CHAPITRE XXVII
Les Jésuites soutiennent l'infaillibilité du pape dans une thèse de mathématique. Le F. Thomassin fait un livre sur cette matière, que sa congrégation supprime. Thèse de Kelms sur ce même sujet. Mort de M. Amyot, qui laisse un de ses neveux pour successeur.
L'insolence des Jésuites parut au milieu de ce mois de la manière du monde la plus éclatante, et fit voir à toute la France qu'ils ne craignent pas d'engager leurs meilleurs amis de la plus haute qualité, et de les sacrifier aux in4éréts de leur compagnie quand il s'agit de soutenir leur pernicieuse doctrine.
M. de Lamoignon, président du Parlement de Paris, faisait élever ses deux fils chez eux, dans le collège de
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Clermont, Son aîné*, qui depuis est devenu conseiller de la cour, puis maître des requêtes, et dans la suite avocat général, achevait alors sa philosophie, et après en avoir soutenu des thèses, il en soutint une de mathématique, dont il avait pris quelques leçons sous le P. DaroQys, qui en était lui-même assez peu instruit, quoiqu'il eût acquis quelque réputation dans le monde par de magnifiques machines qui attiraient grand nombre de spectateurs.
Le 15 juin, ce père lui fit soutenir une thèse où, sous prétexte de détruire le système de Copernic*, il renouvelait la doctrine de l'infaillibilité du pape, et voulait faire établir indirectement le tribunal de Tlnquisition, en mettant ses décisions comme une loi décisive dans la bouche du fils aîné de ce g^and magistrat, qui venait de prononcer des arrêts et de faire enregistrer des déclarations pour le détruire. La thèse était contenue dans un écrit de vingtneuf pages intitulé : Agones matkemaiici [ ] arcem
Copernicani systematis expugnatam in coUegio claromontano Societaiis Jesu, Parisiis excudebat Antonius Vitré M. D. C- LXIU. Dans la page 23, on lisait cette [pro] position.
Expugnatur lil
Prêter accersitos e sacris paginis contra Copernicanam arcem canones, excutiuntur e Vaticano fulmina^ proferturque sententia Congre g ationis cardinalium Inguisitioni Prœf'ectorum qui terrx mobilis non tam hypothesim quam thesim légitima in Galilœo censura proscripsere ^ cujus quidem censurse auctoritas, ut nulla sit apud audaciores aliquot mathematicos quam religiosiores, magni tamen ponderis est apud eos qui non tantum quid Ecclesia prœcipiat, verum etiam quo propendeat observant accuratè. An hœc porro censura totius controversiœ plane decretoria sit, nihil hic puto necesse dicere; salis est ad rem nostram quod illa quale sit tenendum a nobis iter ostendat.
Les amis de M. le premier président ayant été avertis par quelques personnes, et entre autres M. Le Nain par M. l'abbé de Pontchâteau, du contenu de cette thèse qui devait être soutenue le lendemain 15, et ne pouvant plus empêcher