PAR M. ROBINET
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ AOTALB ET CENTRALE 1»^ AGRICULTURE y
Premièivb questiow. — " Quelles sont les qualités et la couleur de la soie qm peuvent la rendre ^ en tout tepips, plus prépieuse f plus facile à veridre et d'un plus ^rand prix dans le commerce P
La premier^ dç toutes est Vuniformité. Toutes les soies trouvent leur emploi dsins le comiuerce en raison de Timmenee variété des tissus auxquels on consacre ce fil pré* cieux; mais, lorsqu'on a mélangé , à dessein ou par négligence, diverses natures de soie, ou des soies de différentes grosseurs, ce mélange perd une grande partie de U valeur qu'auraient eue les soies bien choisies.
lia propretés de la soie est la sieconde qualité -, on entend par là Tabsenoe des bouchons^ morvôlants, nœuds mal faits, mariages, finesses, etc.
Ia force ou ténacité vient ensoite; on Tapprécie avec le sërimètre.
"L'élasticité n'est pas moins importante; le sérimètre donne aussi le moyen de la mesurer. Voyez :
Mémoire sur la filature de la soie, par Robinet, 1839.
Mémoire sur les propriétés générales de la soie , par Robinet, i844*
Notice sur les instruments destinés à t appréciation de la soie^ par Robinet.
Le titre. On entend par là le volume de la soie. Les soies fines ont généralement plus de valeur que les soies grosses; mais, comme elles cotitent plus cher, il n'est pas certain qu'il y ait de l'avantage à faire des soies fines. Le titre exact des soies peut être déterminé avec Téprouvelte décimale de M. Robinet. (Voir la notice sur les instruments.}
Couleur de la soie. En général, la soie blanche a ud peu plus de valeur que ia soie jaune; mais les soins exigés par sa filature font plus que compensation , en sorte que je ne crois pas qu'il y ait avantage à faire des soies blanches.
Quant aux différentes nuances de jaune, elles sont sans intérêt, du moins pour les fabricants intelligents.
Reste la soie premier blanc : elle se vend cher, mais coûte beaucoup; le commerce n'en réclame environ que 1,000 kilog. par an; si on en faisait davantage, son prix tomberait aussitôt.
En résumé , les soies qui se vendent toujours et avec avantage sont les soies deuxième blanc ou jaunes, de la à i3 deniers; soit, en titre décimal, de 600 à .65o milligrammes les 5oo mètres.
a* QDESTion. — Quelle est, pour les provinces des États royaux, la graine à préférer, par rapport à son origine^ pour obtenir, avec une égale quantité de feuille , la plus grande quantité de soie jouissant , au plus haut degré pos» sible, des qualités suivantes, savoir : brillant, finesse
(3) élasticité j force y et offrant le ton le plus recherché dam le commerce ?
La réponse qui précède s'applique à cette question. Il faut préférer les races avec lesquelles on peut faire de lia soie jaune de 600 à 65o milligrammes» avec 4*5 ou 5'6 cocons.
La race de Turin , centuriniy camuzzini, est excellente.
F'oir le mémoire sur les races. Robinet , i845*
3« QUESTION. — Quelle est la différence qui existe entre la graine des vers à soie élevés dans la Brianza et celle obtenue des vers à soie nourris dans les provinces des États royaux y dans le but dC arriver au résultat indiqué dans la question précédente ?
J'ai reçu plusieurs races fort différentes de la Brianza : Tune , que j'ai appelée dandolo, donne de très-gros cocons; d'autres en donnent de petits. ïe préfère la race à petits cocons. Foir mon mémoire sur les races.
4* QUESTION. — Quelle est la différence qui existe entre la graine de nos vers à soie et celle des vers à soie de la Brianza ou d! autres lieux, après plusieurs générations élevées dans les États royaux?
5c QUESTION. — Quelles sont les différences qui existent entre les graines provenant des diverses provinces des Êlafs royaux comparées les unes avec les autres ?
On trouvera, dans le mémoire cité, quelques données sur ce sujet; mais je n'ai pas eu à ma disposition toutes lés races du Piémont.
G* QUESTION. — L'espèce des vers à soie présente-Velle des variétés bien distinctes et constantes ; dans les cas où ces variétés existent , laquelle doit^on considérer comme la plus propre à donner, dans chaque localité, un produit
abondant j mains éventuel et qui^ dans le même temps, acquière plus de perfection et plus de valeur?
CeriaiDement il existe plusieurs races très-distioctes de ▼erf às4Me) mais il y eo a aussi beaucoup qui rentrent les nues dans les a^utres, quand elles sont soumises au même régime. Foir le mémoire «ur les races.
Quant à la question de savoir si elles conviennent plus ou moins à telle ou telle localité, elle est difficile à résoudre.
Le plus raisonnable , pour le moment , est de prendre une race riche en soie et robuste.
Le cora est la race la plus riche.
Le sina est peut-être la plus robuste.
Le turin , centurini^ est excellent : il faut proscrire les races à gros cocons mous (i).
7« QUESTION. — En accouplant des^papillons de dii^rses qualités de cocons et moyennant un soin particulier^ pourrait'On, après plusieurs générations^ obtenir une qualité générale pour toutes les localités des États royaux , ou spéciale pour quelques-unes, qui fût propre à donner le plus grand produit et la soie la plus estimée relativement aux autres variétés?
Il s* agit de savoir si des croisements bien faits donneraient une race meilleure que celles qui existent en ce moment en Piémont*
Ce croisement, nous Tavons fait avec le turin et le loudun \ il nous a donné le côra. Il faut essayer cette race en Piémont.
8* QUESTION. — Quelle est Tinfluence qiiune nutrition abondante et une attention minutieuse pour les vers à soie.
(i) Voir la notice sur les éducations de iS4o et caUe de i84i .
pendant une ou plusieurs générations, peuvent avoir sur la production de la graine, afin de T obtenir dune qualité, propre à donner le plus fort produit et la meilleure soie?
Cette question a pour objet de savoir si le régime peut influer sur Tamélioration oo la ftégëndresceBce des races.
Cette influence est telle, que nous avons yu disparaître, dans nos ateliers, plusieurs races qu'on nous avait données : la race jaune d'or, la race verte , la race à trois mues.
Plus de dix échantillons venus de diverses contrées des Étals sardes sont revenus au même type : tels sont les centurini, giali, camuztini, nankini, pastellini^ etc. Toutes ces variétés sont revenues au turin ou petit espagnolet de Gavaillon. Le milanais en diffère un peu; il est plus sphérique.
Le régime a donc une influence très^marquée sur les races. On voit d'excellentes races jaunes prendre la couleur verte ou jaune d'or dans les pupitres des écoliers.
Il serait ddhc très- important de ne laisser vendre des œufs que par les personnes qui font de bonnes éducations.
9'QUE8Tioif. -7- Quelle est T influence que peuvent avoir, sur la qualité de la graine et de la soie , i ** le plus ou moins de maturité de la feuille que Ton administre aux vers à soie / *}.'* la diversité des mûriers ^'i"* la nature et la situation des terrains sur lesquels ceux-ci se trouvent^ 4^ les au'très circonstances diverses qui peuvent avoir une influence sur la qualité de la feuille?
Cette question est résolue dans notre deuxième mémoire sur le mûrier, dont voici les conclusions.
Je conclus de tous ces faits :
i^'Que les quatre variétés de mûrier mises en expérience, ont des qualités nutritives différentes, et doivent être rangées dans l'ordre suivant , en raison de leur puissance ali* roentaire i
Le mûrier greffé à feuille rose»
Le mûrier moretti ,
Le mûrier saufageon ,
Le mûrier muUicaule :
Ce dernier est de beaucoup inférieur aux irois autres;
a* Que la feuille du mûrier perd beaucoup de ses facultés nutritÎTes, à mesure que la saison s'avance;
3* Que, par conséquent, on s'expose à une perte considérable sur le poids et la qualité de la récolte de cocons , en retardant les éducations ;
4* Qu'il ne faut point attribuer à d'autres causes les dégénérescences observées dans beaucoup d'éducations tardives.
