‹ Mémoires sur la BastilleChapitre 1 sur 5 · NOTICE SUR LINGUET · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LINGUET

Le dix-huitième fiiècle n^est pas tout esitie» Incamé dans Voltaire et J.-J. Rousseau ; ces deux grands hommes, qui dépassent de cent coudées tous-ceux qui, en môme temps qu'eux, ùBt remué les idées et appris à penser à leurs eontemporains, après sjtcàv tracé leur lumineux sillon, ont laissé des successeurs qui, eux«ussi, ont eu leur heure de gloire et d'influenûe- çoclale. Par le temps qui court de petites passions, de petits hommes, de petits événements, on se prend à regretter ces jours d'en^Ckusiasmes, de colères généreuses qui gonflaient les cœurs de nos arrière-grandspk'es. Alors, point de luttes mesquines, point d'intérêts sordides substitués à cet amour de la vérité qui s'était emparé de tous les esprits à la suite' de Tœuvre accomplie par le patriarche de Ferney et le citoyen de Genève, D'une part, les encyclopédistes continuaient, en l'agrandissant, le travail souterrain qui devait miner la société française ; d'autre part, s'élevait une école plus terrer.à.-tfi.\ît^<^^^

Ult proposé pour but U satisfaction des besolna matériels des nations. Entre ces deux tètes do colonnes 11 devait y avoir place pour des esprits moins absolus, a'accommodant deceqol était debout, à ia condition de tout faire pour l'améliorer; d'arrêter, dans la mesure du possible, les abus sur la pente de l'abîme. Halheureusement, ou goûte peu ces conciliateurs de bonne volonté, et Ils ne recueillent en général de leurs efforts que des déboires et des avanies. Alors, le vase déborde, et le mouton M fait lion. Cest ce qui arriva fotalemeiit pour l'écrivain éloquent, énergique, acérée que Voltaire a caractérisé en deux mots, en disant de lui : * Il brûle, mais 11 écUre. ■ Ce i quoi LInguet se montra de bonne heure merveilleusement propre. Vingt ans durant.

Il tint la France attentive & sa parole arcfente et Imagée ; • ses écrits, dit M. Honselet dans sa curieuse étude surrarocat-joumallste, ont eu le privilège de bouleverser le gouvemement, même après Rousseau et les encyclopédistes; — honneur funeste, qui le fit embastiller sous la monarehle et guillotiner sous U République (!}>.

A tort ou à raison, le flambeau est rentré dans une pénombre discrète, et, à part il Uonselet et M. Alfred Delvau (3), peu de

(f let Ou'itiH et let Didaignés ie la lUIéranire (SJ J'igaro, lepiemOre iS6i.

eritiques ont cherché à le rallumer. En r6iroprimantle célèbre pamphlet qui n^a pas peu contribué à renverser le terrible chftteau fort dont Tancienne monarchie française faisait si galamment usage et abus, nous avons pensé qu'il y aurait intérêt pour le public moderne à se voir détourner pour on instant des admirations de commande que les pédagogues lui imposent dès Penfance.

Nous n^avons certes pas l'intention de renverser des statues consacrées, mais il nous a semblé qu^il y avait encore place pour d'au* très demi-dieux dans TOlympe du dix-hui»

tième siècle, et c^est dans cette intention que nous avons exhumé maître Linguet, avocat au Parlement, historien, poète, tragédiste, manufacturier, physicien, pamphlétaire, jour* naliste et maire de campagne. Le rôle accidenté qu'il prit dans la comédie humaine fait de cette figure peu connue de nos jours une des plus originales qui se puissent voir, même à une époque où brillaient les Beaumarchais, les Diderot, les Grimm, les Laharpe, les d*Alembert, les Dorât, etc., etc., contre lesquels il engagea une lutte à coups de plume, dans laquelle il remporta souvent la victoire. Combattants acharnés, le grand repos les a forcés de mordre la même poussière, et de cesestoeades furieuses plus ne reste que quelques feuillets de papier noirci, accolés sur les rayons pouàrexoL dfia bWûol^^xi^ V^^^^^^

OÙ persomte ne va les Interroger. EflsajnmE donc de sauver de Toubli ce qui a- pu surnar

ger, afin de justifier en partie la réapparition du présent volume.

SiDjon-Nicolas-Henri Linguet, par une sorte de prédestination, est né à Reims, le 14 juillet 1736, le 14 juillet t c'est-à-dire une date qui devait devenir immort^e cinquantetrois ans après, et auréoler d'un merveilleux éclat Tanniversaire de la naissance de l'auteur des Mémoires sur la Bastille. Fils d'un professeur au collège de Navarre, que ses opinions Jansénistes avaient fait exiler et priver de son humble position dans le monde, il fit ses études à Paris dans le même collège où son pliVQ avait professé, remporta les trois premiers prix de l'Université en 1751, et partit en Pologne à la suite du duc de Deux- Ponts, dont il ne tarda pas à se séparer^. Il alla établir à Lyon une manufacture d'une espèce de savon de suif fait à fh)id, dont il avait trouvé le secret; mais le succès, qui devait être si lent à venir pour lui, lui manqua dans cette première carrière, faute de fonds nécessaires à l'exploitation de son idée.

