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Mémoires sur l'histoire du droit des Lombards

Le peuple lombard est de tous les peuples germaniques celui dont la personnalité s'est maintenue le plus longtem ps< Il a soumis et possédé la majeure partie de^Iltalie , il a été à son tour vaincu par les chefs de la nation des Francs , et cependant il a échappé au double ascendant de ses sujets romains et de ses conquérants germaniques. Tandis que les lois salique, ripuaire, allemande, bavaroise, se perdaient au sein de la féodalité et des institutions communales, la loi lombarde gardait son caractère national. Obligée, sur quelques points, de reculer devant les coutumes municipales, elle devint au contraire, dans un grand nombre de localités, la coutume même, le droit commun du territoire. Seule entre toutes les lois germaniques, elle eut cette fortune de servir de base aux travaux d'une école célèbre de jurîs. prudence, de sorte qu'au moment où son rôle était près de finir, elle puisa dans les remaniements dont elle avait été l'objet une vie nouvelle, et leur dut, en quelque sorte, une seconde existence, qui s'est prolongée jusqu'à nos jours.

Une pareille destinée était de nature à fixer l'attention des érudits qui consacrent leurs veilles à l'étude historique

du droit. Aussi la loi des Lombards a-t-elle été récemment l'objet de plusieurs travaux importants. M. Merkel a tracé une histoire rapide de ses progrès et de ses vicissitudes dans une dissertation destinée à servir d'appendice à l'histoire du droit romain de M. de Savigny i. M. le comte Baudi di Yesme s'est attaché spécialement à l'étude de sa forme primitive, et il a rétabli, avec autant de patience que de sagacité, le texte des édits antérieurs à la chute du royaume lombard K M. Ânschutz, au contraire, a recueilli et publié quelques-uns des commentaires dont elle fut l'objet après sa rénovation scientifique au xii® siècle K

Quoique ces divers savants n'aient point embrassé l'ensemble du sujet, ils ont cependant jeté sur un certain nombre de points une si vive lumière, que j'ai cru le moment venu d'écrire une histoire complète de la législation lombarde. J'ai pensé qu'un travail de cette nature pouvait être entrepris avec profit pour la science, et que l'Académie voudrait bien en entendre la lecture avec indulgence.

1 IHe GeschichU des Langoharden-BechU, Berlin, 4850. 3 Edicta regum Langohardorum (dans les Honumenta histori» patri», publiés à Turin). In-folio, 1855.

> Die lag^barda'Commmlare des Aripnnd und Alhertiu, Heidelberg, 1 855.

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