LIVRE VI
victorieuse, qu'il intitula : Bertrandi Textoris^ theologise doctoris et in therascia monasterii Boni fontis ■prions ad I\ic. de La Lane, ejiisdem cœnobii abbatern, disputatio theologica cum duplici appendice, una in Ranutium Higatum, altéra in librum de Gratia victrice.
Au mois de septembre, un jésuite de Poitiers, professeur en théologie, fit un libelle à qui il donna un titre fort magnifique en l'appelant : Triomphe de ta grâce avec la coopération du libéral arbitre, remporté sur un religieux et une religieuse jansénistes par un ecclésiastique, en dialogues divertissants, par C. P. P. curé de Montaubeuf. Les Jésuites se divertissaient ainsi par des fictions et des triomphes imaginaires, et se formaient à eux-mêmes des fantômes pour élever des trophées sur leurs ruines.
Le 13 de septembre, le P. Morin, prêtre de l'Oratoire, mit au jour son grand ouvrage de la pénitence, que M. Châtelain approuva, à la réserve de ce qui était contre la doctrine de la grâce efficace par elle-même, sur laquelle cet auteur avait des sentiments fort éloignés de saint Augustin, Sa préface contenait aussi des choses assez fâcheuses sur les matières présentes. Les amateurs de la vérité en furent blessés, et M. Godeau, évêque de Grasse, qui prêcha l'avent cette année dans la maison de l'Oratoire de la rue Saint- Honoré, en fit des répréhensions publiques.
Le P. Jacques Sirmond mourut cette année dans une extrême vieillesse. Il avait fait imprimer de petits livrets jusqu'à la fin de sa vie, et cette même année il en avait composé un, sous ce titre : Historia pœnitentiœ publicœ, duodecim distincta capitibus,adversus Antonii Arnaldi ejusque sectatorum doctrinam. Cum disquisitione de Azymo semperne in usu allaris fuerit apud Latinos. On s'étonna de ce qu'il avait attendu huit ans entiers à écrire contre M. Arnauld sur cette matière, après avoir gardé un silence si profond pendant la première chaleur de la dispute. Mais il avait laissé \8^ querelle au P. Petau, son confrère, avec lequel il n'était pas lié d'une fort étroite inclination, et ceux qui avaient plus d'habitude avec lui ont témoigné qu'il eût voulu trouver quelque milieu et quelque espèce de tempérament dans les contestations du temps. Ce dernier ouvrage ne fit aucun mal, et tomba de lui-même.
Le P. Petau composa aussi en ce même temps-là un livret
qu'il qualifia : Dissertalio brevis de adjutorio quo et sine quo non.
Le livre intitulé : Triumphus catholicœ veritatis, sine Jansenius damnatus, etc., sortit de la presse au mois de novembre. Les Jésuites l'ont attribué au P. Philippe de Labbe, et leur conjecture sur ce sujet vaut sans doute une démonstration. En effet ce libelle plein de venin était très digne de lui.