‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 137 sur 522 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ces propositions, ni la manière dont il les avait exprimées, n'étaient nullement soutenables. Mais les examinateurs de son livre s'opposaient vigoureusement à un expédient qui ne tendait qu'à empêcher la censure, et ils croyaient qu'il était absolument nécessaire qu'il y en eût une. Pendant cette contestation, l'autorité du cardinal de Richelieu fut la dernière décision de l'affaire. Il envoya vers ces commissaires M. Philippe Hardouin de Péréfîxe *, docteur de Sorbonne, et depuis archevêque de Paris, son maître de chambre. Il était fils d'un de ses anciens domestiques, qui l'avait servi en qualité de maître d'hôtel, pendant qu'il était évêque de Luçon, et qui, ayant été envoyé de sa part pour solliciter à Rome son chapeau de cardinal, était mort en chemin; du moins on en avait jugé ainsi parce que l'on n'en avait jamais appris de nouvelles depuis son passage des montagnes. Cette considération avait rendu son fils recommandable au cardinal de Richelieu qui avait dessein de le consoler de la perte de son père par le bien qu'il lui faisait. Il avait pris soin de ses études, l'avait fait recevoir en Sorbonne, et le retenait auprès de lui, sans prévoir peutêtre le haut degré d'élévation où il était destiné.

Après des ordres si précis que ce docteur apporta de la part de M. le cardinal, son maître, on accepta les explications du P. Gellot, qui pour la plupart sont frivoles et ridicules, et peuvent être considérées comme une glose qui détruit le texte. On eut même assez d'indulgence pour le dispenser du mot rétractation, quoique dans le fond ce qu'il donnait par écrit ne fCit qu'une honteuse palinodie. On se contenta qu'il donnât le nom de déclaration à son écrit. Il fut signé de lui le 15 de juin 1641, et inséré dans les registres de la Faculté avec les extraits, et on eut soin de le faire imprimer pour la satisfaction du public, qui attendait une censure des docteurs après celle que le clergé de France en avait faite dès le 12 avril de la même année. Aussi cette déclaration n'empêcha pas que Rome ne censurât encore l'année suivante le livre de ce jésuite, ainsi que nous dirons dans son temps.

1. Ilardouiu de Beaumont de Péréfixe (1605-1670), docteur de Sorbonne, fut précepteur du dauphin, depuis Louis XIV, évêque de Rodez, confesseur du roi, et membre de l'Académie française en 1654. Il dfvint archevêque de Paris en 1662.

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