CHAPITRE XXIV
Différend dans la Faculté de théologie, touchant le règlement du nombre des religieux mendiants.
C'était une prodigieuse injustice à M. Cornet et à ceux de son parti d'employer tout leur crédit pour autoriser de misérables libelles pleins d'erreurs et d'hérésies dans le même temps qu'ils épuisaient tout leur esprit pour détruire toute la doctrine de saint Augustin, et pour accabler ses défenseurs. Mais quelque mépris qu'ils fissent de la vérité, et quelque dévoués qu'ils fussent à tous les intérêts des Jésuites, il leur eût été impossible de réussir dans cet injuste dessein, s'ils n'eussent pris un soin tout particulier de s'appuyer du grand nombre, et de s'assurer en toutes rencontres de la pluralité des suffrages par la multitude de leurs partisans. Ce moyen leur étant absolument nécessaire pour étouffer la voix de ceux qui parlaient pour la vérité et pour la justice, ils ne faisaient nulle difficulté de s'en servir, sans s'arrêter ni aux règlements de la Faculté, ni à toutes les mauvaises conséquences qui en pouvaient naître. Il leur suffisait que les mendiants fussent perpétuellement leurs échos pourse conformer à leurs avis, dans toutes les délibérations, et quoique le nombre en fiU réglé par l'ancienne discipline et par les arrêts du Parlement, les dispenses et les grâces ne leur coûtaient rien, parce que l'affaiblissement des statuts devenait la force et l'affermissement de leur cabale.
lly avait longtemps que M. de Saint-Amour avait remarqué ce mystère de leur politique, et qu'il avait déploré une si
LiVRb; IV 431
dangereuse conspiration. Mais l'effet ne lui en fut jamais plus sensible que dans l'assemblée du deuxième jour de mai. [Voyez la suite dans le Journal de Saint-Amour, l"-® partie, ch. iv, p, 6-7.]