‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 448 sur 522 · LIVRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE VU

des aides, s'échauflFant tous les jours de plus en plus pour la cause des Jésuites, composa au mois de février de cette année 1652, un livre intitulé : Les antiquités de V Eglise en l'usage des sacrements, ■princi'palement celui de la pénitence; contre les erreurs du livre de la Fréquente communion. Cet ouvrage se détruisit de lui-même aussi bien que plusieurs autres du même auteur, qui n'ayant pas de plus grande ambition en ce genre que d'engager MM. de Port-Royal à écrire contre lui, n'a point eu aussi de plus sensible dépit que de s'en voir négligé, ni de plus rude punition que le silence de ceux qu'il voulait engager dans le combat.

Nous avons vu la suite de la révolte des Jésuites de Sens contre M. leur archevêque; ils ne furent pas les seuls de son diocèse qu'il reconnut être animés de cet esprit. Car ayant voulu faire mettre en pratique le règlement de l'assemblée de 1650 sur les permissions et les approbations limitées pour confesser et prêcher la parole de Dieu, ce qui non seulement est conforme au droit, mais ce qui est même universellement usité dans toute l'Italie et dans toute l'Espagne, et ce que l'expérience fait voir être absolument nécessaire pour le salut des âmes, les réguliers de son diocèse s'y soumirent, et même les capucins. Mais au bout de quelque temps, le P. Amand, gardien ducouvent de Joigny, qui venait du Levant où il avait demeuré vingt-cinq ans, se présenta à lui pour avoir la permission de confesser et de prêcher dans son diocèse; mais n'ayant pas voulu subir l'examen, il se retira, prenant pour excuse qu'il n'osait s'y soumettre sans en avoir averti les supérieurs. Sur ce refus et sur la défense qui lui fut faite et à ses frères d'administrer le sacrement de pénitence et de prêcher, attendu que le temps de leurs approbations était expiré, ils s'en abstinrent pendant huit mois par ordre même de leur provincial ; mais leur obéissance se lassa, et nous verrons l'année prochaine d'étranges suites de cette affaire.

Au commencement du mois d'avril de cette année, M. Amyot, qui n'était venu à Saint-Merry que pour y troubler la paix, fit ressentir les effets de sa violence à M. Cordon, vicaire de M. Du Hamel dans cette paroisse. Car, après

dont il sera question dans la suite. Pascal a parlé de quelques-unes de ses calomnies dans les Provinciales.

lui avoir attribué en pleine chaire des propositions erronées et l'avoir traité avec la dernière indignité, après avoir comparé les disciples de saint Augustin aux infâmes auteurs d'un tumulte qui avait été fait sur le Pont-Neuf la semaine précédente, il fit encore accuser ce docteur par M. Charton, pénitencier, devant M. l'archevêque. Mais ce prélat, au lieu de se laisser prévenir par de faux rapports, reconnut tout d'un coup la passion et l'animosité des personnes qui employaient tout leur crédit et toute leur autorité pour accabler un vertueux ecclésiastique. S'étant fait instruire de la vérité de la chose par des personnes irréprochables et non suspectes, il reconnut par leur rapport l'innocence de M. Cordon, et en fut encore plus fortement persuadé quand il l'eut entendu lui-même, et qu'il eut écouté paisiblement M. Amyot sur toutes ses calomnies et ses fausses accusations. Car il déclara que la doctrine de M. Cordon était très pure et très saine, et n'était autre que celle de l'archevêque de Paris; et pour humilier M. Amyot il lui dit, en présence de plusieurs de ses plus considérables paroissiens qu'il avait mandés pour cet eiïet, qu'il serait obligé de le punir s'il ne s'abstenait de faire des violences dans l'église. Il lui remit aussi devant les yeux la sédition qu'il avait voulu exciter dans Saint-Merry à. l'occasion de son catéchisme qu'il avait arraché avec violence des mains de quelques enfants, lui disant qu'il saurait bien maintenir son catéchisme, et que, s'il se trouvait coupable du scandale qu'on lui avait dit être arrivé en cette rencontre, il ne souffrirait pas que ces excès demeurassent impunis.

Ce coup de justice de M. l'archevêque de Paris fit si peu d'effet sur l'esprit de M. Amyot, qu'au lieu de rentrer en lui-même et de prendre la résolution d'une conduite plus humble, plus douce et plus charitable, il s'adressa tout de nouveau au conseil de ce prélat pour lui demander justice contre M. Cordon. Mais l'un des assistants de ce conseil ayant informé les autres que M. de Paris s'était réservé à lui seul la connaissance de cette affaire, on le renvoya sans avoir d'égard à sa plainte. Néanmoins il ne quitta pas encore pour cela l'esprit d'aigreur et d'animosité dans lequel il se nourrissait contre M. Cordon. De sorte que le 16 du mois d'avril, M. de Paris étant averti qu'il le voulait empêcher de monter en chaire à la place de M. Du llamel, lui envoya défendre de

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