.Pendant son s^our en Pologne, il dédia au

roi Stanislas son Histoire du siècle d'Alexan^

^^^, son premier ouvrage, rempli d'idées

^"^y^ ^^ critiques judicieuses des ay&\]^injë&

o^ic^^î Pa^ Bo5sruet et Rollin, maïs c^v»

"""'^rité cfe i*4D£eur oe Dut faire T^iMîaVf .

De retour à Paris, il se lia avec Dorât, dont il refit la tragédie Zi^Zf ca, tombée à la première représentatio]\ et que la retouche de Liuguét releva aux yeux du public. Il fit jouer ensuite au Théâtre-Italien les Filles- Femmes ou les Maris battus, parodie de l'Hypermnestre de Lemierre. Une tragédie de Socrate complète le bagage dramatique de Linguet, qui jugea à propos d*en supprimer les exemplaires, en raison de son insuccès. A l'époque où la France entreprit la guerre du Portugal, le prince de Beauvau, commandant de Tannée, s'attacha Linguet en qualité d'aide de camp pour la partie mathématique du génie. Pendant cette excursion, Il apprit l'espagnol et commença la traduction qu'il devait publier plus tard sous le titre de Théâtre espagnol.

Quelques petits vers publiés dans VÀlmO' Hoeh des Muses^ le Journal de Paris, des épigrammes contre Laharpe en 1771 (1), et la part du versificateur sera faite ; la postérité s'en soucie « comme un poisson d'une pommci^ M. Monselet dit avec raison des vers de la jeur nesse de Linguet que « sa vocation poétique n'était que vision ;.... dans le moment où il feuilletait d'une main le dictionnaire des rimes, de l'autre il écrivait le Traité des conaux navigables. »

De retour du PortvxgîX , \isi%\iRX ^N^:^ >sv.

(J) Voir la CorrcipondttTMse UttferaVTt ^^;^f «. Il 41. itiHUe; èdlUon WkMOU. ^vNa-^^*^" ^^^^

HoUaude.lea Pays-Baset la Flandre, étudiant avec fruit lesartaet l'induatrle de cea contrées et faisant des provisions intellectuelles pour l'avenir, ^u mois de septembre 1763, il s'atréta quelque temps i Abbeville. En h promenant, curieux de tout voir et de tont observer, il avait demandé t un matelot, sur les bords de la Somme, Jusqu'où remontait le Qux de la mer dans cette rivière. Le nuire d' Abbeville le fit venir, llnCerrogea sur le but de son séjour dans cette ville ; LInguet s'annonça comme un philosophe observateur voyageant, comme Thaïes et Platon, pour étudier la nature et les hommes, s'arrétant partout où 11 trouvait & profiter, marchaci sou\'ent à pied et se désaltérant au premier ruisseau. Pour prouver qu'il n'était pas un être tout & fait o!i;ir, dangereux ou inutile, il ouvrit un cours gratuit de mathématiques auquel assistèrent quelques jeunes officiers. Il se lia alors avec un M. de DouvlUe, consoler au présidjal, chex lequel II conçut îe premier plan de ses Intéressants travaux sur les canaux navigables. Entre temps, il écrivit le Fanatûme de$ Philotophtt, écho du discoure de Rousseau sur le danger des sciences, écrit avec chaleur et qu'on peut lire avec plaisir apn^s celui du célèbre Genevois. Aprè-s cette brochure, il publia, sans grand retentissemeot ! liécessilé de refondre les lois civiles '^ J^faace. aveu lu solution dt «juttauei dum-

saçêê de l'Esprit des lo%$^ qo^il développa plui tard dans ses Annales.

Découragé de la carrière littéraire , il se rendit à Reims, sa patrie, y prit desr grades et se fit recevoir avocat au Parlement de Paris, avec une répugnance marquée, qu'aug« mentait encore Tavortement de ses espérances, n avait vu que du jugement, un style clair et facile, de bonnes vérités à répandre, ne sufû'^ Baient pas à fonder une renommée; «il éclairait seulement, il ne brûlait pas encore. » Le barreau ne lui offrit pas , dès Tabord, le retentissement qui n'allait pas tarder à raccompagner dans toutes les causes quMl devaii^ plaider. Il ne put arracher à la torture , à la décapitation et au bûcher le chevalier de la Barre, accusé d'athéisme pour avoir gardé son chapeau sur la tête lors du passage d'une procession de capucins. Pour oublier les entraves quMl rencontrait dans sa nouvelle carrière, Linguet publia les Révolutions de Vempire romain^ puis VHistaire impartiale des Jésuites brûlée par la main du bourreau, et qui commença à attirer sur Fauteur Tattention publique. Les causes plaidées par lui pour le duc d'Aiguillon» la duchesse d'Olonne, le prince de Ligne, le comte de Morangiès, lui valurent enfin la gloire et la fortune, mais aussi la jalousie de ses confrères à la tête desquels marchait le doucereux Gerbier, dont la hame prépara daua VoinbT^ VQXîk^^ «o^ ^-

