin-germain. Par son testament du 27 juin 1698, Gérard d'Antras institua son héritier universel Marc-Antoine, son fils aîné :

1° Marc-Antoine, seigneur de Gardères, qui suit;

2® Pierre, tué à la bataille de Malplaquet, en 1709;

3» Ambroise, lieutenant de cavalerie dans le régiment de Caubous,

par brevet du 17 octobre 1711. Il était né à Gardères et avait

été baptisé dans l'église de Monlezun, le 3 avril 1697; 4° Catherine, mariée à noble Pierre Baron, sieur de Bélesta; 5» Marguerite, mariée à noble Louis de Sedillac, seigneur de La-

mothe, par contrat du 15 décembre 1699, retenu par Lana-

castets, notaire de ;

6° Claire, religieuse au couvent des Clarisses de Mirande; 7° Jeanne, non mariée.

XIII. MARC-ANTOINE D'ANTRAS, garde du Roi, compagnie de Villeroy, par lettre d'Etat du 20 novembre 1709, fut seigneur de Gardères en vertu de la donation testamentaire de Jean-François d'Antras, seigneur de Gardères, son oncle,

frère aîaè de son père. Il épousa, par contrat du 17 juillet 1700, demoiselle Marguerite (T/Umun, fille de Jean d'Armun, docteur et avocat au Parlement, habitant de Marciac, et de demoiselle Anne de Lestrade. Le mariage fut célébré dans la dévote chapelle de Cahuzac, près Gimont. Le 28 décembre 1730, il acquit de messire Joseph d'Antras, seigneur de Sérian, la terre noble de Saint-JuUen, près Gardères, pour le prix de 13,500 livres. Il fut père de :

1° Jean-François, seigaeur de CorDac, qui suit; 2° Isabeau, non mariée; 3° Raymonde, id.

XÏV. JEAN-FRANÇOIS-JOSEPH, COMTE D'ANTRAS, seigneur de Gardères et Saint-Juhen, et puis de Cornac etPallane, en vertu de la donation testamentaire de Dominique d'Antras, seigneur de Pallane et Cornac, du S février 1 759 (voyez le test, plus haut), né le 12 mai 1708, servit pendant six ans dans les mousquetaires, fut chevaUer de Saint-Louis, et épousa, par contrat du 10 mai 1756, demoiselle Guillemelte- Gabrielle de Bergomt, de la ville de Mirande. Il mourut à Mirande le 17 février 1789, âgé de 81 ans, et Gabrielle de Bergoust, en sa maison de La Boiirdette, près Mirande, le 12 octobre 1812. Ils laissaient de leur union :

1° Marc-Pierre-Isabeau, qui suit;

2° Jean-Sixte dont l'article sera rapporté après celui de son frère;

30 Marie-George tte, mariée par contrat du 6 novembre 1787 au comte Henri de Vandomois, fils de messire Paul-François, comte de Vandomois, seigneur de Castagnède, Cuélas, Mont-de-Marrast, et de dame Louise-Françoise de Labarthe- Termes. Le comte Henri de Vandomois, lieutenant au régiment du Roi, émigra en 1793 et se rendit à l'armée des Princes. Il fut fusillé à Bar-le-Duc par les troupes républicaines.

XV. MARC-PIERRE-ISÂBEAU, COMTE D'ANTRAS DE COR- NAC, baron de Ricourt, Ueutenant dans le régiment d'infanterie de Vivarais, par brevet du 21 septembre 1782, épousa

àBagnères, le 17 août 4791, demoiselle Jeanne-Agathe Laure O'Kearney, fille de lord Edward O'Kearney, gouverneur de risle Ste-Lucie. Il mourut à Paris, hôtel de Bourbon, rue Jacob, le 19 juillet 1792, au moment de son départ pour rémigration. Peu de jours avant, la comtesse d'Antras avait donné le jour à :

XVI. EDOUARD, COMTE D^ANTRAS DE CORNAC, fit en quahté de volontaire la campagne de France de 1814, et mourut de ses blessures à l'hôpital d'Annecy le 23 mars 1814. La comtesse d'Antras hérita, par la mort prématurée de son fils, du château de Cornac, et le légua en mourant à madame de Tursan d'Espagnet, née Louise-Céleste-Amable de Crémille, sa nièce, fille de mademoiselle O'Kearney, sa sœur. Le château de Cornac est aujourd'hui habité par Monsieur d'Espagnet, fils de la donataire.

XV. JEAN SIXTE D'ANTRAS, dit le chevaUer d'Antras, devint chef de nom et d'armes de sa maison parla mort de son neveu Edouard. Esprit distingué, causeur brillant, le chevaUer d'Antras unissait à l'exquise urbanité du gentilhomme le dévouement chevaleresque d'autrefois. Il a laissé, comme son illustre aïeul, les mémoires de sa vie. Peut-être pubUeronsnous un jour ces pages pleines de charme, étincelantes de l'esprit du temps passé, où se déroulent au miUeu des joies et des tristesses du foyer les récits des graves événements qui précédèrent et suivirent l'émigration. Il faut lire cette chronique intime de la famille pour savoir tout ce que le chevaUer d'Antras montra de dévouement et de courage dans cette sombre époque. Il était page de Monsieur lorsque l'émigration vint l'arracher à son pays. Il fut sans hésiter où le devoir l'appelait, rejoignit l'armée de Condé à Coblentz et fit en quahté de capitaine-adjudant dans la légion de Béon toutes les campagnes jusqu'en 1793. A cette époque il passa au service de l'Angleterre dans la même légion; et à la fin de 1796, la légion ayant été Ucencièe, il gagna l'Espagne pour se rappro-

cher de la Gascogne. Passer et repasser la frontière n'était pour lui qu'un jeu, il revint plusieurs fois dans sa famille, exposant mille fois sa vie, déjouant à force de ruses et d'adresse toutes les recherches de la police. Cette vie de dangers et d'aventures ne lui déplaisait pas, on pouvait dire qu'il vivait de ce qui fait mourir les autres. Il rentra définitivement en France sous le Consulat et vint se fixer à Paris où il se lia d'intime amitié avec Joseph Chénier, Ducis etTalma (1). Compromis dans l'affaire de la machine infernale (24 décembre 1800) il fut écroué à la maison d'arrêt du Temple, et ne dut sa hberlé qu'à l'intervention de Talma. Pendant les Cent jours il fut de nouveau traqué, poursuivi etfmalement mis sous la surveillance de la police. Louis XVIÏI le nomma sous-inspecteur des forêts à la sous-inspection de Mirande, qui fut créée pour lui; il arriva rapidement au grade d'inspecteur général et était au moment d'être nommé conservateur lorsqu'arriva 1830. Le chevaher d'Antras donna sa démission. Il mourut à Mirande en 1844, laissant de mademoiselle Marie-Anne Bergeron un fils unique.

XVI. JACQUES-FLORENT-VICTOR-FRÉDÉRIC, COMTE D'ANTRAS, né à Mirande en 1806, décédé au château de Labourdette le 1" novembre 1877, laissant de mademoiselle Améhe d'Asies-du-Faur.

1° Alfred; 2<> Emma;

3° Georgine, mariée en 1879 à Monsieur le baron Augustin de Cabanes-Cauna, le savant historien de la noblesse des Lan- , des; 40 Joséphine.

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