‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 208 sur 522 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

L'Université de Paris présente une requête au Parlement contre les écrits du P. Héreau.

Lorsqu'on eut établi la vérité de ce fait par des preuves si authentiques, l'Université de Paris eut horreur de voir que les Jésuites renouvelaient encore en nos jours cette doctrine parricide qui avait coûté la vie à deux de nos rois, et que leur professeur en théologie eût enseigné en 1641 et 1642, par une affectation criminelle, des sentiments qui ne tendaient qu'à justifier les meurtres et les assassinats des particuliers sous un vain prétexte d'honneur, et par un renversement scandaleux de toutes les règles de l'équilé naturelle et de toutes les maximes de l'Evangile.

Comme ces écrits étaient encore remplis d'autres propositions horribles, M. Du Moustier, recteur de l'Université de Paris, en porta ses plaintes au Parlement par une requête qu'il présenta à la Cour, en son nom et en celui des doyens, procureurs et suppôts de la même Université. Elle exposa que le P. Héreau, jésuite, lecteur en théologie morale dans le collège de Clermont, avait enseigné depuis peu, de vive voix et par écrit, une doctrine contraire à la parole de Dieu, et à toutes sortes de lois, pernicieuse à la société humaine, préjudiciable à la sûreté de la vie des hommes en général, et particulièrement à celle des rois et princes souverains, dont elle marquait les propres termes, ainsi que nous venons de rapporter; et pour faire voir que cela se faisait par une conspiration des Jésuites, l'Université représentait que cette doctrine, tant de fois censurée par les suppliants, et condamnée par les arrêts de la Cour, était encore autorisée tout de nouveau dans deux livres des Jésuite», dont l'un intitulé ; Image du premier siècle de la Société de JésuSy avait été imprimé à Anvers en l'an 1640, avec la permission de leur provincial de Flandre; et l'autre intitulé : Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, par Philippe Alegambe, de la même Société, avait aussi été imprimé, dans la même ville d'Anvers, en l'an

Les suppliants se plaignaient aussi de quelques autres

Page 1