fait éclater sur la tète du trop heweiix avocat

Une autre ambition lui vint en tète. Il porta ses visées vers le trône académique. C'était d'Alembert qui tenait dans sa main le dignus est intrare; il ne daigna pas ouvrir cette main à Linguet ; celui-ci écrivit une de ces lettres furibondes où le sarcasme déborde k pleins flots, mais où respire une éloquence emportée, une verve puissante , qui mettent le spectateur désintéreissé en communion directe avec le plaignant en voie d'être écoi'ché vif, parce quMl n*a pas donné à ses nouveautés a le vernis encyclopédique, ce passe-port de toutes les ferrailles reblanchies avec les* quelles tant de crieurs de vieux chapeaux philosophiques nous étourdissent. » Les avocats, les philosophes, ne purent pardonner à Linguet les triomphes de sa parole. Après une présentation à la cour, une lettre de cachet Texile à Chartres. Le 11 février 1774, il est rayé du tableau des avocats pour avoir publié un écrit injurieux à Tordre. Cet arrêt obtint un sursis; il devint définitif onze mois après. L'abbé Morellet publia contre lui la Théorie du, paradoxe ; ce fut le coup de pied de TÂne.

Privé de son état, Linguet accepte la rédaction du Journal de politique et de littérature. Pendant dix-huit mois, le fougueux /ouroaDste parvient à se maintenir dans les àaraes de la modération la plus effacée^ maif

ia réception de Laharpe à TAcadémie fraa* çaise devient l'occasion d'un article de Unguet à travers lequel se font jour les rancunes de Tex-aspirant académicien. A la suite de cet article, « le sieur Panckouke est invité à ne plus faire rédiger par le sieur Linguet Ui portion littéraire de ce ]oumal. » Le sieur Unguet est forcé bientôt de s'expatrier et de passer en Angleterre. Libre pour la première fois d'ouvrir toute grande la porte de la vérité, telle qu'il la comprenait, Linguet fonde les Ânnalei politiques, civiles et littéraires du dix-huitième siècle, accueillies par l'Europe avec un succès qui va Jusqu'à one triple contrefaçon. La nature inquiète et remuante du Journaliste le conduit en Suisse, où il continue la publication des Annales.

£n 1778, il erre par l'Europe, ne sachant sur quelle pierre reposer sa tête; tantôt à Genève, à Lausanne, à Neufchfttel, à Bruxelles, 11 finit par établir son imprimerie dans un petit village près d'Ostende, lançant de là les fusées éblouissantes de son esprit acerbe, mécontent, tranchant, qui a fait de lui le plus complet journaliste de son époque, car les sérieuses études de sa jeunesse lui avaient donné une autorité que ne surent Jamais atteindre ses successeurs, cette tourbe de plumlgéres spécialistes qui devaient porter leurs inhabiles mains sur le sceptre pailleté de ruiustre touche-è.-toat.

Les doctrines rtpuidues dans les Ànnalm lui attirent le réquisitoire le plos Tlolent et le plus bouffon qu'il soit possible de lire. C'est de cette sorla que les Parlements, toutes chambret auemblëes, comprenaient la liberté de la presse. Ceci se passe les 11, 1& et 18 Juillet 1780. ,

Lln^et, que son amoar-propre excessif rendait plus disposé que tout autre h tomber dans un piège, est attiré à Paria sous un prétexte quelconque. Voici de quel air dégagé le venimeux Grimm, un des porte-queue de la secte si rudement étrillée par l'auteur du Fanatisme des philosophes, raconte l'arrestation : « Le métier d'Arétin a toujours eu ses périls et ses désagréments. Le sieur Lln- ^et, qui s'était persuadé très sérieusement qu'il y échapperait toute sa vie, gr&ce t. la fermeté de son caractère et à une demidouzaine de pistolets qu'il avait grand soin d'étaler sur son bureau, ou de porter dans ses poches, vient d'être mis à la Bastille. Il y a i\é conduit, dit-on, pour éviter tout éclat, par un de ses amis, le commissaire Cheanon, sous le prétexte d'un dluer que ce bon ami lui avait proposé dans une maison de campagne au bois de Vincennes. Le public ignore encore k' ïûrituble siyct de su dÉteniion, mais il en soupçonne plusieurs : les impertineaccs débitées dans les Annales sur le roi de Prasse. sur ta conduite des Etats gêné-