Il resterait maintenant à calculer les compensations que peut offrir le plus grand produit des arbres « en les dépouillant quinze à trente jours plus lard. Il faudrait aussi déterminer les quantités de feuilles des quatre variétés nécessaires pour produire t kilogramme de cocons , et résoudre plusieursautres questions relatives à l'âge desarbres, à leur mode de plantation, de culture et de taille, etc. Tous ces objets pourront fournir matière à des travaux subséquents.
De pluS; page 19 de notre notice sut les éducations de 1840, on verra que les œufs de septembre ne valaient pas ceux de juillet.
Influence de la variété du "mûrier. — • Cette question est résolue dans nos trois mémoires sur le mûrier. Il reste à déterminer l'influence des mûriers sur les propriétés physiques de la soie. Cette seconde partie de la question sera traitée dans mon quatrième mémoire sur hptvdt4ction d& la soie que je rédige en ce moment.
Influence des terrains. •— Le même mémoire traitera celte question.
ïo« QUESTION. — Existe^t'il des plantes non encore mdiquées, propres à la nourriture des vers à soie,, au moins.
(7) pour quelque temps ou en quelqtiun de leurs dges , et quelles sont celles qui peuvent être plus utilement employées à cet usage, en comparaison des plantes déjà connues?
J^ai traité la question des succédanées dans la notice de 1 838. Je ne crois pas possible de remplacer la feuille du mûrier ^ toutes les tentalives faites jusqu'ici ont été inutiles : il devait en être ainsi.
II* QUESTION. — Quelle influence peut avoir la méthode d éducation sur la qualité de la soie?
Cette question sera traitée avec soin dans le mémoire que je rédige en ce moment.
I a» QUESTION. — Quelle influence peut avoir sur la pro^ duction et sur la qualité de la soie la manière défaire la graine^ c'est-à-dire en des lieux plus ou moins éclairés» plus ou moins aérés, plus ou moins secs ^ de laisser les papillons plus ou moins accouplés, de se servir dun mâle pour plusieurs femelles , etc.?
Je crois que ces différentes conditions n'ont pas d'influence sur la qualité àe la soie, qui dépend surtout des procédés de filature; mais elles peuvent influer sur la bonne constitution des vers. M. Loiseleur-Deslongcfaamps a résolu la plupart de ces problèmes dans ses curieuses recherches. Nouvelles considérations sur les ver^ à soie ,
1 3« QUESTION. — Quelles sont les meilleures méthodes pour la conservation de la graine ,• convient-il mieux de la laisser attachée aux linges ou de la détacher ,• est-il utile de la tremper dans du vin ou dans un autre liquide ?
La conservation de la graine a été étudiée avec soin dans^ notre notice de i84i» Nous prescrivons de faire pondre sur des papiers doubles , de ne pas détacher et d'éviter l'emploi de toute espèce de liquide.
Voir aussi les intéressantes expériences de M. Loiseleur-Deslongchamps , loc. cit.
i4* 9ustTiON. -^ Qu9lle ëêt to m^illeum méthode A nU^te pour ^npéchertmdé^hjfpemem trop précoce de la graine pour les éducations du printemps et de le retarder peur celles de TauUmme ?
D«ns la Botioe de t84t i nous indiqilotiè h^e meillent^ ttioyens de oonservation de U graine.
i5« QUESTION. — Quelle est t époque la plus convenable ^ en général et par chaque localité , pour commencer le de'* veloppement de la graine^ vat^il mieux t anticiper ou le retarder?
Noire expérience de i84if deuième mémoire sur le mûrier, démontre, de la manière la plus évidente , les avatitages des éducations précoces. Quant à ce qui reg^arde chaque localité en particulier, elle devra consulter les chances de gelées tardives et commencer le plus tôt possible, en tenant compte de ces chances.
i6* QUESTION. — Quelle est la chaleur là plus convenable pour faire éclore la graine; vauuil mieux sé servir de la chaleur humaine, ou de la chaleur atmosphérique ^ ou de ta chaleur artificielle ; quelle est Futilité des appareils à incubation, et lesquels doit-on préférer?
Nos eipériences de i84oet i84t ne nous laissent aucuft doute sur les avatitages d^ûne température modérée de 25 degrés centigrades et les inconvénients d'une température plus élevée de 3o degrés. Notice de i84o, p« uof notice de i84i » p» 3o.
Quant aux appareils destinés à Tincubation, dont uu grand nombre a été proposé, nous n'hésitons pas à les condamner de la manière la plus formelle ^ coknme étant une des causes les plus fréquentes de Taltération profonde de la constitution des vers*
De la muscardine, par Robinet, deuxième édition, p. 33.
I j» QUESTION. "^Quelle est ta période de temps ^ depuis
U motnêm oU la graine tommenàû à éttore jusqu'à Tachée cernent des cocons^ dans laquelle F éducation des vers à soie doit dire achevée^ afin i obtenir^ a^ec la moindre dépense, la plus grande quantité, et, dans le ménie temps, la plus belle qualité de soie?
Je dois faire remarquer que, dans la plupart dés questions, on comprend Tinioenee de certaines conditions sur le produit naturel , les cocons^ et sur le produit artificiel, la 8oîe. Or ce sont deux ordres de bits entièrement dis* tincts ; les qualités de la soie dépendent infiniment plus des procédés de filature que des procédés d'éducation.
Quant à la durée des ëducatioAs qui parait le plus fevomble au succès, huit années 4'expérience personnelle nous permettent d'affirmer que les éducations les plus courtes sont les meilleures , et qu'il y a beaucoup d'inconvénients à les faire durer plus de trente jours.
La démonstration de ce fait est bien facile : les éducations sont courtes quand on remplit avec exactitude les prescriptions rationnelles des meilleurs auteurs anciens et modernes ; elles sont longues quand on néglige les principes. La conclusion est évidente : il faut abréger.
Quant aux reproches de quelques filateurs qui ont assuré que les éducations courtes donnaient de mauvais cocons, ils peuvent éiVQ fondés quelquefois ; cela peut arriver lorsqu'on abrège forcément une éducation, en tenant les vers à une haute température, sans avoir soin de proportionner le nombre des repas à la chaleur. Dans ce cas, on peut avoir de mauvais cocons en peu de jours \ mais il est bien entendu que l'éducation courte exige ces deux choses x chaleur et alimentation fréquente et abondante.
i8* QUESTION. — - Convient-iVde donner aux vers à soie, dans leur premier âge y de la feuille coupée ; quels sont les avantages et les inconvénients qui en résultent^ quels sont les avantages et les inconvénients qui résultent de Ih plus ou moins grande division de la feuille^ quelle est
la machine ou fUutrummt le plus propre à la dwiswn de la feuille et qui F altère le moins ?
La qaestioD de savoir si ToQ^doil donner de la feniUe coupée aux vers est également facile à résoudre.
Oiif 9 il faut couper la feuille si on donne des repas fréquents. i
lioni il ne faut pas la couper si on donne seulement quatre à six repas.
En effet, dans ce dernier cas, la feuille se fanera et se desséchera d'autant plus qu'elle sera plus divisée ^ il vaut mieux alors la donner entière.
Dans le premier âge , il faudra toujours couper la feuille; sans cette précaution, les vers deviendront vite inégaux, par la difficulté d'arriver en même temps sur la feuille fraîche , et d'ailleurs les dédoublements et délitemenls deviendront presque impossibles.
Dans les autres àges^ on pourra se dispenser de couper la feuille si elle est petite. Si c'est du mullicaule ou du mûrier à très-large feuille^ il faudra couper.
