‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 2 sur 522 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Rapin. Comme tous les grands personnages du xvii" siècle, comme Condé lui-même, le président de Lamoignon s'était vu contraint de donner des gages à la toute-puissante compagnie de Jésus en choisissant parmi ses membres le précepteur de son fils; et c'est de cette façon que le perfide Rapin a pu s'embusquer dans un coin de l'hôtel de Lamoignon. Mais à côté des « domestiques », comme on disait alors^ il y avait les familiers et les amis : Guillaume de Lamoignon avait des égards pour Rapin, mais il ne lui accordait pas sa confiance; il la réservait pour d'autres, pour le P. Bourdaloue qui la méritait par sa loyauté, pour l'abbé Bossuet, pour quelques autres encore; et parmi ses amis les plus chers se trouvait précisément Godefroi Hermant. Lamoignon crut devoir lui dire un jour que Rapin écrivait à sa manière l'histoire des contestations présentes, et c'est lui sans doute qui le détermina à préparer en silence un antidote des Mémoires de Rapin. Les Mémoires d'Hermant sur l'histoire ecclésiastique du wii*^ siècle sont en efi"et la contrepartie exacte de ceux de Rapin, et tout historien de bonne foi qui consulte la publication de MM. Aubineau et Domenech a le devoir de consulter aussi, pour se faire une opinion, les parties correspondantes delà volumineuse Histoire ecclésiastique du docteur Hermant.

Moins célèbre que Rapin, — car il n'aspirait point au litre de bel esprit et de poète latin, il ne correspondait pas avec Bussy-Rabutin, et il ne composait pas à l'usage des mondains des ouvrages de piété plus ou moins semblables à la Dévotion aisée du P. Le Moine, — Godefroi Hermant est néanmoins un des très bons auteurs ecclésiastiques de ce xvu« siècle qui en compte un si grand nombre. Les contemporains l'appelaient « le célèbre M. Hermant », et telle était sa notoriété que l'érudit Baillet, biographe de Descartes, a cru devoir composer une Vie d'Hermant qui n'est pas dépourvue d'intérêt*, et qui est fort bien faite. Voici,

1. Il parut d'abord, en 1717, un Abrégé de la vie de M. Hermant, 38 p. in-12, publié d'après un ms. de Baillet par l'auteur d'un ouvrage intitulé : Idée de la vie et de l'esprit de messirc Choarl de Buzanval, évêque et comte de lieaiwais. Paris, 1717, 327 p. in-12. La mt^me année on publia, d'après le ms. authentique de Baillet cette fois, la Vie de Godefroi Uermant... Amsterdam, 1717, 160 p. in-12. Cette dernière seule peut ôtre consultée avec profita

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