Voir ci-dessus, p
qu'eux Jésuites ne déféraient pas aux ordres particuliers de M. l'archevêque de Sens, et que sans cette obligation qui était indispensable pour eux, ils y auraient déféré dès le moment qu'ils leur avaient été signifiés.
Toutes ces raisons jointes ensemble étaient un fondement plus que suffisant pour exciter un prélat aussi zélé pour l'autorité de l'Eglise que Tétait M. de Sens à faire entendre au peuple que les évéques ne pouvaient être privés d'un droit aussi essentiel à leur caractère qu'était celui de juger des causes majeures. Et il était d'autant plus convaincu de l'obligation d'en user ainsi qu'il voyait que tout ce qu'il avait fait jusque là pour maintenir l'honneur de sa dignité avait été inutile par cette opiniâtreté- des Jésuites, qui refusaient de se conformer à ses ordres et de suivre l'exemple de tous les autres religieux qui lui étaient soumis.
Ce généreux prélat se proposa donc de faire une lettre pastorale pour ordonner la publication de cette constitution, et en même temps pour empêcher cette prescription où il semblait que ce droit de juger des causes majeures dans l'Église fût comme enveloppé depuis quelque temps. Mais comme il prévoyait qu'il ne pouvait satisfaire à ce devoir sans donner occasion aux ennemis de la hiérarchie de décrier sa lettre et de calomnier sa conduite, il employa toute l'industrie de sa sagesse à la dresser d'une manière qui ressentît la vigueur des anciens évêques de France et qui pût en même temps fermer la bouche à ceux qui seraient assez hardis pour l'accuser de prévarication et d'irrévérence contre le Saint Siège. Il la conçut en des termes si obligeants et si pleins de cet esprit de Dieu qui anime toute l'Église et qui conserve cette précieuse unité des sièges, qu'à moins que d'être prévenu de passion ou peu éclairé, on ne pouvait pas y rien trouver à redire. Et si ceux qui approchaient le Saint Père se fussent défiés, comme ils devaient, de ceux qui les ont surpris, cette lettre aurait passé dans l'esprit de Sa Sainteté pour un ouvrage digne de son approbation et de son estime, et comme un acte des plus avantageux qui eût paru dans l'Eglise depuis plusieurs siècles. Il l'aurait considéré comme étant capable de fermer la bouche aux hérétiques, qui n'ont point de plus grand artifice pour détourner ceux qu'ils ont séduits de reconnaître