CHAPITRE III
M. Bourgeois, docteur eu théologie, va à Rome pour y défendre le livre de la Fréquente commuuioa. Ses premières visites chez M. Sinaich et chez le cardinal François Barberin.
Comme on ne pouvait ignorer les intrigues continuelles des Jésuites et de leurs partisans pour surprendre le Saint- Siège, et que leur principale application était d'en obtenir une censure pour autoriser leurs erreurs et accabler les défenseurs de la vérité, on crut qu'il était absolument nécessaire d'envoyer à Rome quelque personne éclairée, sage et vigoureuse, qui fût capable de découvrir les artifices de cette cabale, d'instruire la cour romaine de la vérité du fait que l'on altérait tous les jours, et de soutenir fortement la saine doctrine contre la conspiration de tant d'ennemis.
M. Jean Bourgeois, docteur en théologie de la Faculté de Paris, depuis abbé de la Merci-Dieu, et l'un des plus habiles de son corps, fut jugé avoir toutes les qualités nécessaires pour une commission de cette importance. Non seulement il était l'un des approbateurs de la Fréquente communion, mais même il avait une très grande connaissance de la doctrine de la Pénitence, qui y est si solidement établie; et depuis plusieurs années il avait signalé en plusieurs occasions son érudition et son zèle pour la défense de la doctrine de la grâce. On l'avait toujours considéré comme un homme ferme et intrépide, et qui ayant naturellement l'esprit fort net, ne se troublait jamais, lors même que l'amour de la vérité l'obligeait de défendre avec chaleur les matières contestées.
Ayant été mandé pour cet effet de Poitou où il était en 1644, il arriva à Paris au mois d'octobre de la même année, et y demeura jusqu'au commencement du mois d'avril 1645. Étant arrivé à Rome le 30 du même mois, il y trouva M. Michel Duchesne, bachelier en théologie de la maison de Navarre, qui s'élant déjà employé pour la même cause, lui dit à son arrivée qu'il était témoin des vives et violentes poursuites que les Jésuites faisaient à l'Inquisition contre le livre de la Fréquente communion, et qu'il craignait Feffet des menaces du P. Brisacier, député des Jésuites