‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 56 sur 455 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Les Jésuites publient une fausse Relation de la conférence. Peines de M. Arnauld. Il en écrit à M. de Gomminges.

Ce n'était pas seulement à Beauvais que les Jésuites publiaient de faux bruits touchant le succès de la conférence. Ils ne se taisaient point à Paris, et ils y répandaient une fausse relation qu'ils avaient pratiquée pour prévenir ceux qui n'étaient pas informés du détail de cette affaire. Et M. Fabbé de Pontchâteau en ayant tiré une copie à la hâte, il l'envoya en diligence à M. Arnauld, en le suppliant

1. Frauçoise Le Charron fut abbesse de Penlemont de 1664 à 1667. L'abbaye n'était pas encore à Paris (rue de Bellechasse), elle se trouvait alors dans le diocèse de Beauvais.

de dissiper ces mensonges par la vérité, ce qui était le souhait de tous les honnêtes gens. Voici l'ouvrage de ces Pères :

Relation de ce qui s'est passé au mois de février 1663 sur le sujet des Jansénistes.

Mff"* l'évêque de Comminges ayant entretenu un Jésuite, le P. Ferrier... *.

Une témérité ordinaire ne suffisait pas pour entasser tant de faussetés dans un écrit de deux pages, il fallait pour cela une conscience et un front de Jésuites. Il est vrai queceux qui étaient instruits de la manière dont les choses s'étaient passées en détrompèrent ceux de leurs amis qui s'étaient laissé surprendre par cette Relation, comme M. l'abbé de Pontchâteau désabusa aisément celui qui lui avait communiqué ce mémoire, et se servit de lui pour en désabuser quelques autres. Mais lorsqu'une fausseté est répandue par toute la terre par l'organe de quarante mille Jésuites, et par plusieurs millions de leurs émissaires, il n'y a qu'une réfutation publique qui puisse effacer ces mauvaises impressions. M. Arnauld ne se trouvait guère en état d'y travailler, ayant tant de fâcheuses occupations depuis l'ouverture de cette affaire. Cent mains, s'il les eût eues comme les géants de la fable, n'auraient pas suffi pour tant d'ouvrages différents. Il était même affligé par des peines de conscience, n'ayant pas moins plusieurs de ses amis sur les bras que la multitude prodigieuse de tant d'adversaires déclarés. Ce fut ce qui le porta à décharger son cœur par cette lettre à M. l'évêque de Comminges le 22 février :

« Monseigneur, ;|^ « Je voudrais vous pouvoir exprimer... » 3

Pendant qu'il écrivait cette lettre, il engageait M. Nicole, qui logeait depuis plusieurs années avec lui, à envoyer à Beauvais la copie du nouveau projet qui servait de matière à leur dernière délibération. îl le fit ce jour-là même 22 février, et en voici la copie en deux colonnes t Has igitur infra descriptas propositiones,.. \

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