‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 127 sur 522 · Ces derniers mots sont barrés au ms · texte numérisé non relu

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sa famille, quoique dans le fond M. de Beauvais n'eût point de part à l'ouvrage, ni d'habitude avec son véritable auteur.

Ce fut M. de Priésac S conseiller d'État, qui fut employé par le cardinal pour satisfaire à sa passion, par un livre latin intitulé : Apotriplius, et il voulut bien que l'on reconnût d'abord qu'il écrivait contre cet évêque, ayant mis à la fin de l'inscription de son livre ces paroles des proverbes : Vasa figuli probat fornax, pour faire allusion au nom du prélat, comme si l'ouvrage qui venait d'être brûlé avait été composé par ses soins. C'est ainsi que le cardinal de Richelieu traitait un évêque qui ne lui était pas dévoué et qui était alors dans l'étroite confidence de la reine, en qualité de son grand aumônier.

On sut depuis que M. Hersent*, célèbre prédicateur, qui avait autrefois été de l'Oratoire, était le véritable auteur de l'ouvrage, et il est très vraisemblable que le premier ministre en fut informé avant sa mort, mais il méprisa ce prédicateur, qui voulait se signaler en toutes rencontres, comme il tâcha de le faire jusqu'à la fin de sa vie. Et on a su depuis ce temps-là qu'il a dit de lui que c'était un homme qui tâchait de le réduire, ou à le faire évêque, ou à l'enfermer à la Bastille, mais qu'il ne ferait ni l'un ni l'autre.

M. de Priésac ne fut pas le seul qui répondit à VOptatus Gallus. M. Habert théologal de Paris, consacra aussi sa plume à la réfutation de ce libelle, et rendit en cela un service considérable, non seulement au premier ministre, mais

1. Daniel de Priésac, né en 1590, mort en 1662, avocat et professeur de droit à Bordeaux, fut appelé à Paris par le chancelier Séguier en 1635 ; il reçut le titre de conseiller d'État ordinaire. Il était membre de l'Académie française.

2. Charles Hersent, entré à l'Oratoire en 1615, dut en sortir une première fois en 1625 à cause de son insubordination. Il y rentra, mais ses diatribes contre les moines obligèrent le P. de Condreu à l'en exclure de nouveau. Nous retrouverons plus tard à Rome ce personuage inquiet dont son confrère Batterel parle ainsi dans ses Mémoires : « Après avoir joué tous les personnages, d'abord dévot, puis tiède accusateur de ses frères et chantant la palinodie, orateur, commentateur et théologien, mystique, régaliste et ultramontain, enfin conciliateur des partis extrêmes, il voulut terminer la scène par celui d'outré-janséniste et choisit Rome comme théâtre de ses exploits . » Il mourut vers 1660.

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