LIVRE IV
n'était rien plus que les autres cardinaux dans l'Inquisition ; qu'il connaissait le mérite de l'auteur et des approbateurs du livre qui s'examinait en leur compagnie, et qu'il ne croirait pas légèrement tout ce qui pourrait le portera diminuer l'estime qu'il faisait de leur personne; qu'il avait déjà lu ce livre et qu'il le lirait encore; qu'il pouvait les assurer de sa part que rien ne se ferait avec précipitation dans une affaire de cette importance, et que sa plus grande joie serait de les servir. Qu'au reste pour la demande qu'il lui avait faite d'être ouï comme approbateur du livre, et même en présence des accusateurs, elle pourrait souffrir quelque difficulté, parce que cela regardait les formes de l'instruction, dont les cardinaux ne prenaient pas de connaissance; qu'il ne pouvait ni lui accorder cette demande ni la lui refuser; qu'il vit sur cela les officiers de l'Inquisition, le commissaire et l'assesseur; et que de temps en temps il lui fît savoir l'état de son affaire, afin que de sa part il fit ce qu'il pourrait pour lui dans la justice.
Mais M. Bourgeois ne fut pas longtemps en état de s'en pouvoir acquitter et de tirer l'avantage qu'il se promettait de ses bons offices, parce que la rupture des deux maisons et la retraite de toute la famille Barberine en France arriva avant la décision de son affaire.