‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 154 sur 412 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

(le Messieurs de Port Royal cette traduction. Ils arrêtèrent là dessus qu'un jour M. de Toulouse ferait cette proposition à l'Assemblée; que MM. de Montauban et de Montpellier l'appuieraient, mais que ce serait en l'absence de M. de Narbonne, M. de Montpellier présidant, qui" les nommerait tous trois afin de chercher les moyens de procurer ce bien à l'Église ; sur quoi ils se donnèrent parole de se garder le secret.

Le dimanche 7 janvier, M. l'abbé d'Aubigny dit au même M, Taignier qu'il avait appris de M=»e la princesse Palatine, qu'ayant demandé à la reine si elle n'irait point à Port- Royal adorer* la Sainte Epine, Sa Majesté lui avait répondu que non ; qu'elle ne laissait pas néanmoins de croire qu'il y avait de très saintes filles dans ce monastère; mais qu'il y en avait deux ou trois hérétiques.

Le 8, M. Magnet, docteur de la maison de Sorbonne, étant venu voir M. l'abbé de Pontchàteau, dont il avait été précepteur, dit en présence de M. Tévêque d'Aulonne qu'il y avait un abattement efîroyable parmi les molinistes, c'est-à-dire parmi les docteurs de son parti, qui paraissait même sur leur visage lorsqu'ils avaient appris le vœu qu'avait fait M, le cardinal Mazarin, qu'on envoyât recommander M™® Mancini*, sa sœur, aux prières de Port-Royal, dans la crainte qu'ils avaient qu'elle ne guérît par ce moyen ; et il ajouta qu'il était persuadé que l'on élevait autel contre autel, c'està-dire que l'on faisait des prières pour empêcher l'elfet de celles des religieuses de ce monastère; ce qui était une parole épouvantable.

Ce même jour, M. l'archevêque de Sens dit dans l'Assemblée générale du clergé que la compagnie ayant toujours été occupée par les grandes affaires qui s'y étaient présentées, il avait cru ne devoir pas lui parler plus tôt d'une affaire de la dernière conséquence pour son diocèse, laquelle il avait aussi espéré terminer par quelque accommodement ; mais que le voyant impossible, et l'assemblée un peu plus libre, il croyait être obligé de lui demander sa protection

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