LIVRE m
On publia aussi dans la même année deux autres libelles des Jésuites, dont l'un avait pour titre : La conformité des principes du livre de la Fréquente communion avec ceux de Marc Antoine de Dominis^, archevêque schismatique^ touchant la pénitence ; et l'autre était intitulé : Réponse à V Apologie du sieur Arnauld, contenue en sa lettre adressée à la reine régente, mère du roi, avec ces paroles de l'Ecriture : Nolite confidere in verbis mendacii, dicentes, templum Domini, templum Domini, templum Domini est. Jerem. 7 . 4. Ce dernier écrit contenait, entre autres choses, quelques remarques injurieuses sur la protestation de foi que M. Arnauld avait publiée dans le temps de sa retraite. L'auteur y avait aussi inséré la copie d'une lettre de M. l'évêque de Langres à M, l'évêque de Saint-Malo, touchant les prétendues maximes de M. l'abbé de Saint-Cyran. Il y étalait encore ces mêmes maximes qu'ils avaient déjà fait imprimer tant de fois, et cette prétendue censure sur le Chapelet secret, dont nous avons fait voir la nullité comme d'une pièce informe, irrégulière et illégitime.
Ce ne furent pas les seules machines qu'ils employèrent pour se soutenir. Car le syndic de leur maison de Bordeaux ayant présenté une requête au Parlement de la même ville contre le petit Extrait de leur théologie morale, il fut ordonné par un arrêt du ¥ de septembre qu'il serait lacéré. Ce qui ayant été exécuté le même jour, ils en triomphèrent dans leurs Ubelles, et particulièrement dans un écrit attribué dès lors au P. Annat' qui avait pour titre : Le libelle intitulé La théologie morale des Jésuites contredit et convaincu en tous ses chefs par un Père théologien de la Compagnie de Jésus. Cet arrêt bizarre, qu'ils obtinrent par leurs intrigues, ne fut ni une marque de leur innocence, ni une justification de leur
1. Marc-Antoine de Dominis (1561-1624), d'abord jésuite, puis archevêque de Spalastro. 11 soutint Lutiier et Calvin principalement dans le traité De repubiica ecclesiastica qu'il fit imprimer à Londres. La Cour de Rome réussit à le ramener, et il fit dans cette ville l'abjuration publique de ses erreurs. Mais convaincu de continuer à entretenir des relations secrètes avec les hérétiques, il fut arrêté et mourut, au cours de son procès, dans les prisons de l'Inquisition. Sou corps et son livre furent brûlés au champ de Flore.
2. François Annat (1590-1670) fut, pendant de longues années, le confesseur de Louis XIV. Pascal l'a rendu à jamais célèbre en lui adressant ses deux dernières Provinciales.
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doctrine, et nous verrons dans la suite qu'ils s'en donnèrent le démenti à eux-mêmes, en soutenant insolemment des opinions qu'ils désavouaient alors.