rauz, sur nos traités 5vec TÂmériquet rar les plans de la guerre* actuelle, dont il a os6 dire, dans une de ses dernières feuilles, qu'il n'y en avait pas eu un seul dont on ait pu deviner le motif, même après Tévénement, etc.... On cite de plus une lettre écrite à M. le maréchal de Duras au siyet du numéro des Annales qui concernait son procès avec M. Desgrée, et dont M. le maréchal avait obtenu la suppression, lettre où Taudacieux folliculaire a la démence de dire à un homme revêtu de la première dignité du royaume, et •ans aucune de ces circonlocutions métaphoriques dont son style est ordinairement hé-

rii^ : Vous êtes '^m Jean. en toutes lettres,

Signëf Hnguet. Quelle que puisse être la principaie cause de la disgrâce de ce fameux écrivain, Tordre des avocats, l'Académie, le Parlement, un grand nombre de particuliers grièvement insultés dans ses écrits,, n'auront pas beaucoup de peine à s'en con« soler ; mais il lui reste des amis et des protecteurs pleins de zèle dans le clergé, à la cour, dans le militaire d'un certain ordre, et surtout dans les cafés de Paris, où la violence de sa plume intéresse la malignité, amuse les oisifs et le fait considérer des sots comme un des plus sublimes modèles de l'éloquenoe ft^nçaise.

« Quelle perte pour le genre humain, quelle perte irréparable, si l'on arrêtait lQn^tAmjQ&

ressor de ce génie extracHttfntIfa (1 )• • Telles étalent les aménités jetées à la face d'un captif par les amis de ceux qui neyendiquaient si hautement les droits de la liberté humaine ; muis le soleil lui-même a des taches, et les petites rancunes des d'Alembert et des Dideroi: ne sauraient nous faire oublier les immenses services qu^ils rendaient, dans un autre camp que celui de leur adversaire désarmé, à la cause de la justice et de la liberté. L'esprit de saillie, qui n'a jamais manqué à Linguet, ne Tabandonna pas sous les verroux.

— « Qui ôtes-vous? demanda-t-il à une personne qui entrait dans sa chambre. — Monfdeur, je sois le barbier de la Bastille. — Parbleu 1 vous auriez bien dû la raser. » G*est ce que le prisonnier devait faire si triomphalement A sa sortie du château royal, on Texile à Rethel ; il s'enfuit à Londres, et lance sur TEurope ce factum qui fut le premier coup de pioche jeté aux flancs deia prison d'Etat (2).

La Révolution trouve Linguet retombé dans Tobscurité de ses débuts. Après les traverses d'une existence si singulièrement agitée, Tex-avocat au parlement de Paris voyait naître Taurore d*un repos mérité. Tout entier

(1) Corresp, Utt de Grimm, t. Y, Paris, 181S. (t) « Le peaple s'en soayint douze ans après, en en* woyantle oonragemi démolisseur & i'échafand, — pour hremeraer.» (A. Deivaa, Figaro du ttte^lSSi.)

à la Tie nouvelle qu'il s'était faite, il s'était retiré avec ime dame Buttet à Marnes, près cLb Ville^d'Avray; il se liTrait à ragriculture, etf si j*en crois le souvenir d'un bon vieillard qui Ta connu, se mêlait de l'administration municipale de son village de retraite, après avoir à. sa manière donné des conseils aux peuples et aux rois. La peur rétrospective de la Bastille avait fait du terrible pourfendeur l'ombre de lui-même; il sortait rarement, Il enfermait ses domestiques sous clef ; sa maîtresse soumettait les rares visiteurs à un Interrogatoire en règle. Une fortune péniblement acquise Tavait rendu déflant et soupçonneux; de tout temps, il avait été d'ime sobriété poussée jusqu'à l'avarice. L'âge n'avait pu. qu'augmenter cette disposition fâcheuse ' d'un esprit affaissé sur lui-même, et surmené par un travail excessif. Un moment, il reparaît sa 1791 à la barre de l'Assemblée constituante pour y défendre les droits de l'Assembléo coloniale de Saint-Domingue et « attaquer ce qu'on appelait alors la tyrannie des blancs. » (Jacob Kolb, Biog, univ,, 18190 II s'était affilié au club des Cordeliers^ sous le patronage de Danton et de Camille Desmoulins, et y portait le titre de secrétaire de la Société des Amis de la presse. Devenu suspect, il est arrêté le 9 messidor et traduit devant le tribunal révolutionnaire^ accusé, disent les uns, « d'avoir encensé les deâv<)^^ <3Lq VvenmA^dj^

Londres; » et « d^avoir mal parlé du pam, »

disent les autres. Un éclair de jeunesse reparut dans cet œil à demi éteint : — Âh! s*écria-t-il, Je me fais une fôte de dévoiler la sottise et Tatrocité de mes ennemis I Ils verront demain ce qu'on gagne à me persécuter.

