‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 111 sur 455 · LIVRE XXXU · texte numérisé non relu

LIVRE XXXU

« Il faudrait un volume pour répondre à toutes les autres difficultés qui se peuvent faire dans votre esprit, et que votre absence de Paris, aussi bien que celle de M. Arnauld du lieu des conférences, est cause qui y demeurent, parce que vous n'avez pas l'un et Tautre entendu les raisons qui les ont résolues lorsque ces matières ont été agitées des six et sept heures de suite. Ainsi, je vous avoue ne comprendre pas comment vous, n'avez pas tout quitté pour venir travailler avec les autres à l'aflaire la plus importante qui se rencontrera durant toute votre vie, et qui est pour avoir les suites les plus funestes, par une conduite à laquelle je n'ose plus donner de nom, puisque les termes les plus doux dont on se puisse servir pour l'exprimer vous choquent si fort. Dieu veuille qu'on n'ait point regret un jour à la persécution à laquelle on va exposer par là tant de saintes filles, qui auraient joui du fruit d'une paix que je vois tant de personnes, non moins habiles que sages, et d'une singulière piété, être très persuadées blesser si peu la vérité qu'il leur parait plus clairement que le jour, et à moi avec elles, qu'elle demeurerait par là victorieuse et triomphante. Je suis tout à vous et ne pensais pas vous en tant dire. »

Cette lettre n'ébranla pas davantage celui à qui elle était écrite que les précédentes, et il crut que ni l'autorité de ses amis, ni la crainte des plus tristes événements ne le devaient point emporter sur les mouvements de sa conscience. Ce jour-là même, M. Arnauld lui écrivit d'un autre style, et lui manda ce qui suit :

« Vous aurez reçu ce matin une grande lettre de moi... ' »

Quoique M. Hermant ne vît les choses que de loin, il en était néanmoins autant instruit par le soin exact que M. Arnauld prenait de l'en informer que s'il eût assisté à toutes les conférences. Aussi n'y avait-il point en cela d'autre mystère que le seul abaissement des défenseurs de la vérité pour parvenir à une paix imaginaire et ruineuse. Et comme il ne pouvait point aller à Paris sans faire un très grand éclat dans cette fâcheuse conjoncture, M. Chaillou, son doyen^ qui était l'ennemi juré de cet accommodement

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