PAR M. ROBINET
raonssEUR su cou&s hvx l^udustiii db la soib. Lu ù la Société royale et centrale d^agriculture, le 4 nOYembre i84o.
Parmi les questions que soulève la culture du mûrier, il en est une qui a fortement préoccupé tous les hommes qui ont apporté, dans l'étude de l'industrie séricicole, un véritable esprit d'observation. Depuis longtemps, on avait remarqué que certaines variétés de mûriers présentaient, pour l'éducation des vers à soie , des avantages qui ne se rencontraient pas da^ns les autres : les uns préféraient la feuille du marier sauvage à celle du mûrier greffé; d'autres auraient cru faire une faute en plantant des ipûriers dans des lieux bas et humides, et ne faisaient cas que de la feuille de la montagne, etc. Il s'agissait de se prononcer entre ces différentes opinions que chacun prétendait appuyer de son expérience. Pour le faire en connaissance de cause, Dandolo et M. Bonafous ont entrepris des recherches qu'ils ont rapportées dans leurs ouvrages. Deux systèmes s'offraient à eux pour y procéder : i* l'expérience directe, qui consistait à élever des vers à soie avec différentes variétés de feuilles; a^ l'examen de la feuille du mûrier
elle-même, pour rechercher fti elle ne présentait pas de différences notables lorsqu'elle était récoltée dans des conditions et sur des individus dissemblables. Il £aut reconnaître que ces deux moyens f expérimentation étaient éminemment rationnels^ Xjependant ils n'ont pas conduit les deux expérimâllgiteurs habiles que je viens de ciler, à une solution positive du problème : ils ont hésité à tirer des conclusions des résultats douteux auxquels ils sont parvenus. Je n'ai pas en la prétention de faire avec plus de soin et d'exactitude les expériences auxquelles ils se sont livrés; mais j'ai pensé qu'il ne serait pas inutile de recueillir de ^ nouveaux faits et d'étendre le cercle des essais.
Dans ce mémoire^ je n'envisagerai la question que sous un seul point de vue ; le temps et les circonstances ne m'ont pas permis de fiiire des 6kpériences d'alimentation directes : je me suis donc efforcé de rechercher, ^î'ïZ existe dans les feuilles des différentes variétés de mûrierSy des propriétés ou des caractères qui les di^tinguent^et si ces carac-^ tères pe^ivent servira résoudre la question de sapoit ce qui cionstitue la meilleure feuille.
11 est- bien entendu que la feuille de mûrier est considérée ici comme substance alimentaire du ver à soie, et abstraction faite des caractères botaniques.;
En a jmmençant ce travail, j'ai vivement regretté que ma position ne fût paà meilleure ; il aurait fallu a^roir à sa disposition det mûtiers de diffé-
rents âges : malheureusement les mûriers étsûent tous jeunes; mes e&périenees ne pourront donc être considérées que comme la première partie du travail, qui devra être recommencé sur des arbres adultes, et enfin sui* des arbres d'un âge très-> avancé. Cependant j'ai eu l'avantage d'agir sur des sujets plantés tous la même année et dams le même sol.
Il est évident qu'une fâcheuse incertitude pèsera
sur les planteurs tant que la question n'aura pas
/ été résolue ; ils auront toujours à craindre de n'a«*
voir pas fait choiz^de la meilleure espèce de
T9X pu expérimenter sur quatre variétés bien distinctes : le mûrier sauvageon ^ le mûrier moretti , le mûrier multicaule et le mûrier rose greffé, celui qui est le plus généralement cultivé dans nos dé^ parCements méridionaux.
Mes. premières recherches ont dû porteirsur les qualités physiques des feuilles; je me suis demandé s'il était possible d'y trouver une cause de préférence.
Épaisseur des feuilles.
t*out le monde saitque l'épaisseur du parenchyme de^feuillesestextrémement variable : il m'a paru que cette condition ne pouvait pas être indifférente; j'ai cherché à la préciser. Pour y parvenir, j'ai enlevé avec soin 9 sur des feuilles comparables sous tous les rap.portSy avec Un emporte* pièce d'acier faîen
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(4) tranchant, des rondelles de parenchyme en nombre égal ; j'ai^ évité les nervures. Dans la première expériience, Femporte-pièce avait i centimètre de diamètre; j'ai enlevé cent rondelles sur de belles feuilles prises à différentes hauteurs, d'un rameau ' de l'année : j'ai donc eu des surfaces égales de parenchyme. Les feuilles ont été cueillies en même temps, et les rondelles ont été pesées sur-le-champ : cette précaution est indispensable; car la perte qu'elles éprouvent par la dessiccation a lieu avec tant de rapidité, que le moindre retard ôterait à l'expérience toute sou exactitude et, par conséquent, tout son intérêt. Voici le résultat de ce premier essai : j'ai rangé les feuilles dans l'ordre dé leurs épaisseurs relatives ; le n^ i est la feuille la plus mince. Le tableau contient un résultat d'un autre genre. Les rondelles de parenchvme, après avoir été pesées fraîches , l'ont été de nouveau après la complète dessiccation : ce dernier résultat sera utilisé plus tard.
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