— Le tribunal ne voulut pas entendre sa défense. Il fut condamné à mort ; on lui refusa un prêtre; réconforté par la lecture de Sénèque, il marcha courageusement à Téchafaud (27 juin 1794). Ses papiers furent saisis et transportés à TEcole militaire. M. Monselet termine par ces mots sa pittoresque étude sur Linguet : « On fit des cartouches de ses paradoxes, et ce qui avait tué pendant sa vie tua encore après sa mort »

Linguet était d'une taille médiocre, très maigre et marqué de petite-vérole; son masque à angle aigu, impassible au début de ses plaidoiries, s'animait progressivement, son organe criard prenait du corps, et la convie* tîon pénétrait rapidement dans son auditoire» Il a eu des ennemis violents et des amis dé* voués, des lecteurs enthousiastes et des détracteurs sans mesure. La liste de ses ouvrages, que nous donnons ci-dessous, attestera suffisamment la prodigieuse activité de cet homme remarquable à tant d*égards, et que w confiance sans bornes dans sa valeur d'écrJvaîD n'a pu sauver d'un dédain li^ustifié.

OUVRAGES DE LINGDBT

AieuilUmtanay ou Anecdotes utiles pour l'histoire de France au XVIIle siècle, depuis Tannée 1770. — Londres, 4777, in -8®.

(Rare.)

Annales politiques, civiles et littéraires du XVIII^ siècle. —Londres, SpUsbury, 4777- 1792, 179 numéros en 19 volumes in-8^ (Les derniers volumes sont difficiles à trouver.)

Appel à la postérité, ou Recueil des mémoires et plaidoyers de Linguet, pour lui-même contre la communauté des avocats de Pariai

— 1780, in-8^

Appel au pape (tnuL de Tangials).

Aveu {l') sincère, ou Lettre à une mère sur les dangers que court la jeunesse en se livrant à un goût trop vif pour la littérature.

— Paris, Cellot, 1768, in-12.

Cacomonade {la), histoire politique et morale, traduit de l'allemand du docteur Pangloss, etc., etc. — Cologne (Paris), Cellot, 1767, ln-12; Paris, 1797, in-12.

Canaux navigables pour la Picardie, V Artois^ la Bourgogne, la Champagne, la Bretagm^

et toute la France en général. ~- A dam (Paris), Cellot, 1769, fa-tl.

Continuation de CEittoire univertelle de M. Eardion, les tomes XIX et XX (Voir Hi$t.

' univ. du XVI' tiède.]

Collection complète des ouvrages de littérature.— Bruxelles, 1779-1780, 2 vol. In-B".

Code crimimel de Jotepk II, ou Inatruetioiu eipéditivea données aux tribunaux des Pays-Bas eu octobre 17S9, publiéeseC commentées par LInguet. — Bruxelles et Paris, 1790, In-S".

Cvwidérationt twr Vovrovrtare de l'EtcatU.

— Londres, 1784, in-8°. — Nouvelle» ditlerta'iont et contidéraliomntr t ouverture de l'Escaut. — Bruxelles, 17&&, [fi-S".

CoMultation en répome à la eomullation mp la discipline <Us avocats. — Bruxelles, 1776, in-S".

Urritorial, on la Dirtie royale. — Londres et Paris, 1787, in-8^

Eêsai philosophique sur le monachisme. -~ Paris, 1775 et 1777, in-8». (24 premiers diapitres de VHistoire impartiale dei jëêwitei. — Voir ci-desous.)

Épîlre en vers d'un G, de D... à un de ses amis, supplément aux Mémoires d'une fameuse académie. — Liège, 1764, in-8<>.

Examen des ouvrages de Voltaire considéré comme poële^ comme prosateur ^ comme philosophe* — Bruxelles, Lemaire, 1788, in-8<>, — Nouv. éd., Paris, Egron, 1817, in-S»

^ec notes).

Fanatisme des philosophes (le), — A Londres et à Abbeviile, chez de Vérité, 1764, in-8*.

Femmes (les) filles, ou les Maris battusy parodie d'Hypermnestre^ en un acte et en vers. — Paris, 1759, in-12.

France {la) plus qu'anglaise. Bruxelles, 1788» in-8*>.

Histoire des révolutionê de l'empire romain depuis Augure jusqu*à Constantin^ pour servir de suite à celle des Révolutions de la République. — Paris, 1766-1768, 2 vol.

in-12. — Nouv. éd., Londres, 1784, in-8* (s'arrête à Trajan).

Histoire du siècle d'Alexandre. -~ Amsterdam (Paris, Cellot), 1762, in-12; 2» édition, Paris, 1769, in-12.

