CHAPITRE I
Intrigues pour empêcher la censure de M. de Paris ou pour la rendre inutile. Ce prélat la fait publier aux prônes des messes paroissiales, le 1 janvier 1652.
Tout Paris était dans l'attente de ce qui arriverait touchant le livre du P. Brisacier; et quoique plusieurs sussent très bien que la censure était dressée dès le 29 du mois de décembre, néanmoins ceux qui connaissaient M. l'archevêque de Paris ne pouvaient croire qu'il eût assez de résolution pour la publier. C'était la matière de l'entretien des spéculatifs au commencement de l'année 1652. Les uns croyaient que la cour arrêterait ce coup de foudre en retenant le bras de ce prélat par une autorité dont l'éclat était capable de l'éblouir, et empêcherait que l'on ne donnât cette satisfaction à des personnes que la politique ne permettait guère de maintenir dans leur réputation dans le temps qu'on les voulait perdre; les autres, qui savaient combien la faction des Jésuites et de Molina était dominante en Sorbonne, ne doutaient pas que les docteurs attachés à ce parti ne remuassent toutes sortes de ressorts pour détourner cette censure, qui mettait à couvert la réputation de ceux qu'ils avaient entrepris de noircir en France et à Rome pas tant de calomnies et de libelles injurieux. Ces derniers ne se trompaient pas dans leurs conjectures, car M. Hallier, qui s'était signalé dans l'assemblée du 2 janvier de l'année 1652 en demandant des lettres de temps d'étude en faveur d'un bachelier peu agréable aux autres docteurs pour avoir porté autrefois la robe de jésuite, donnait en toutes rencontres de nouvelles marques de son zèle envers une société qui, lui étant devenue d'abord redoutable par les menaces qu'elle lui avait faites et par l'impression de la terreur, lui était devenue dans la suite très chère et très précieuse par le lien d'une étroite confé-