Il faudra couper aussi lorsque la feuille contiendra beaucoup de rameaux et de mûres; on enlèvera ainsi une grande partie du bois et des mûres qui resteront au fond des corbeilles.
Je connais vingt coupe -feuille ; ils sont tous compliqués ou imparfaits. Pour le premier âge, des couteaux suf' fisent. Nous avons aussi pour cet âge un coupe-feuille décrit par ma sœur, madame Millet, et qui consiste tout simplement en une petite boite ^longue^ à l'extrémité de laquelle se trouve un rouleau de bois mobile. La main gauche passe la feuille sous c(b rouleau , qui se soulève , et la main droite coupe avec un couteau la feuille qui dépasse le rouleau.
Le hache«paille polonais , heureusement modifié par M. Geffray , de Montgeron ( Seine-et-Oise) , me parait aussi le coupe-feuille le plus commode et le moins cqu<teux.
ig* QDE8TION. — . Quel est le nombre le plus côni^enable ^ repas pow* chaque dge , dans te bui ^arrîifer à la plus petite consommation defeuUle^ sans préjudice pour la pro^ daction ?
Le nombre des repas doit être proportionné à la tempe* rature. Suivant nous , il faut donner de la feuille fraîche toutes les fois que les vers ont consommera feuille des repas précédents, ou aussildl qu'ils la dédaignent, parce qu'elle est fanée ou souillée.
Nous pensons donc qu'il faut douze repas au moins dans les deux premiers âges et même dans le troisième ;
Huit repas dans les au très âges, de trois heures du matin à onze heures du soir. lia muicar^ime^ par Robinet, i845.
Quant à Tinconvénient de consommer un peu plus de feuille , on voudra bien remarquer qu'un kilogramme de cocons par once d'œufs, en plus, paye 5o kilog. de feuille !
ao* QUESTION. — Convient-il de continuer à donner de la feuille aux vers à soie pendant le temps oîi la plus grande partie d^ entre eux se trouve dans T assoupissement , et doit-on leur en donner imrhédiatement après le réveil?
Cette question est celle des dédoublements ou classe-* ments.
Je n'admets pas qu'on puisse imposer un jeûne quelconque aux vers, soit avant, soit après la mue ; il doit en résulter infailliblement une grave altération de leur constitution.
En conséquence, j'exige qu'on fasse des dédoublements avant la mue, pour enlever avec le Êlet les vers qui mangent encore , et, après la mue , pour séparer les vers réveillés les premiers.
Pour qu'on pût faire autrement sans danger, il faudrait au moins abaisser la température pour les vers qu'on fait jeûner ; mais , si on agit ainsi, on retarde la mue des autres*
Les dédoublements remédient à tout et classent admiirablement les vers.
oti^ quESTunx* — ^ Lorsque hs vers à soie ne numgent ^i pas la feuille sur UufUette ib se trou%»ent , comdenl^il de leur donner de la nous^Ue feuille fraîche ^ et dans quelles f circonstances fauuil faire cela > ou doit-^n, au contraire^ ? attendre que , poussés par la faim , les vers finissent par la manger?
Je peose qu'on peut exiger de» Ten» qu'ils consomment la feuille encore bonne, mais non la feuille fanée. On facilite cette consommation en remuant la surface de la litière, qui se compose de bonne feuille. Voir la notice de 1839, p. 17,
Maisi lorsque la feuille est fanée, il serait dangereux même d'obliger les vers à Ja consommer.
Du reste, nous avons iadiqtié dans nos travaux le meilleur moyen de faire consommer la feuille tout entière ; ce moyen est V arrosage de la feuille. La feuille mouillée se conserve fraicbe^ les vers n'en laissent rien. On verra des faits curieux à- ce sujet dafis notre mémoire sur les races, p. 37, et dans Touvrage sur la muscardine, st*" édi* tion^ p. 279.
aa" QUESTION. — Quelle est T influence que peut exercer T administration de lajeuille mouillée sur la santé des "vers et le succès de F éducation P
Nos notices de i84o et 1841 , l'ouvrage suri la muscardine et le mémoire sur les races répondent complètement à cette question \ il me parait inutile d'y revenir ici (i).
a3* QUESTION. — Quelle est la méthode la plus cont^noble pour faire sécher la feuille P
Nous avons indiqué, dans AOtre deuxième notice sur les éducations de i838 , p. 6 , un bon moyen dé sécher la
(i)Od comprendra sans peine la nécessite dans laquelle je me trouve de renvoyer souyent à des ouvrages publiés, pour éviter de donner à mes réponses uoe étendue démesurée.
feuille } il oonsi$te tout simplement dans ladditioD ^ à la |feuUle mouillée, d'une certaine quantité de son : cette poudre grossière suffit pour absorber Teau excédante qui se trouve à la surface des feuilles. Du reste, nous pensons que la mouillure de la feuille ne peut avoir d'inconvénient [qu'autant qu'on a des tables en planches et pas de filetsdans tout autre cas , la feuille mouillée ne présente aucun dangeré
. 24' QDESTiQjr. — Les vers à soie peuvenu^ils être rendui ffialades par la feuille qui est frappée par la grêle ou fégèrement touchée par le gi^^re ?
Je ne le pense pas 5 on a cru observer le contraire, on b'est trompé, selon moi, sur la véritable cause du mal surtenu aux vers : probablement on les a laissés souffrir de la ^im, soit en leur donnant peu de feuille, dans la crainte d'en manquer après l'accident qui Tavait mutilée, soit en ne tenant pas compte des parties de feuille que les vers ne pouvaient manger,
25* QUESTION. — {Quelles sont les causes qui font sécher ks feuilles du mûrier^ peut-on administrer aux vers à foie des feuilles qui soient en partie sèches , sans crainte de dommage ?
En Usant ^on ouvrage sur la muscardine, on s^e convaincra , je pense, qu'il y a un grand danger à administrer aux vers des feuilles plus ou moins desséchées.
Mais il y a une autre espèce de dessiccation à laquelle la feuille est sujette , c'est l'excès de maturité. Qu'on lise le premier mémoire sur le mûrier, el on verra la différence fie présentent ies feuilles jeunes et les f^iilles mares, quant à la. proportion d'ea^ qu'elles renferment.
26« QUESTION. •— Est-il Utile de donner aux vers à ^ie lajeuille immédiatement après V avoir détachée de Farbre^ it dans quelles occasions pourrait-on faire cela P
Le bon sens, la nature, l'expérience, la théorie, tout
nous dëmonire la nécessité de donner la feuille aussi tnXche que possible ; mais il est évident que de la feaîlli cueillie en plein midi et rentrée toute chaude n'est plut de la feuille fraîche : celle-là, il faut la laisser refroidir^ er couches miuces, sur le sol, dans une cave ou un cellier.
37* QOESTioH. — Quelle est la meilleure méthode pom conserver à la feuille détachée de r arbre les qualitéi (ju'elle doit ayoir, lorsque ton ne veut pas ou que ton ne peut pas T administrer aux vers à soie aussitôt qu'elle a été )ûueiUie?
La feuille doit être conservée, en couches minces, danî un lieu frais^ ni complètement obscur ni trop éclairé.
Le but qu'il s'agit d'atteindre est !<» d^arréter \dL végétation dans la feuille qui ne reçoit plus rien de la branche dont elle a été détachée ; 2^ de retarder la dessiccation de la feuille sans provoquer sa fermentation.
On y parvient en disposant la feuille comme je viens d^ le dire , et en évitant d'emporter des rameaux avec elle ; il est constant que (a feuille ^ur rameaux se fane plus vite que la feuille détachée.
i8* QUESTION. — Les vers à soie auxquels on a cessé dl administrer des aliments at^ant qu'ils soient mûrs peuvent-ils, et après combien de jours, à partir de la dernière mue, commencer à tisser leur cocon et le finir?