Hisêoire impartiale des jésuites depuis Uur

,^ .-•■■' ^■■■- -■'■■-- V--.. ■■...■ ■■■■ ■<.-*^:!i.'■;ff^M:-Jî;■ ■■■■■■.

^ItfMiitemen^ jusqu'à leur pnmiire êsh puUion. — Madrid (Paris), 4768, in-8» ; — Paris, 1768, S vol. in-12; nouv. éd*, Paris, Delongcbamps, Maze, 1824, in-18.

Histoire universelle du XVl^ siècle^ servant de suite à l'Histoire universelle de M. Hardion. — Paris, Cellot, 1769, 2 vol. in-12 ; Bruxelles, 1787, iû-8<>.

Légitimité du divorce, justifiée par les saintes Ecritures, par les Pères, par les conciles, etc. , aux états-généraux.— Bruxelles, 1789, in-8«.

Lettre à VEmpereur Joseph II sur la révolution du Brabant et du reste des Pays- Bas. — 1789, in-8o.

Lettre au comité patriotique. — Bruxellef, 1789, in-8^

Lettre au comte de Vergennes. — Londres, 1777, in-8».

Lettre au roi. — Bruxelles, 20 août 1776, in-8®.

Lettre de V auteur du Mémoire sur un objet intéressant pour la province de Picardie.

— 1765, in-8^

Lettre du mandarin Hocit-ching a son amt Hocit'Chang sur les affaires des jésuites.

— 4762, in-80.

Lettre sur la nouvelle traduction de Tacite de L. A. D. L. B: (l'abbé de la Bletterie). — Amsterdam (Paris), 1768, in-12.

l>eUres d0 M, Linguet, ou Recueil sur là ré-

Wfiution belgique en 1789 e4 1790.— Bruxelles, 1790, 7 vol. in-80.

iMre sur la théorie des lois civiles. — Amsterdam, 1770, ia-12.

Lettre sur ks avantages et les inconvénients de la navigation des ports d'Abbeville^ Amiens j Saint -Valéry et le Crotoy. — Amiens, Caron Yîtet, 1819, îû-8<>.

Mélanges de politique et de littérature extraits de ses Annales ^ pour servir à VHistoire du XFm«5iécte.— Bouillon, 1778, in-8«.

Mémoire à consulter et consultation povr un mari dont la femme est mariée en pays protestant^ et qui demande sHl peut de même se marier en France. — 1771, in 12.

Mémoire à consulter pour la vicomtesse de Bombelles, 1771, in-i».

Mémoire au rçi contenant sa réclamation actuellement pendante au Parlement de Paris. —1786, in-8».

Mémoire pour don PedrOf Espagnol^ contre les fermiers généraux — 1771, in-4®.

Mémoire pour le comte de Morangiès. —1772, in-4«.

Mémoire pour le duc d'Aiguillon. — 1770, in-4o.

Mémoire sur les propriétés et privilèges ea>clusifs de la librairie. — ■ 1774, in-4®.

Mémoire sur un objet intéressant la province d'Artois. — 1765, in-8<».

Uémoire pour un objet intérestanl laprovxnct df Picardie, ou projet d'un canal et d'un port sur ces eûtes. — La Haye et Abbevill^ 1764, In-S» (en 2 lettrée). — Trol^:èine lettre ou «ultjdu mémoire précédant— 1765, In-S».

Uémùiru etplaidoyert. — Amsterdam, 1773 7 vol. iQ-12, et Uége, 1776 , 12 tom. en 11 loi. in-13.

Mémoires mr la Boilille. — Londres , Spr,9bury, 1783, in-*". — Ont été l'objet de réfutations anonymes ; ObservalioTU tur fkistoire de la Baslille. — Londres, 1783, la-8°. — Apologie da la Bastille, Philadelphie, 178i, iii-8«.

tlécettilé d'utte réforme dmta l'administration de la justice et dans les lois civiles de France. — Amsterdam (Paris, L^ay), 1764, la~8>. réimprimé sous la titre : Comidératiimt sur l'ulititë, etc.

Observatiam sur l'imprimé intitulé : Béponse des Etats de Bretagne ou mémoire au dite i^ Aiguillon, — Paris, L^ay, 1771, ln-12.

Observations sur le nouvel arrêté du Parlemp.nl de Paris, en date du S décembre \'%V.. — liruxciies, 1789, iii-8".

'.ï-'vt'i r.J. — î.ondroK, i77i, (i vol. iii-12, — Tomes 1 et II : Du plos lieiireux. iioueerm- -»e<!(,etc.;— t. 111: Théorie îles' lois ci >:. 'ies : — t. IV et V : Id. ;— t VI : Du pain jS

Oftguent : pour la hrûiure^on (JbsenratiOQs bot ma. réquisitoire imprimé en tête de Tairèt ém PsriemeHt de Paris du 27 septemb. 1788, rendu contre les Annales de M; Linguet, avec des Réflexions sur rusagt de faire brûler des livres par la main du bourreau.

