‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 438 sur 510 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Heureux et exemplaires commencements du pontificat d'Alexandre Vil. Toute l'Église en témoigne publiquement sa joie.

Depuis longtemps la promotion d'aucun pape n'avait causé tant de réjouissance dans l'Eglise qu'on en témoigna à Rome et par toute la chrétienté, lorsque le cardinal Chigi fut élevé sur le siège de saint Pierre. On fut surpris de ce qu'il prit le nom d'Alexandre VII, et plusieurs crurent que c'était pour effacer l'infamie qu'Alexandre VI avait attachée en quelque manière à ce nom par une conduite qui flétrira éternellement sa mémoire.

Aussi, dès le commencement de son pontificat et dès le jour de son élection, étant allé à Saint-Pierre avec un concours et un applaudissement général de tout le peuple, il ne voulut pas monter sur l'autel comme ses prédécesseurs l'avaient pratiqué depuis quelques siècles, mais il voulut que cette cérémonie se fît à la pointe de l'Evangile, disant que nul homme ne se devait asseoir dans le lieu même où l'on consacre le corps de J.-C. Il écrivit dès le lendemain à ses parents, qui étaient alors à Sienne, pour leur commander d'y demeurer jusqu'à nouvel ordre, sous peine d'encourir l'indignation apostolique, et leur fit entendre qu'il avait dessein de s'appliquer au gouvernement de l'Eglise et non aux affaires de ses parents. Dom Mario *, frère aîné du pape, étant parti en diligence pour partager avec lui les nouveaux fruits de son pontificat, reçut cet ordre sur le chemin par un courrier apostolique, et fut obligé de s'en retourner à Sienne, où l'expresse défense de Sa Sainteté ne l'empêcha pas d'être comblé d'honneurs par les civilités que lui rendirent le grand-duc et tous les seigneurs de Toscane et par

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