Les vers pour lesquels l'alimentation est interrompue trop tôt deviennent, en général, courts ou flats^ ils sont perdus dans lès deux cas.
ag* QUESTION. -^ Combien de jours les vers à soie peu^ %fent'ils, dans leurs différents âges, vii^re sans alim&Us ; après combien de jours d'une diète absolue n' ont-ils plus la force de manger, ne sont-ils plus aptes à accomplir les périodes de leur vie et à faire leur cocon ?
M. Loiseleur-Deslongchamps a fait de curieuses expériences à ce sujet.
Boissier de Sauvages en avait déjà parlé.
En général , on s'était demandé combien de temps on pourrait faire jeûner tes vers pendant an temps pluvieux , pour éviter de leur donner de la feuille mouillée.
Aujourd'hui qu'il est établi que la feuille mouillée est plutôt utile que nuisible , cette question du jeûne des vers perd tout son intérêt.
3o* QUESTION. — La propriété des vers à soie de vivre pendant plusieurs jours sans aliments , fait peu connu et qui induit en erreur les cultivateurs, n'est-elle pas une des causes principales du mauvais résultat de plusieurs édw cations ?
Il est évident que les vers peuvent jeûner quelque temps sans trop d'inconvénients , pourvu qu'on prenne soin d'abaisser la température de l'atelier; mais, sans cette précaution, le jeûne devient funeste.
La nature a prévu que les animaux seraient souvent exposés à manquer d'aliments; nous en voyons qui peuvent s'en passer pendant plusieurs jours, d'autres pendant des mois entiers^ quelques-uns enfin pendant une grande partie de l'année.
Est-il nécessaire de rappeler que les papillons du ver à ftoie n'ont aucun organe propre à l'appréhension des ali- ; ments et vivent sans nourriture aucune pendant huit et dix jours?
On peut conclure de ces faits que les jeûnes modérés n'auraient pas de grands inconvénients pour les vers si Ton avait soin d'y joindre la condition favorable d'une température autant abaissée que possible.
3i* QUESTION. — Quelle quantité de feuille faut-il par chaque once ou pour toute autre quantité de graine , afin d'obtenir la plus grande quantité de soie et de la meilleure qualité?
Il est démontré , par mille faits, que l'éducateur pru-
dent doit avoir à sa dUpofition looo kibg« de feuille pmét par chaque once d'oBuËs de 3i grammes.
Mai» il est néceaaaire de ne pas confondre lOoo kilog* de feuille pesée avec lOOo kilog. de feuille estimée sur les arbres ) car ces iqoo kilog. prétendus se réduisent a 720 kilog. de feuille réelle, qui sont insuffisants pour alimenter convenablement 4o,ooo vers.
Sa* QUESTION, --^ QuelU est V influence que peut a\H>ir sur la consommation d'une plus ou moins grande quantité de fouille tétat météorologique de F atmosphère 9 et suT" to^t une température plus ou moins élevée dans V atelier oii ton élèye les vers à soie ?
Ou p^rd d'autant moins de feuille qu'elle est plus jeune, plus fraîche, moins chargée de rameaux.
Par conséquent! les éducations précoces, qui s'achèvent avant les grandes sécheresses, exigent un poids moindre de feuille*
On peut dire, à la vérité , qu*en cueillant les mûriepv p)us t6t ils donnent moins de feuille ; aussi ne £aut«^il pas tomber dans Texcés contraire; mais il suffit d'avoir vu une fois rénorme quantité de feuille qui reste dans les litières* dans les éducations tardives , pour être convaincu de l'avantage des éducations plus précoces.
Quant à rinftt^enoeque peut avoir sur la consommation de la feuille la température de Tatelier, il est évident que le nombre des repas doit être proportionné à la température, o'eslrà*tdire qu'à quantité égale de feuiile , si l'atelier est très-tchaud^ il faudra diviser la feuille en douj^ repas , tandis qu'on pourra la donner en. huit et même six repas si la magnanerie se maintient à une température peu élevée*
La raison en est hieiit simple ; daivi la magnanerie chaude, la feuille se Cttne promptement , le ver la laisse et il faut la remplacer ] dans la magnanerie fraîche , la feuille ae coU'* serve, etc.
33e QtnesTiOK. — Quels sont la température et Tétai hygrométrique de ïair qui conviennent le plus aux vers à Soie dans leurs différents âges , et quelles influences peu^ 9ent-ils avoir Vun et Vautre sur la quantité et sur la qualité du produit ?
Ces questions sont résolues dans nos différentes publi'^ cations et résumées dans le Traité sur la muscardine,
JA température de a5 degrés centig. , à laquelle les «rera sont nés, devra être maintenue, autant que possible, pendant toute Tédoeation , et même pendant la montée et la confection du cocon.
La recommandation irès-sage de Dandolo , qui pensait qu^on devait abaisser la température à i6 degrés Réaumur dans le dernier âge , soit 20 degrés centig. , était fondée sur la difficulté des délitements et le danger de la fermentation des litières. Si Dandolo avait eu le bonheur de connaître T usage des filets , ce célèbre éducateur aurait aussi , comme nous , maintenu la température de son atelier à a5 degrés centig. pendant toute la durée de Téducation.
Quant à Tétat hygrométrique le plus favorable, je dois renvoyer pour cet objet à nos expériences de i84o sur les éducations sèche et humide, et à tous les auteurs cités dans le Traité de la muscardine.
On en conclura, sans doute, comme moi, que Tair doit être eniretehti Irès-humide , surtout soùs le climat du Piémont et du Milanais.
34* QUESTION. — Quels sont les moyens les plus conve^ nobles pour procurer artificieltement aux vers à soie , dans leurs divers âges, la température et F état hygrométrique de Tair qui leur sont favorables ^ soit par rapporta la production^ soit par rapport à la qualité de la soie?
Ces moyens sont aujourd'hui très-simples. M. d'Arcet a posé les principes. Avant lui, dès 1800, M. Rigaud, de Lille , avait résolu le problème ; Dandolo Ta fort avancé
de 8on c6té : les Chinois Ta^ietit aussi résolu à leur manière.
Il nous restait à simplifier ^ c'est ce que nous avons fait par la publication du Plan d'une magnanerie de i^tmces.
Ceux qui voudront faire un atelier plus considérable et un calorifère trouveront la description de celui que nous avons exécuté avec un plein succès , dans la notice de 1839, i^ partie, p. oS.
35* QUESTION. — Les variations dans F état électrique de Tatmosphère ont-elles quelque influence sur les vers à soie et sur la qualité de la soie ; dans le cas où elles en ont, quelle est-elle?
Je crois que l'état électrique de Tatmosphère agit sur les vers a soie comme sur tous les êtres ; mais cette action est insignifiante quand elle ne se complique pas.
Ainsi les vers ne souffriront pas de Tétat orageux de Tatmosphère quand ils seront bien aérés , que les litières ne fermenteront pas, que la chaleur ne deviendra pas excessive et que les repas ne consisteront pas en une feuille fanée et molle : or ce sont là les inconvénients qui se ma« nifestent le plus ordinairement en pareil cas -, il dépend de Téducateur de les éviter.
36* QUESTION. — Quelle est l'exposition la plus çom^e-^ nahle des ouvertures des ateliers dans lesquels on tient les vers à soie^ le rez-de-chaussée est » il préférable aux étages supérieurs, ou ceux-ci le sont- ils au re$^de* chaussée?
Ce qu'il importe avant tout , c'est de maintenir une température uniforme dans Tatelier^
Or ilest évident que, si Ton tourne une de ses grandes faces au rnidi^ toute une moitié sera plus chaude que Tautre j cependant il n'en sera plus ainsi lorsqu'on sera défendu du soleil par un abri quelconque.
On ne peut donc pas proposer de principe absolu; mius, en général « on mettra le grand axe du bâtiment dans la ligne du nord au sud.