— Londres, 1788, in-8<».

Pain {du) et du blé, — Londres, 1774, !n-12«

Pierre philosophais (la), discours éconondque prononcé dans l^Académie impériale de Fong-Yang^ par le lettré Kong. -~ La Haye, 1768, in-12.

Plm (du) heureux gouvernement , ou Parallèle des constitutions de FAsie avec celles de TEurope. — 1774, 2 vol- in-12.

Point de banqueroute, plus d'emprunt^ et , si l'on veut, jfilus de dettes^ en réduisant ks impôts à un seul, — 1789, in-S*».

Political ana philos. Speculatéom on ihe distinguishing characieristics of the présent Century, — Londres, 1778, in-8^

Procès (te) des trois rois Louis XVI de France y Bourbon; Charles III d'Espagne^ Bourbon^

et Georges III de Hanovre^ fabricant de boutons, plaidé aux tribunaux des puissances européennes , trad. de l'anglais , Londres, 1781, in-12.

Prophétie (la) vérifiée ou Lettres de M. Linguet au comte de TratUmansdorff, — Gand, 1790, in-8o.

Prospectus dfun nouveau spectacle de must" que. — 1762. in-12.

Kecueil sur la question de lavoir ti »n juif marié dam sa religion peut te remarier après son bapléme tortirue sa femme juive refuse de le suivre et d'nabiter avec lui. — Paris, 1761, 2 vol. în-12.

Béflexiom des six corps de la ville de Paris sur la suppression des jurandes. — Février 1T76, 10-4".

Réffexiant sur la comtesse de Bëthune et Supplément. — 1175, In-i" et In-12.

Réflexions sur la lumière, ou Conjectures sur la part qu'elle a au mouvement des corps célestes. — Londres, Thomas Spilsbury, 178i, in-a-; Parla, 1787, in-8".

Réflexions sur la résistance opposée à Cexécution des ordonnances promulguées le 8 moi 1788. — Bruxelles, 1788, In-S".

Inflexions sur l'arrêt du conseil du roi portant règlement sur la durée des privilèges en mattère de librairie. — Bouillon, 1778, in-i".

Berùtae aux docteurs modernes, ou Apologie de l'auteur de !a Théorie des lois civiles et des Lettres sur cette Théorie, avec la réfutation du système des philosophes économistes. — Londres, 1771, in-1?.

Sacrale, tragédie en cinq actes. — Amsterdam, 1764, în-S".

Théâtre espagnol, trad. — Paris, de Hanav jeune, 1770, 4 vul. ln-12. — Tome I" : l\ Constapce a l'éjireuye, le Précepteur sup

Tome II : Le Viol puni, la Cloison, Se déÛBT des apparences, la Journée difficile ; —Tome III : On ne badine point avee Tamour, la Chose impossible, la Hessem*^ blance, TOccasion fait le larron ; — Tome lY : Le Sage dans sa retraite, la Fidélité difficile, le Fou incommode ; Intermèdes : Des Melons et de la femme têtue, des Beignets, du Malade imaginaire, de la Relique, de TEcolier magicien.

Très humbles^ très respectueitses observation» adressées a Sa Majesté par M^ Linguet, avocat, sur la défense à tut faite d^impri-mer sa requête en cassation contre les arrêts des 4 février et 29 mars 1775. — Bruxelles, 4776, in-S^.

Théorie des lois civiles^ ou Principes fondamentaux de la société. — Londres (Paris), 1767, 2 voL in-12. — Autre édition, avec Lettre sur cet ouvrage, Paris, 1774, in-12i 3voL

Théorie du libelle^ ou FArt de calomnier avec fruit, dialogue philosophique pour servir de supplément à la Théorie du paradoxe (de Tabbé Morellet). — Amsterdam (Paris), 1775, in-12.

Voyage au labyrinthe du jarMn du roi. — La Haye (Paris), 1755, in-12.

CMmm lui attribue (1771) un ouvrage ayant pour titre : Origine des premières sociétés^ des paupleSy des sciences et des arts^ et d«s

«ftowei anetans et modemet; m&Ii rlea ne Dou a prouvé que ce Une fût de loL Grimu n'y re^rdalt pas de al yrhi : fi trouvait là l'occasfoD de placer on de ces bons mots au vitriol dont II avait le secret, il svaltgagné sa journée.

