‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 306 sur 522 · Guillaume de Landsheere, jésuite belge · texte numérisé non relu

Guillaume de Landsheere, jésuite belge

nombreuse et très puissante, et les princes protestants refusant de se joindre à lui dans cette nécessité publique, il aima mieux tolérer ces hérétiques qui étaient condamnés par le pape, que de perdre l'avantage de leur secours, contre l'ennemi de la chrétienté, qui était prêt [sic] de les accabler. Il attribuait à cette manière d'agir le mauvais succès des armes de l'Empereur, disant qu'il n'avait rien fait avec une armée si forte et si nombreuse.

De là il passa à invectiver contre les magistrats politiques et ecclésiastiques du Pays-Bas, les accusant d'être rebelles au Saint Siège, et de n'avoir pas de soumission à la bulle d'Urbain VIIl, dont ils avaient ou empêché ou suspendu la publication depuis tant de temps. 11 ajouta que c'était la cause de tous les maux et de toutes les afflictions publiques de leur province, et témoigna son étonnement de ce que Dieu ne les châtiait pas encore avec plus de rigueur, pour leur faire porter la peine d'une si grande négligence, quoique dans la vérité ils ne s'abstinssent de la publication de cette bulle qu'à cause qu'il y avait quelque chose de plus fort que dés soupçons qui leur persuadaient qu'elle avait été obtenue par surprise.

Ensuite il se mit à relever le mérite des Jésuites, et à se plaindre de ce qu'on attribuait à leurs passions et à leur animosité tout ce qui s'était fait contre Jansénius, quoiqu'ils eussent en toutes rencontres donné des marques publiques de l'affection qu'ils avaient pour ce prélat. Il lui reprocha l'applaudissement public avec lequel ils l'avaient reçu quand il avait fait son entrée sur le siège épiscopal de la ville d'Ypres, ayant dépensé six cents florins pour lui dresser un triomphe, sans que de sa part il leur eût donné un sou. Après cela il étala les services qu'ils lui avaient rendus lorsqu'il arriva à Berghe sur Winok et à Dunkerque, et les honneurs qu'il avait reçus de la part des matelots des deux villes, qu'il disait leur être entièrement dévoués. Et comme il était dans sa chaire, où il pouvait dire avec liberté tout ce qu'il voulait sans craindre d'être contredit, il demandait de temps en temps à ses auditeurs, qu'il savait bien n'être pas en état de lui répondre ; « Y a-t-il quelqu'un qui puisse dire ou montrer ce que la Société a jamais fait par passion contre Jansénius? Comme si les Jésuites pouvaient surprendre le Saint Siège apostolique

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