Je Mis qu'on redoute le» fenêtres ooTertet à l'ooetl ou à cerlaitu venta ordîoairet dans quelques contrées.
n £ittC tenir compte de ces observations.
J'ai posé le principe : arranger les choses de manière à partager le plus également po&sible l'action du soleil sur les diverses parties de Tédifice.
Quant à la préférence du rez-de-chaussée ou du premier étage, on peut voir que , pour chauffer régulièrement, il faut absolument placer les calorifères ou poêles en contre-bas deTatelier. Il n'y aura donc aucun inconvénient à faire la magnanerie au rez-de-chaussée, pourvu qu'on puisse disposer d'une cave pour la chambre chaude ; je crois même que cette disposition est préférable pour le midi, de même qu'un premier étage vaut mieux pour le centre et le nord.
37^ QUESTION. — Convient-il de tenir les vers à soie dans des lieux ouverts , dans lesquels Tair soit parfaitement identique à celui de T extérieur ^ y aurait- il des localités ou des âges des vers à soie où cela pourrait convenir?
Étant une fois convenu d'entretenir la température des ateliers à ^5 degrés centig. , il est clair qu'on pourra , avec avantage, ouvrir portes et fenêtres toutes les fois que la température extérieure atteindra ou dépassera ce degré. On sait qu'il se fait en Italie , sur le lac de Côme , par la famille Rejna, des éducations admirables pendant lesquelles, surtout à la fin , on donne un libre aocèa à l'air extérieur.
iS^ QUESTION. -^ Quelle influence a sur la réussite des vers à soie et sur la qualité de la soie une plus ou moins grande quantité de lumière dans l'atelier , particulière^ ment après la dernière mue?
Comment douter que la lumière soit une chose nécessaire à la prospérité des vers à soie 7 Ne sont-ils pas destinés, par la naturoi à vivre sur des arbres? Éclairez donc vos magnaneries, fortunés habitants du Midi^ quine crai^
gnez pas le froid^ et nous , hommes du Nord , ne cachoni» pas le peu de soleil que nous avons, dussions-nous brdler quelques fagots de plus pour faire compensation à la perte de chaleur qu'occasionneront nos nombreuses fenêtres*
Sg* QUESTION. — Les feux de flamme dans t atelier sontils utiles , et comment doit-on les faire dans le cas où. ils seraient reconnus favorables ; quels sont les âges et les circonstances dans lesquels cela pourrait convenir ?
Les feux de Damme doivent éire proscrits dans une magnanerie bien établie et convenablement aérée.
Dans une chambre ordinaire, momentanément consacrée à réducation des vers à soie, on pourra faire des Feux de flamme dans la cheminée seulement^ lorsque la stagnalion de Tair empêchera son renouvellement; lorsqu'une mauvaise odeur se manifestera dans Tatelier ; au moment des grands délitements du cinquième âge *, dans les touffes; pendant les pluies qui engendreraient une humidité excessive.
4o* QUESTION. — Quels sont les moyens qv! il faut em ployer, soit pour éviter que F air dans les lieux où Ion élève les vers à soie devienne vicieux j soit pour le purifier y dans le cas oà il serait altéré?
Cette question est suffisamment résolue dans mes trois mémoires sur la ventilation , 1839, i84o et 184 1 9 et la note sur la ventilation horizontale et inclinée, i84i-
On en trouve le résumé et Tapplication dans mon plan de magnanerie.
En uti mot, le seul moyen rationnel d'éviter la viciation de l'air dans une mi^gnanerie est le renouvellement de cet air altéré par dé l'air pur.
C'est en vain qu'on voudrait purifier l'air : cette prétendue purification est un piège; on pourrait tout au plus détruire quelques miasmes ou enlever ui^ peu d'ammoniaque répandue dans l'air; mais comment refaire l'aiir décomposé et lui rendre l'oxygène absorbé?
L'aéralioDi devenue ai simple el si peu coûteuse, résout toutes les difficultés d'un seul coup : il est inutile de cher* cher d'autres moyens.
4i* QUESTION. — Les lieux dans lesquels on élevé les vers à soie doivent-ils être ptvportionnés à leur nombre -, quelle est cette proportion dans chaque âge ?
Il est impossible d'assigner^ pour chaque âge et à l'avance , des espaces ou surfaces exactement déterminés. La raison en est simple : ces espaces varient en raison du nombre des vers conservés après chaque mue 5 ils varient encore en raison du volume acquis par les vers à chaque âge, et enfin suivant la race élevée, car les unes donnent des vers doubles des autres.
La seule chose qu'il me paraisse possible de fixer, c'est le maximum d'espace ou de surface nécessaire pour une éducation réussie et pour une grosse race.
Cette surface ne sera pas moindre de 4o mètres carrés pour quarante mille vers j ils seront occupés si l'éducation n'éprouve aucun accident. Dans le cas où Ton perdrait un certain nombre de vers, il restera quelques mètres inoccupés qui serviront à disposer des balais pour transporter les burnous ou retardataires.
Quant aux espaces occupés par chaque âge, il me parait inutile de les fixer. Les vers, en sortant de la chambre d'incubatfon ou du petit atelier, seront disposés par bandes, au centre des claies ou tables 3 ils s'espaceront d'euxmêmes et finiront par couvrir toute la surface des tables.
Comme il y aura lieu de faire des dédpublements ou classements , on aura soin de ne mettre des vers que sur la moitié ou même le tiers des tables , de deux en deux ou de trois en trois, en hauteur.
Les tables réservées seront garnies à mesure des dédoublements qui auront lieu , surtout en enlevant les vers qui mangeront encore, alors qu'une partie sera déjà endormie.
Par ce moyen , les vers les plus avancés pourront opérer
le«r moe innqiiilleraeiit el nus être enfouis sotts la litière de eeox qai ont encore besoin de feuille.
4^* QUBsnOH* — Combien de fois, suivant les circon" stances^ doit^on enle^^er la litière des vers à soie pendant chaque âge?
Les délitements pourront être plus ou moins nombreux suivant U nature des tables et les procédés d'éducation ; la saison pourra aussi avoir de rinfluence sur leur nombre.
Quant à nous , avec nos tables en canevas et notre feuille mouillée à tous les âges , voici le nombre de nos délitements pour une éducation de vingt-huit à trente jours :
Premier âge, un ou deux délitements \
Deuxième âge, un idf.;
Troisième âge, un idf.;
Quatrième âge, deux idf.;
Cinquième âge, trois, rarement quatre.
Du resie, les délitements sont si faciles et si rapides avec nos Cables et nos grands filets, quMl nous serait indifférent de les multiplier. Nous pourrions déliter tous les jours dans le cinquième âge, sans augmenter notre personnel.
On placerait les filets sur les vers le matin, et dans la journée, quand on cesserait de cueillir de la feuille à cause de la chaleur, on enlèverait les litières.
Il ne faut pas plus de cinq minutes pour déliter un châssis de 5 mètres i/a carrés (5o pieds carrés de surface).
Avec des tables en roseaux ou osier, couvertes de papier, il faudrait faire six délitements au moins dans le cinquième âge.
Enfin, sur des planches, nous pensons que les délitements journaliers seraient indispensables.
43'' QussTioir. •— Quelle est la manière la plus conye^ noble ^enlever les litières aux vers à soie et de leê transporter (fun lieu à un autre P
Notre procède est êi simple ei si peu coâ(6Qx, qu^il finira par éire adopte par tous les éducateurs : on le trouvera décrit dans les notices de i838 et 1839 sur nos éducations.
J'ajouterai seulement que le procédé n'est pas moins bon sur des tables non mobiles. Après avoir suspendu le filet chargé de vers aux chevilles du châssis supérieur, oti roule sur lui-même le filet couvert de litière , et on remporte sur Tépaule ou dans une corbeille.
Il m'est bien agréable de pouvoir offrir a l'Académie un modèle de ces appareils (1).
