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88 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT
déclarât erronée et injurieuse au sacrement de pénitence. Ces derniers l'emportèrent de cinquante-cinq voix à trentehuit, quelques autres étant sortis sans rien conclure.
Les plus honnêtes gens furent du premier avis. M. Lescot, depuis évêque de Chartres, conclut que la proposition de la contrition toute seule ne méritait point de censure, mais que jointe à celle qui dit que l'absolution n'était que déclaratoire, on les pouvait condamner comme téméraires. M. Habert*, théologal de Paris fut aussi de l'avis de M, d'Autruy.
Durant que l'on opinait, M. de Raconis ne pouvant se retenir dans l'empressement qu'il avait de faire réussir la censure, applaudissait à ceux qui donnaient à cette doctrine de la contrition la qualification d'erronée, et grondait quand on était de l'autre avis. M. Duval pressait aussi continuellement les docteurs d'en venir à la conclusion; ce qui fit que M. Rallier, qui défendait le P. Séguenot, voyant qu'on ne lui voulait pas donner la liberté de parler, n'acheva pas son suffrage, et se tut* sans rien conclure.
M. de Mince', voyant dans toute cette affaire autant de précipitation que de chaleur, fut d'avis de différer la censure, et que l'on communiquât à tous les docteurs les propositions à quoi on trouverait à redire ; mais il ne fut pas suivi, et l'on conclut la censure, que M. d'Autruy fut prié de dresser pour la faire voir à l'assemblée le 15 du même mois.
M. de Fleury* harangua fort généreusement, et dit que l'indulgence dont la Faculté avait usé envers certaines personnes (marquant le P. Yves, capucin) avait donné sujet au P. Séguenot de faire ce qu'il avait fait, et que les autres s'étant jetés dans une extrémité, cela avait été cause que cet auteur en avait usé avec moins de modération et s'était jeté dans une autre.
Un docteur, donnant son suffrage pour la censure, dit que c'était à condition qu'on remettrait dans la salle de l'assem-
1. Isaac Habert, théologal de Paris, puis évêque de Vabres, mort en