‹ Mémoires; suivis de sa correspondance, avec Le Comte R...;Chapitre 25 sur 46 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Bruit du rappel des Jésuites. Chanson. Mert de Loula XY.

Miuistère de Tiinjot.

1 770. J'ai peu de choses à dire de mes occupations littéraires de 1775; la principale était toujours le Dictionnaire du commerce. Seulement, ])endant un séjour de quelques semaines à Montigny , je traduisis pour M' Trudaine de Montigny, A father's Legaoy , le Legs d'un père à ses filles, par le docteur Grégory, fort joli petit ouvrage d'une morale douce et Traie, dont je crois avoir bien conservé le caractère , et que je ne crains pas d'indiquer comme très-bon à faire lire aux jeunes personnes.

Je le publiai à mon retour à Paris, en 1774» et depuis on en a fait de nouvelles éditions.

Mais de cette année 1775, je crois pouvoir conserver une anecdote qui sera de quelque intérêt , et pour ceux qui n'aimaient pas les jésuites, et pour ceux qui ont tenté récemment , comme eu 1 804 et i8o5 , de les faire rétablir en France.

A cette époque, un parti dans le clergé s'était formé pour ménager leur retour. Les circonstances leur étaient favorables. On s'apercevait du grand

videqu'ilsavaient laissé dansTinstruction publique. Le parlement qui les avait fait bannir était dissous , et le parlement Maupeou l'avait remplacé. L'archevêque de Paris , Beaumont , et plusieurs prélats, encouragés par de hautes protections, travaillaient imprudemment au triomphe de cette compagnie , plus puissante qu'eux. L'archevêque de Toulouse lui-même me disait quelquefois î « Eh bien ! vous autres philosophes , vous avez tant fait des pieds et des mains qu'on a chassé les jésuites; trouvez donc maintenant le moyen de suppléer à leurs collèges , à une éducation qui ne coûtait rien à l'État. » Je défendais de mon mieux les philosophes, et je combattais assez bien les apologistes des jésuites ; mais comme il m'arrivait souvent d'exprimer ces sentimcns dans nos sociétés, chez le baron d'Holbach et chez Helvétius , il me vint l'idée de faire une chanson qui, en éventant le projet de rétablir les jésuites, pourrait renverser ce projet malheureux. Yoici ma chanson ; car il faut tout

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