On remarquera que , dans noire système , les vers ne sont transportés que pour les dédoublements et les éclaircissements; jamais pour les délitements.
44* Qt7BSTioii. -^ Quels sont les moyens les plus œn-pénables pour éifiter Thumîdiié des litières et assainir celles-ci ?
Ainsi que je l'ai dit à propos de la question précédente, on trouvera dans nos notices de i838 et 1839 la description d'un système de tables que je crois supérieur à tous les autres par sa simplicité , ses avantages et son bas prix.
Le modèle que j'envoie a l'Académie en donnera une idée.
On verra, sur ce modèle ,
i» Les châssis ou tables mobiles dans lesquelles le canevas est monté sur des rouleaux \
a"" Les tables fixes san.<^ rouleaux;
'i^ Les tables susceptibles de se démonter, pour employer l'atelier à d'autres usages, après l'éducation.
Il est facile de comprendre que l'emploi des toiles ou canevas résout la 44* question. Il n'y aura jamais d'hu-
(i) Cette notice ^tait accompagnëe d'an modèle au dixième de nos tables en canevas.
midité sur des tables à jour comme celles-là ; de plus , h facilité qu^OD aura, après réducation, de démonter les toiles et de les mettre à la lessive sera une puissante garantie contre les maladies contagieuses.
On voudra bien remarquer la simplicité du moyen employé pour tendre et détendre à volonté les. tables en toile ou canevas.
Les tables en canevas , faites avec soin , reviennent à loo fr. au plus par once. Il est certain qu'elles peuvent coûter beaucoup moins, quand on a du bois à sa disposition et des toiles claires peu coûteuses.
On aura soin de ne pas faire raboter les bois , et de les laisser avec le trait de scie , afin que les vers ne tombent pas quand ils s'y attacheront lors de la montée.
L'usage des plancher»^ dont on voit un échantillon dans le modèle , présente d'immenses avantages pour le service et pour la surveillance. Â tout moment, sans aucune peine, ou peut visiter et examiner toutes les tables, sans échelle, sans danger, sans bruit.
La grande surface de nos tables et de nos MIets réduit la main-d'oeuvre du travail intérieur dans une très-forte proportion.
45* QUESTION. — Quelles sont les maladies par lesquelles sont attaqués les vers à soie , quelles sont les causes qui les engendrent y et comment peut >• on les prés^eniret les traiter?
Mon ouvrage sur la muscardine répond à cette question quant à cette dernière maladie.
Relativement aux autres affections auxquelles est sujet le ver à soie, je n'ai rien de particulier à dire. Je recommande à l'Académie la brochure de M. Aymar, que j'ai fait ]?éimprimer dans le cinquième volunie du Propagateur de T industrie de la soie , par M. A. Carrier.
Ma brochure sur la muscardine contient aussi quelques considérations sur les gras , les morts-flats , les jaunisses. Cette matière nécessite de nouvelles études } mais il est
ayjdçnt qu'on évite à peu prés toutes les maladies pai^ des procédés rationnels d'éducation.
46" QUESTION. — Les vers à soie sont-ils sujets à des maladies contagieuses y et quelles sont les, maladies qui peuvent être considérées comme telles ?
Je crois à la contagion de la muscardine. Les aujlres maladies sont épidémiques et produites tantôt par la saison, la qualité de la feuille , la viciat^on de Tair, et le défaut d'équilibre entre les fonctions d'exhalaison du ver et la réparation qu'elles rendent nécessaire.
47" QUESTION. — Peut-on és^iter les maladies qui atta* quent les vers à soie , et quels en sont les moyens , partie culièrement pour celle connue sous le nom de calcine o mal del segno , nommée par les Français muscardine -, les méthodes proposées par le docteur Bassi et autres sontelles suffisantes pour és^iter lesdites maladies ?
Mon ouvrage, sur la muscardine répond à cette question.
48» QUESTION. — Quelle influence peut exercer sur là santé et sur la réussite des vers à soie F usage de les tenir, pendant le dernier assoupissement , en des lieux fermés , oii la température est plus élevée que celle de C extérieur, et bien qu'on renouvelle F air avec le feu dune cheminée ou d'im poêle ?
Ces diverses circonstances sont étudiées dans l'ouvrage précité.
49* QUESTION. — Que doit'On préférer des planchers de bois, des claies en roseaux , du papier soutenu par des ficelles ou du fil métallique, ou enfin de la toile P
Il suffit d'établir les principes de la salubrité pour résoudre cette question. Les vers à soie sont dans les coii' ditions les plus favorables, quand ces conditions se rapprochent te plus possible des circonstances naturelles.
Ch le ver à soie esc desiiuè à wte en plein air^ ras*pendu aux branches du mdrier.
Des planches pour le recevoir sont évidemment ce qui S^élolgtie le pi os de cette condition.
Des toiles claires, sans papier, s'en rapprochent plus que toute autre chose.
Les toiles ont, en outre, les avantages que j*ai décrits plus haut ; il me parait inutile d*y revenir (voir les questions 4^* et 440*
5o* QUESTION. — Le choix eu la disposition des obfets dont Von se sert, ou dont on pourrait se servir j pour donner le bois aux vers à soie , ont-ils quelque influence utile ou nuisible sur ceux-ci ^ dans le cas àii ils en ont, comment T exercent' ils?
On a proposé un grand nombre de tiges rameuses pour donner le bois aux vers à soie \ je les ai presque toutes essayées : la bruyère, le genêt, le bouleau, les sarments de vigne, le colza, la chicorée sauvage, Tescoupette, les asters, certains chèvrefeuilles, le vélar, le chondriltajuncea, les armoises, et d'autres plantes annuelles ou vivaces. On a proposé aixssi des baguettes de bois fendues à la scie et disposées de diverses manières, j'en ai fait Vessai *, les copeaux, des morceaux de papier, des casiers en carton, etc.
Tout cela est bon ; il faut se servir de ce qu'on a.
Cependant il y a deux circonstances dont il faut tenir compte.
Le ver à soie est doué d'un odorat très-fin -, certaines odeurs peuvent lui déplaire.
En second Heu, son corps délicat peut élre bWssé par des corps durs ou épineux.
Enfin le ver aime évideomeoi les rameaux touGEus, mais composés de brins flexibles qu'il puisse écarter à son gré et fixer avec des brins de soie de nanière à ménager la place que doit occuper le cocon bien régulièrement tiseé.
Ces explications ne permettent pas de s'étonner de la
préférence que le Ter k soie a montrée, <kns une foule de lieux , pour le colza et la bruyère, et, cher nous, pour le vélar.
Je n^héaiterai donc pas à donner la préférence à eea troia plantes, toutes les fois que j'en aurai à ma disposition. Les asters, Tescoopette et les armoises me paraissent à peu près aussi bonnes.
Mai^ ce qui importe aussi beaucoup, c'est Tarrangement à donner à ces matériaux ; cet arrangement a une influence directe sur les vers, et par conséquent sur le produit de Téducation.
1^ Il faut que le bois puisse être donné très-rapidementj de manière à ne pas faire attendre les vers.
2** Il faut qu'il soit disposé de telle sorte que les vers le trouTcnt facilement et puissent y grimper sans difficulté,
3*» Le bois doit être abondant^ c'est-à-dire offrir aux vers un grand choix de supports.
4^ Le ramage ne doit pas nuire à la circulation de l'air.
5*" Il ne doit pas empêcher de donner des feuilles aux vers qui en cherchent encore.
6^ Il ne doit pas encombrer le filet, mais laisser^ au contraire , toute facilité pour enlever la dernière litière , aussitôt que la grande majorité des vers a fait son ascension.
7*^ Enfin il faut tâcher d'obtenir tous ces résultats à peu de frais.
Nous y sommes parvenus par un procédé de la plus grande simplicité et qui n'entraîne aucune autre dépense que l'achat du bois lui-même; il consiste dans l'emploi des balais, convenablement faits et posés avec intelligence.
