‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 495 sur 522 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Relatiou de ce qui se passa à la mort de M. de Chavigny, et touchant uu écrit qui aurait été confié à M. Singlin et a M. Dugué de Bagnols'.

Il arriva au mois d'octobre de cette année une chose très considérable par la qualité des personnes etpar son importance en elle-même, et les Jésuites qui auraient dû la regarder comme un modèle de désintéressement que Port- Royal donnait en cette occasion à tous les directeurs de conscience, s'en servirent pour déchirer au dedans et au dehors du royaume des personnes très innocentes, très sincères et très généreuses. Voici ce qui se passa en cette affaire que M. de Saint-Amour n'a traitée que légèrement dans son Journal.

M. le comte de Chavigny, célèbre par toute la France par sa qualité de ministre d'Etat et de secrétaire des commandements de Sa Majesté, étant tombé malade au commencement du mois d'octobre, M. Mazure, son pasteur, docteur de Sorbonne et curé de Saint-Paul, l'alla voir dès le premier jour de sa maladie, et comme il était alors environné de plusieurs personnes qui l'empêchaient de lui parler librement des aflTaires de sa conscience, il le pria de revenir le lendemain. L'ayant trouvé attaqué d'une grosse fièvre, M. de Chavigny lui dit que Dieu lui voulait faire miséricorde, parce que n'ayant pu de lui-même s'arracher au monde, il l'en voulait arracher; qu'il le voulait bien et y

1. Ce long chapitre a été transcrit in extenso par Sainte-Beuve, qui eu avait compris l'importance, pour réfuter les calomnies de Rapin. V. Port-Royal éd. de 1888, lome II, p. 532-569.

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