Ms. ; Bosleduc
de ce choix, comme MM. Morel et Le Moyne qui y prétendaient eux-mêmes, et quelques-uns de Navarre qui y portaient M. Gauquelin, Mais il fut abandonné de quelques-uns de sa maison, qui le voyant nommer par quelques disciples de saint Augustin jugèrent mal de leurs intentions, et crurent qu'ils avaient en vue de mettre de la division entre la Sorbonne, Navarre et les réguliers, afin de donner ensuite toutes leurs voix à M. Dabes.
Dans le cours du mois d'octobre, on publia une traduction française du petit livre de M. Jansénius, évéque d'Ypres, contre les ministres de Bolduc, et on lui donna le titre : Défense de la foi de VEglise catholique par M. Jansénius. Cette seule pièce suffisait pour justifier M. d'Ypres contre ceux qui l'accusaient de favoriser les calvinistes, n'étant pas possible de les pousser plus rudement qu'il avait fait par cet ouvrage.
M, l'abbé Le Roy mit aussi en lumière en ce même mois un livre qui était comme une effusion de sa piété et de sa douleur, intitulé : Traduction d'un excellent discours de saint Athanase contre ceux qui jugent de la vérité par la seule autorité de la multitude, avec des réflexions adressées à Dieu sur ce discours, lesquelles représentent les calamités spirituelles de notre siècle, et le besoin qu'on a maintenant de renouveler les plaintes de saint Athanase et d'imiter le zèle de ce Père. Cet ouvrage, dans lequel l'auteur parlait à Dieu même, fut approuvé par MM. Du Hamel, Feydeau, Taignier et Tallendier.
Il arriva en ce même mois une chose assez considérable aux docteurs qui étaient partis pour aller soutenir à Rome la doctrine de saint Augustin avec M. de Saint-Amour, Pendant le séjour qu'ils firent dans l'abbaye de Val-Croissant, qui était à M. de la Lane, M, Brousse, qui cherchait des occasions de défendre la foi de l'Église contre les hérétiques de ces quartiers-là, étant allé à Die en Dauphiné, où les calvinistes ont un collège des plus célèbres du royaume, y entendit le dimanche 22 octobre un prêche du ministre Dise, qui prit pour le sujet de son discours ces paroles de l'épitre de saint Paul aux Romains : Nam prudentia carnis mors est, prudentia autem spiritus vita et pax.
[Voyez la suite de ce chapitre au Journal de Saint- Amour, 3" partie^ chapitre 15, pages 168, 169, 170.]