Je vais le décrire avec détail, parce que je considère cette amélioration comme très-importante.
Nos tables sont en cs^nevas ou toile claire; elles ont 5 mètres de long et i*,i6 de large.
Nos toiles sotit tendues par des cordes sur des cadres do bois dont les pièces ont 55 millim. de largeur.
tes cadres ont des bordures de ia même hauteur.
Quand Téducaiioa avance, nous faisons préparer^ avec du vélar^ du colza^ de la bruyère, des asters, de laehicorëe ou autres plantes rameuses réunies à cet efiFet , des balais assez forts > dont le pied peut avoir environ la grosseur du poigi^et, suivant que lés tiges elles-mêmes sont plus ou moins grosises et suivant ;que les sommités sont plus ou moins touffues.
Le corps du balai doit avoir à peu prés le volume d*un gros plumeau d'appartement ou d'un balai d'écurie : il a en tout 5o à 60 centim. de longueur.
Le balai est formé avec une poignée de rameaux réunis par une ficelle placée à i5centim« environ de l'extrémité inférieure des tiges ; cette ficelle, placée à cette hauteur et pas trop serrée , permet d'écarter en forme d'éyentail le pied du balai et, par conséquent , d'étaler aussi sa tête touffue.
Les tiges sont coupées d'égale longueur dans le pied , d'un coup de bâche.
Voilà tous les préparatifs qu'exige notre boisement : la confection des balais.
Lorsque le moment de ramer est arrivé, deux personnes se placent aux deux côtés d'une table, en face l'une de l'autre, et doublent le filet sur ses bords, de manière à faire une place pour le pied des balais , en dégageant 8 à 10 centimètres de la toile, le long des bordures. C'est sur cette partie libre de la toile que nous plaçons les pieds des balais , des deux côtés et en face les uns des autres ^ ils s'appuient alors sur le bois qui forme les cadres.
Les têtes des balais opposés sont inclinées vers le centre de la table supérieure *, ces téies se joignent et se soutiennent mutuellement : on les mêle, on les étale de manière à former sous la table supérieure une voûte de branchages épaisse^ ni trop serrée ni trqp claire. Au besoin , les cordes qui tendent les toiles servent à supporter les têtes des balais et à les disposer convenablement.
Les pieds des balais , étalés en forme d'éventails , gar-
Dissent en partie Tangle que forme la bordure des châssis. A la hauteur des liens , il reste un vide très-large pour passer la main qui distribuera les derniers repas ou enlèvera les retardataires.
Pour éviter que des vers courent sar les bordures, dans tout l'espace qui sépare deux montants, on fait passer pardessus la bordure quelques brins des pieds des balais; les vers rencontrent ces brins, les suivent et gagnent le sommet des balais.
Voilà donc des tables garnies , sur leurs deux cdtés , de balais dont les pieds o£Frent de nombreuses échelles aux vers ; mais , ces tables ayant i mètre 33 centimètres de large , il pourrait arriver qu'un certain nombre de vers qui ne se porteraient ni à droite ni à gauche, et suivraient , au contraire, le châssis dans toute sa longueur, ne trouvassent pas assez tôt un moyen de faire leur ascension.
Pour remédier à cet inconvénient, qui tient seulement à la largeur de nos tables, nous formons, au centre de la toile, une petite haie longitudinale et claire : elle se compose de rameaux flexibles fixés par le pied dans la voûte rameuse et dont la téie traîne sur la litière. Ces rameaux sont tous inclinés dans le même sens ; ils sont placés à la main avec une grande facilité.
Voilà tout ce qui repose sur le filet; mais il est facile de comprendre qu'il n'en résulte aucun inconvénient.
Au bout de vingt-quatre heures, quand la grande majorité des ver^ est montée, on enlève à la main ceux qui restent, les retardataires^ \esi burnous. Deux personnes se placent ensuite aux deux extrémités de la table; elles saisissent les quatre coins du filet, que rien ne retient, le reploient sur lui-même au centre de la table; puis Tune d'elles le tire dans te sens de l'inclinaison de la petite haie du centre. Cette petite haie vient en^ partie avec la litière ou reste en partie attachée à la voûte. Comme on a eu soin de placer ces rameaux la tête en bas, les vers ne s'y sont
p^ini arrêtés^ ou du moÎM en ti petit nombre^ qu'on peai \tê négliger.
Le filet , amené ainsi à Tune des extrémités de la table, est emporté avec la litière. Il reste un peu de celle-ci entre les pieds des balais | on Tenlève à la main. Les crottes eont ramassées sur la toile avec «ne carte } elles se réanisseot hcilement en tts en frappant quelqaes petits coups sur la loile.
Ainsi donc , par ce procédé aussi simple qu'économique et avec des balais grossiers, on rame les vers à soie de manière à remplir toutes les conditions que j'ai posées comme essentielles.
Huit années d'expérience dans nos propres établissements > l'adoption de ce procédé dans une foule d'ateliers, et notamment dans la magnanerie de la reine, à Neuilly, ne nous laissent aucun doute sur sa supériorité.
J'ajoute que nous n'avons jamais eu plus de 3 pour loo de cocons doubles, au lieu de 8, lo et même la pour loo qu'on a généralement avec les boisements insuffisants da ^fidi.
5i» QUESTION. — Après que les vers à soie ont commencé à monter j combien de jours faut-il attendre pour ôter et transférer ailleurs les retardataires qui mangent encore?
Quand les vers ont été bien classés par des dédoublements, il faut enlever les retardataires vingt*quatre heures après le boisement ; les laisser plus longtemps sur la litière que viennent de quitter les autres, c'est les expo«ser gravement. Il est bon de les laver et de les porter sur une table propre, boisée à l'avance. Après un ou deux te* pas, ils montent au bois aussi bien que leurs devanciers.
5a« QUESTioir. — Après auoirfait ce transport, peut-on, sans inconvénient, ôter immédiatement les litières, ou doit-on attendre que les vers à soie montés au bois aient ache^ le cocon P
Je considère comme très-important d'enlever, le plu» tôt possible, la litière des vers montés ) elle a été arrosée de leur urine alcaline et fermenterait avec rapidité -, on est alors dans les plus fortes chaleurs > la magnanerie est encombrée et le bois nuit à la circulation de Tair. Ce qui fait le principal mérite de notre système de ramage, ce sont la facilité et la rapidité avec lesquelles on peut enlever la dernière litière aussitôt que la majorité des vers est mon-* tée au bois.
53« QUESTION. ' — Combien de jours faut-il attendre pour détacher les cocons après que les vers à soiû ont commencé à monter au bois?
On est généralement d'accord pour laisser s'écouler sept jours entre celui de la montée et celui de la récolte. En France, ce délai est de rigueur ; son inobservation consti* tuerait une cause rédhibitoire.
54*" QUESTION. -— Quelle est la manière la plus simple, la plus économique et la moins dangereuse pour faire mourir les chrysalides dans les petites filatures de proprié" taire s?
Dans notre notice sur les éducations de i838, p. 17, nous donnons la description d'un appareil très-simple pour étouffer les chrysalides : il est à la portée de tout le monde ^ il a été exécuté depuis par un grand nombre de proprié» taires , qui s'en sont tous très-bien trouvés , et notamment à la filature iCentrale des Champs-Elysées.
On a longtemps discuté sur les avantages ou les incon-» vénients de Tétouffement à la vapeur. Les personnes qui ont blâmé ce procédé n'ont pas su l'exécuter convenablement. En faisant arriver la vapeur dans des masses de cocons sans lui fournir une issue ^ elles ont condensé de l'eau qui a mouillé les cocons^ si elles avaient eu soin de faire traverser la vapeur sans la condenser, elles n'au-« raient trouvé que des avantages à ce systéine. On peut
(32) ▼oir, à ce sujet, les expériences que nous avons faites, notice de i84o9P* io3.
