‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 39 sur 440 · LIVRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXV

que le vendredi de celle semaine, n'en Qssenl aucune plainle. Car quoique M. de Harlay, archevêque de Rouen, et deux ou trois îiulres évêques témoignassent beaucoup de chaleur contre un mandemenl qui leur faisait craindre la ruine de tant de délibérations, et lâchassent de porter le clergé à en faire une dernière qui y donnât quelque atteinte, ils nosèrent néanmoins l'entreprendre, parce que ce mandement ayant été lu dans l'Assemblée, il s'éleva une voix confuse de la plupart des évêques qui témoignaient qu'il était conforme à leur intention.

Le Père Annat ayant excité les trois prélats qui composaient avec lui le conseil de conscience, savoir : M. l'archevêque de Toulouse et MM. les évêques de Rennes et de Rodez contre le mandement, il se tint un conseil devant le roi à Fontainebleau le vendredi 24juin, où ils se trouvèrent tous quatre avec M. le chancelier et les trois minisires d'h^tat, qui étaient alors M, Fouquet, surintendant des finances, M. Le Tellier et M. deLyonne, secrétaires d'Etat. Les quatre chefs du conseil de conscience blâmèrent fort le mandement des grands-vicaires comme étant une pièce insoutenable et qu'il était nécessaire de révoquer promptement, et on tenait alors comme tout assuré que M. le chancelier avait apporté un arrêt tout dressé à cet effet, ainsi qu'on l'apprit par une lettre de M. l'abbé de Roquépino, agent du Clergé de France. Mais les trois ministres, qui avaient plus de tlegme et d'équité que le chancelier, les trois évêques et le confesseur du roi, crurent qu'il ne fallait pas tant se hâter, qu'il n'y avait nul péril dans-le retardement, et qu'il fal'ail avant toutes choses mander les grands-vicaires pour les entendre. Le roi approuva cet avis. Il fut dit que l'on manderait les grandsvicaires à Fontainebleau, el que cependant il fallait surseoir la signature. Ils reçurent cet ordre le dimanche 26^ et pour n'y pas contrevenir, ils empêchèrent le lundi suivant que personne ne fût reçu à signer au secrétariat de l'archevêché.

Le dimanche 26 juin, il se tint à Fontainebleau une autre assemblée des évêques qui s'y trouvèrent, et ils en firent imprimer le résultat en forme de procès-verbal qui contenait ce qui suit :

« Du dimanche 26 juin 1661, « Me' l'archevêque de Rouen, président, « M&" les archevêques de Rouen, de Toulouse, et M&f^ les évêques de Viviers, de Lavaur, d'Auxerre, de Rennes, de Chartres, de Mende, de Montpellier, de Rodez, de Léon, de Tulle, de Saint-Pons^ de Fréjus et d'Agdc, et MM. les abbés Colbert, nomnrié à l'évêché de Luçon, et Thoreau, nommé à l'évêché de Dol, étant extraordinairement assemblés sur nos billets envoyés par o^dre de mon dit seigneur de Rouen, mon dit seigneur le Président a représenté que les députés de l'Assemblée générale, prenant congé ce jourd'hui de Sa Majesté, avaient fait plainte du mandement que lessieurs vicaires généraux de M»' l'archevêque de Paris avaient fait publier par les paroisses de la dite ville et du diocèse pour faire signer par les ecclésiastiques le formulaire deprofession de foi dressé parl'Assembléegénérale du clergé pour l'exécution des constitutions apostoliques décernées contre la secte du jansénisme, de sorte qu'il importait que M^'» lesévêques, tantceuxquiétaientdel'Assemblée quelesautres qui se trouvent maintenant à la cour, avant de se séparer, prennent la résolution de ce qu'il faudra faire touchant le dit mandement. Sur quoi Mes dits seigneurs, après en avoir fait la lecture et en avoir examiné soigneusement la teneur, ont reconnu qu'il est manifestement contraire aux deux constitutions et décisions de foi des papes Innocent X et Alexandre VII, en ce qu'elles condamment d'hérésie les opinions et la doctine de Jansénius contenues en abrégé dans les cinq propositions, et plus amplement expliquées par cet auteur dans son livre intitulé : Avgustinus. Laquelle contrariété et opposition aux décisions de la foi eût été évitée si les dits sieurs grands vicaires eussent voulu se conformer au mandement commun que l'Assemblée avait dressé pour garder l'uniformité dans tous les diocèses. C'est pourquoi, attendu que ce mandement a été fait par attentat contre les dites constitutions et délibérations de l'Assemblée et les arrêts de Sa Majesté donnés pour en fortifier l'exécution, ils sont d'avis qu'il est de plein droit nul, révoqué et de nul effet et valeur; que pour faire cesser promptement le scandale que sa publication a donné aux catholiques, il est nécessaire de /•aire connaître au public la contradiction que Messeigneurs

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