‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 440 sur 510 · Ms. alla Trinita del Ponte Sisto · texte numérisé non relu

Ms. alla Trinita del Ponte Sisto

662 MÉMpiRES DE GODEFROI HERMANT

les résolutions qu'il aurait prises. Cela se disait particulièrement à cause de ce que Ton avait arrêté dans le conseil du roi de faire la guerre en Italie pour secourir le duc de Modène contre le marquis de Caracène, gouverneur de Milan, quoique ceux qui croyaient pénétrer dans le fond des choses fussent persuadés qu'il y avait en cela du mystère qui ne se révélait point à tout le monde.

On [croyait] en France que M. le cardinal de Retz, ayant eu beaucoup de part à Télection du pape, en recevrait une puissante protection; ce fut vraisemblablement ce qui obligea la cour de recommencer la guerre contre lui, et ce qui attira une ordonnance par laquelle Sa Majesté enjoignait à tous les domestiques de cette Éminence de quitter son service sous peine de la vie.

Le nouveau pape, ayant travaillé à Munster à la paix générale de l'Europe, crut qu*un si grand bien devait être la malière de ses premiers soins et de son zèle au commencement de son pontificat. Son nonce, à qui il avait envoyé des ordresexprès sur ce sujet, en entretint amplement le roi dans l'audience que Sa Majesté lui donna le vendredi 30«>e JQ^r d'avril, et lui dit que le pape lui avait enjoint de lui demander de sa part de vouloir contribuer autant qu'il lui serait possible à la paix générale de toute l'Europe, qui était une chose que Sa Sainteté désirait absolument afin de voir tous les princes chrétiens réunis ensemble ; et qu'en cas d'opposition, soit de la part de Sa Majesté, soit des autres princes chrétiens, Sa Sainteté donnerait le tort à celui qui aurait empêché un si grand bien. Cette première démarche était fort agréable au peuple, qui ne respirait rien tant que la paix, mais elle ne l'était pas trop au cardinal Mazarin, que l'on accusait publiquement de l'avoir traversée à Munster; et un pape qui avait été à la tête de cette députation et témoin perpétuel de tout ce qui s'y était passé paraissait lui faire un secret reproche par cette demande adressée au roi. Mais ce premier ministre attendait le temps de vouloir sérieusement la paix quand il jugerait que la considération de ses propres intérêts la rendrait utile ou absolument nécessaire à son égard. Il s'élevait au-dessus des prières et des menaces, et savait assez bien la situation des affaires de toute la chrétienté pour ne pas craindre les premiers effets d'une chaleur qui devait vraisemblablement se ralentir avec le

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