Quant à Temploi des fours et de Tair chaud , ils présenteront, quoi qu'on fasse, de très-grands dangers, par la difficulté de s'assurer de la température dans les différentes parties de Tappareil. Avec la vapeur non comprimée, au contraire, on ne peut jamais dépasser loo degrés centigrades; par conséquent, on ne peut jamais brûler les cocons.
55* QUESTION. — Quels sont les moyens pour hâter ou pour retarder la sortie des papillons , et comment peut-on reconnaître par le cocon le sexe du papillon?
On peut accélérer ou retarder, dans une forte proportion, la naissance des papillons, en faisant varier la température de la pièce dans laquelle sont déposés les cocons. On est parvebu à conserver des chrysalides vivantes jusqu'au printemps suivant, en exposant les t^ocons à une basse température.
..D'un autre C(\té, en soumettant les cocons à l'influence d'une chaleur de ^5 à 3o degrés centigrades, on a vu des papillons percer les cocons plusieurs jours plus tôt qu'à l'ordinaire; mais, dans ce cas, il faut combiner la chaleur avec un grand degré d'humidité ; sans cette précaution , la chrysalide est d^séchée et meurt.
^ Quant à la distinction du sexe dans les cocons, on peut y parvenir par la comparaison du poids des cocons. ]Nous avons donné ce procédé, d'après M. Loiseleur^Deslongchamps, dans notre notice de i838, p. Sg. On parvient ^insi à séparer les mâles des femelles, à un dixième près.
56' QUESTION. — Obtiendrait-on de plus grandes améliorations et plus générales , dans F industrie des vers à soie, par les éducations appelées padronali, (^ est-à-dire faites aux frais des propriétaires , ou par celles à mezxadria, c'estiHlire à partage de fruits ?
Je ne connais pas assez les usages du Piëmont pour répondre à cette question : quant à la France, les deux systèmes ont leurs avantages et leurs inconvénients.
Dans les éducations faites au profit du propriétaire , les travailleurs , n'étant aucunement intéressés au succès de Téducation, pensent, avant tout, à s'épargner de la peine ; ils sont fort disposés à éloigner les repas et à économiser la feuille; cela favorise leur paresse. Le propriétaire peut donc s'attendre à obtenir une assez forte proportion de cocons , relativement aux feuilles consommées; mais aussi il court les chances de désastre qui résultent d'une alimentation insuffisante.
Dans les éducations à moitié, au contraire, le propriétaire fournissant la feuille et le magnanier ayant droit à une bonne partie de la récolte^ ce dernier se donne beaucoup de peine pour réussir, et, entre autres choses, il nourrit mieux, il prodigue même la feuille, parce qu'elle lui fait du fumier^ auquel il lient beaucoup; aussi, dans plusieurs cantons, on réduit au tiers de la récolte la part du magnanier.
Il résulte de ces considérations qu'on est fort embarrassé pour choisir entre les deux modes, et les opinions sont partagées; mais ce qui ne saurait être douteux, c'est que l'introduction des méthodes rationnelles et perfectionnées ne peut avoir lieu qu'au moyen des éducations faites sous la direction immédiate du propriétaire éclairé. Il faudrait, sans cela, des siècles pour introduire quelques améliorations dans les méthodes routinières des paysans.
Sj* QUESTION. — Quelles sont les meilleures dispositions à adopter dans les lieux qui sentent à t éducation des vers à soie^ afin qiiils soient parfaits dans toutes leurs parties^ et quelles sont les circonstances locales qui peuvent plus particulièrement influer sur la réussite des éducations?
Les principes de la construction des ateliers me paraissent arrivés, aujourd'hui^ à un état très-satisfaisant.
L'idée fondamentale de M. d'Aroei, dont on iroiiTe le germe danslea traitée chinois^ que Rîgaud de Lille et Dandolo avaient entrevu ^ s'est trouvée complétée par nos recherches sur la ventilation.
Ces recherches ont reçu Tapprobation de M. d'Arcet ltti*méme, qui en avait fait une étude particulière.
Nous avons appliqué deux fois leurs résultats dans nos ateliers de Poitiers et de la Catodière ^ et , depuis , ils Tont été dans un grand nombre d'ateliers, toujours avec succès»
Les plans que j'ai publiés dernièrement peuvent être exécutésen toute confiance; je garantis te succès et tttîs tout prêt k entrer en discussion sur ce sujet , soit à Toocasion de mes plans > soit à Toccasion de tous autres.
Il est bien entetidu que« si j'ai publié les plans de nos deux magnaneries » c'est que je trouve défectueux les plans o£Ferts au public i soit dans divers ouvrages» soit en forme de tableaux.
On trouvera sans doute que j'ai le droit d'émettre une opinion à ce sujet, après avoir construit deux ateliers modèles, et consacré trois années à de nombreuses et coûteuses riecberches sur l'aération des magnaneries*
Voir les premier, deuxième et troisième mémoires sur la ventilation des magnaneriesé
Voir aussi le Bulletin des séances de la Société royale et centrale d^ agriculture, séance du 7 mai 184^^
Quant aux circonstances locales qui peuvent plu^ particulièrement influer sur le suotès des éducations , je dirai qu'une végétation vigoureuse, favorisée par un sol un peu humide et chaud ; qu'une température élevée et régulière qui permettrait d'ouvrir toutes les fenêtres des atelier» « surtout vers la fin de l'éducation ^ qu'un air plutôt humide que sec, légèrement agité ^ une exposition qui mette à l'abri des gelées tardives et n'expose^ pas à repiMrter les éducations dans les mois les plus chauds de l'année ) une grande abondance de feuilles, une main-d'œuvre peu cou-
teuse sont les principaux élémeaU do succès eu matière d'ëducatiûn de vgra à soie..,
58® Q^ESTioiv. — Quelles sont les localités des États royaux dans lesquelles , par Femphi Sun poids égal de feuille y on obtient la plus grande quantité d^ soie jouis^ sant de toutes les qualités qui la/ont rechercher dans le commerce?
Je ne suis pas en mesure de répondre à cette question , un homme du pays peut seul la résoudre; mais il devra tenir compte d'une foule de considérations qui laisseront beaucoup d'incertitudes sur les causes de la supériorité de telle ou telle localité.
Cependant les recherches que nécessite cette question peuvent offrir le plus haut intérêt.
5q* question. — F a-t'il des localités et des circonstances dans lesquelles les éducations d*été et Sautomne puissent être profitables?
Il résulte de nos expériences que les éducations tardives ou d'autoome ne. sauraient, dans aucun cas^ présenter des avantages suffisants pour compenser leurs inconvénients.
Il est bon de consulter, à ce sujets notre deuxième mé« moire sur le mûrier, p. ii : on y verra démontrée, par sept éducations successives, la réduction progressive qui se manifeste dans les produits à mesure que les éducations s'éloignent de Tépoque normale.
Une éducation d'automne, faite la même année, est venue ajouter de nouvelles preuves à celles déjà acquises *, p. i5.
Dès 1889 nous avions essayé les éducations multiples : celles-là avaient donné des résultats passables , parce qu'elles avaient succédé immédiatement aux éducations normales -, néanmoins il nous a paru évident qu'elles laisseraient beaucoup à désirer.
Dans un article publié dans le Propagateur^ tome VJ^
page 3ig, j*ai exposé, avec quelques détails, les objections qui s^élëYent contre le système des éducations d'automne. Je ne répéterai pas ici ce que contient cet article, qui peut être consulté par toutes les personnes qui étudient Tindustrie de la soie.
Je considère les éducations d'automne comme absolument défectueuses et incapables de fournir des produits avantageux.
Extrait «l«t Armales de Vagricuhurejrançaise» ^Oot/ohre i846.
Parif.— Imprimerie de Ii»«V«BOUCHARD-HUZARD,ruede l'Éperon, 7.
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