‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 337 sur 522 · Georges Colvener (1564-1649), docteur en théologie · texte numérisé non relu

Georges Colvener (1564-1649), docteur en théologie

2. [""rau'jois de le Boe ou Du Bois, eu latin Sylvius, professeur de théologie à Douai (1581-1649).

site de Louvain', les avaient traduits par leurs écrits comme ayant, non seulement souscrit autrefois à la doctrine que l'on attribue principalement à Jansénius et à Baïus, mais même y étant encore attachés par un engagement opiniâtre, ils ne croyaient pas que l'on pût inventer un plus grand mensonge, puisqu'il était constant qu'ils avaient reçu lapremière bulle d'Urbain VIII, d'heureuse mémoire, contre Jansénius; qu'ils l'avaient publiée solennellement dans leurs écoles publiques, et que le pape avait pris occasion de cette conduite d'honorer leur Université d'un bref particulier, qu'ils avaient encore entre les mains, et de leur donner sa bénédiction, pour avoir obéi si promptement au Saint-Siège Apostolique; et qu'ayant reçu avec respect les lettres que le roi leur avait très certainement adressées sur ce sujet, ils avaient affiché aux portes de leurs écoles cette bulle dans toute son étendue, sans que personne ait osé la toucher du bout du doigt pour lui faire la moindre atteinte; qu'ils avaient protesté par plusieurs fois, et prolestaient encore tout de nouveau, d'avoir toujours rendu obéissance au Saint- Siège et au roi catholique, et d'avoir toujours voulu que la doctrine de Jansénius fût condamnée, de telle sorte qu'aucun docteur de la Faculté de théologie de Douai n'en avait jamais été infecté; que c'était ce qui rendait leur douleur d'autant plus grande que l'injure qu'on leur faisait en cela était plus atroce et tout à fait insupportable, et traduisant le nom de leiir Université devant le sérénissime archiduc, comme s'ils étaient des enfants désobéissants de l'Eglise catholique; mais que, bien loin d'avoir donné lieu à cette accusation, ils avaient jugé au contraire, par un consentement unanime, qu'il était à propos de supplier très humblement Son Altesse de s'appliquer sérieusement à arracher jusqu'à la racine de cette doctrine jansénienne, qui n'enseigne nullement les sentiments de saint Augustin. Et parce que ce mal empirait et s'augmentait tellement de jour en jour qu'on publiait faussement que la plus saine partie de cette contrée du Pays Bas et l'Université de Douai en étaient infectées, il était à craindre que des esprits brouillons ne communiquassent cette pernicieuse doctrine ou dans les Universités, ou dans les monastères ou ailleurs, à quelques personnes imprudentes et peu versées dans la lecture

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