LIVRE vi
On avait ajouté à cet écrit la censure du Catéchisme de Douai par la Faculté de Louvain, avec l'arrêt du Parlement du 10 mai, sur le sujet d'un décret de l'Inquisition de Rome, donné ensuite d'une remontrance de défunt M. Talon, avocat général.
Il parut en même temps un autre écrit qui contenait le décret de l'Inquisition sur ces deux Catéchismes de la grâce en lalin et en français, avec son explication véritable. Ces deux ouvrages firent leur effet, et ruinèrent entièrement celui de ce décret que les Jésuites avaient poursuivi par lant d'intrigues et publié avec tant de falsifications^ de chaleur et d'insolence.
Les Jésuites se virent réduits à employer tout leur crédit pour faire imposer silence aux uns et aux autres^ parce que la liberté qu'ils avaient de faire imprimer tout ce qu'ils voulaient avec privilège ne leur donnait pas le pouvoir de bien répondre. Cela donna lieu à un écrit fort éloquent, intitulé : Lettre d'un ecclésiastique d un magislraty où il est parlé d'une nouvelle poursuite que les Jésuites font à la cour, touchant les disputes de la grâce, pour empêcher qu^on ne réponde à leurs écrits et qu'on ne réfute leurs erreurs \
L'auteur, en parlant de ces décrets de Rome, disait qu'ils avaient donné lieu à quelques-uns de dire [qu'après avoir attaqué] des ouvrages qui ne leur déplaisaient que parce qu'ils étaient estimés de tout le monde, il ne leur restait plus que d'obtenir encore des pardons et des indulgences pour ceux qui auraient la bonté et la patience de lire leurs livres, parce qu'il ne se trouvait plus guère d'imprimeurs assez dévots pour les vouloir imprimer par un esprit de charité, ni de lecteurs assez simples pour les vouloir lire par esprit de pénitence.