Nous trouvons aussi dans le Lingwtiana, de Cousin d'AvalIon, un Eloge de l'art du toiffeur de fêtâmes, qui ne nous parait pas devoir Gérleusemant être attribué à l'auteur des Aanalet,

Un mémoire manuscrit de Linguet, composé en 1782 pour le département de la marine, sur les moyens d'établir des dgnaux par la Lumière, ses Riflexiont lur la lumière (178i), quelques passages de ses œuvres prouvent qu'il avait pressenti et deviné lee agents de la science moderne etlerOle futur do la télé^aphie^ de la vapeur et de l'électricité {V. note 13, .p. 157). 11 avait aussi redressé quelques erreurs de d'Âlembert, avec assez de succès pour troubler un moment le repos de celui-cL

Outre les Annalet politiques, son œuvre capitale, Lln^oetarédigéle/ourno^ deliuérature, du 25 octobre 1774 au tS {nin 1778.

qnf passa aux raains de Lali3rnG'{m!Û i77S}, Urissot racc-u=o avec une lin pa f: lu nna bip. ié^i"".roté d'avn h- ■'!(('! l'acoiytc; de M^irat dans ki 6ilac- Cio» de VAiiii d'i peuple. M. Uu-irard, le savant blblicgrapliu, en réjiétant cette assorijoa ssas j'avolr approfon'lle, coDtrairement

à flOB habitudes, donne à cette fable une sorte d*aiiKtorité que nous croyons devoir combattre ta nom de ravocat-Journaliste, et en cela QOBfl nous appuyons sur le témoignage de notre compatriote M. Emile Dérodé, ancien représentant du peuple à TAssemblée constitoante de 4848, qui appartenait doublement à ta famille Ldnguet Cet homme de oien, cet avocat distingué, que la mort a enlevé, il y a quelques mois, à ses amis et aux idées libérales, notis a démontré, preuves en mains, que le court passage de Tauteur des Annalm au club des Cordeliers ne suffisait pa« à le faire enrégimenter parmi les énergumènes de la Révolution, quand bien même sa fin tragique ne serait pas la meilleure des réponses à Tallégation de Brissot

Nous regrettons de ne pouvoir, faute d*espace, donner sur Linguet un travail aussi complet que nous l'eussions désiré; mais les curieux de recherches biographiques pourront se renseigner, soit dans la Biographie tiniverseUe (tome XXIV, article de M. Jacob Kolb), soit dans un intéressant Essai historique sur la, vie et les ouvrages de Linguet, par M. Gardaz, avocat (Lyon, 1808, in-^} ; dans V Analyse raieonnée des ouvrages de Linguet, par l'abbé Géruzez (1810, Journal de la Marne); dans V Annuaire de la Marne (18H); dans une Notice pour servir à V histoire de la vie et des écrits de S, N. H%

UnguetfPW Alex. Devérité. Toutefois, comma Il est sage de ne pas prêter Toreille seulemait aux panégyristes ou aux biographes sans passion, nous estimons qu'il y aura profit, pour se Taire une opinion sur l'homme et sur son œuvre, à consulter les Mémoires secrets de Bachaumont et ses continuateurs, la Correspondance de Grimm, les Mémoires de Palissot, de Morellet, la Correspondance de Voltaire, les Trots siècles littéraires de Sabatier de Castres, le Cours de littérature de Laharpe, et à un degré inférieur, les petits pamphlets anonymes du barreau et de la turbulente république des lettres (1).

Les jugements portés sur cet homme pres> que universel se copient les uns sur les autres; les esprits amoureux de la discipline, de l'effacement heureux et profitable, lui reprochent son indomptable énergie, son impétuosité, la hardiesse de son caractère, son esprit novateur et dominant, et manifestent surtout une regrettable tendance à jalouser rétrospectivement ses connaissances, plus étendues que n'en possédaient ses confrèreis du barreau et du Journalisme. Ce n'est pas d'hier que date l'envie dont se voient trop généralement l'objet les hommes qui s*élèH

(i) Deux de ces pamphlets : Quest^ee donc que es

/iraén-làfex Qu'est-ce que linguetf (1790, in-^) mé-

rrient à force d« vêrvû. de sumaf^er dans cet océan de

rent au-dessus du niveau commun. Sans être on grand homme, Linguet fut un mattre homme, et, pour notre part, nous relisons souvent le tableau instructif et coloré de ses luttes avec les économistes de son temps, ies historiens de contrebande et les porte-férule de la fausse critique qui s'acharnaient à disséquer ses ouvrages.

ITeûtril produit que le pamphlet éloquem* ment indigné que nous remettons au Jour, Linguet laisserait un nom dans le calendrier des précurseurs de la Révolution de 1789 ; les abus qu'il a marqués d'un fer rouge, les renommées usurpées qui grouillaient de son temps et auxquelles il arrachait si habilement le masque qui les couvrait.tout cela s'est écroulé avec les dernières pierres de la Bastille ; il y aurait injustice à ensevelir sous les ruines de ce ch&teau royal le nom de celui quia si puissamment contribué à en Jeter les cendres au vent.

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