LIVRE IV
conduite, quelque opposition que les médecins fissent à un si long voyage qui ne pouvait être que très préjudiciable à sa santé'.
Le P. Deschamps, jésuite, s'était vanté d'avoir eu l'approbation des cardinaux pour le livre par lequel il avait défendu la censure de Sorbonne; et ses confrères ont cité pour cet effet, en sa faveur, les lettres d'un théologien de Douai, nommé Valentin Randour', à M. Fromond.
Il parut cette année plusieurs livres qui furent composés de part et d'autre. M. Fromond prit le nom de Vincentius Lenis, pour répondre aux PP. Petau et Deschamps, par un livre intitulé Thériaque^ pour répondre à ceux que ces jésuites avaient publiés sur le sujet du libre arbitre. M. Sinnich publia, à Louvain, les plus célèbres ouvrages de saint Augustin et de ses disciples sur la matière de la grâce. La traduction du poème de saint Prosper, en prose et en vers, fut reçue dans le monde avec ua très grand applaudissement. M. Arnauld traduisit aussi en notre langue quelques traités de saint Augustin : De la véritable religion, Des mœurs de l'Eglise, et De la correction et de la grâce, avec une analyse de ce dernier. On publia le deuxième volume des Lettres chrétiennes et spirituelles de M. l'abbé de Saint-Cyran et en un petit volume à part, sa Lettre de la Prêtrise à M. Duhamel, docteur de Sorbonne, qui était curé de Saint-Merry et faisait beaucoup d'éclat dans Paris, par ses directions et par ses prônes, au temps de cette édition. Un religieux de l'ordre de Prémontré, nommé Pierre Cobbard% publia aussi la même année une Prose sur la grâce, avec quelques traités de saint .\ugustin.
Les partisans des Jésuites tâchèrent aussi de se signaler par des ouvrages. Le P. Dom de Saint-Joseph, feuillant, publia son /<"■ h^xamen des matières de la gràce^pour la dé' fense de Molina, jésuite, et de M. Hahert, évêque de Vabres^ contre l'Apologie de Jansénius; et son ^* Examen des deux
1. Il y avait ici au ms., et le titre du sommaire du chapitre en fait mention, quelques lignes relatives au formulaire que fit dresser Claude Dachey, archevêque de Hesançon, contre Jansénius puis contre la Fréquente communion et les traites spirituels de l'abbé Saint-Cyran. Tout ce passage a été barré.
2. Valentin Randour, professeur puis recteur de l'Université de Douai, mort en 1653.