‹ Mémoires sur la campagne de LithuanieChapitre 11 sur 14 · Corps du général DEMBINSKI · texte numérisé non relu

Corps du général DEMBINSKI

Le 4.* bataillon du 3.* régiment de chasseurs à

pied -, (nouvelle levée.) 18/ Régiment de ligne, 2 bataillons-, (nouvelle

levée.)

1 Escadron du régiment dePosen, i35 chevaux;

(nouvelle levée.)

2 Escadrons du dépôt du régiment de Plock, 220 chevaux -, (nouvelle levée.)

1 Escadron du 3.* régiment de lanciers; (vieux soldats.)

2 Pièces de 6 , artillerie à pied.

(Total: 2 35o hommes.)

Le partisan Zaliwski avait à-peu-près i5oo hommes lors de l'attaque contre Wilna.

Ces troupes furent augmentées par les forces que nous organisâmes en Lithuanie qui pouvaient se monter à près de 10,000 hommes, dont plus de 2000 de cavalerie , par trois pieces de 6 que Chiapowski prit aux Russes et deux pièces de 3 qu'avaient amenées les insurgés lithuaniens. On voit que dans des mains habiles ces forces étaient imposantes et chaque

jour les voyait augmenter à vue d'œil. Il fallait toute Tincapacité de Gielgud pour nous faire tomber.

On peut voir que mon corps était celui , qui était le plus mal composé, n'ayant que de nouvelles levées ; ce fut cependant le seul qui revînt (plus fort qu'il n'était entré en Lithuanie ,) quoiqu'il fît le plus de marches et qu'il livrât le plus de combats ; ce que je dois à la bonne ;volonté des officiers et à leur confiance en moi , car ils voyaient eux-mêmes que la sévère discipline que je maintenais faisait notre force. Chaque jour de repos était employé à l'exercicie des jeunes soldats ; chaque campement un ordre de bataille , ce qui fit , que jamais je ne fus surpris quoique toujours entouré d'ennemis.

En nous séparant à Kurszany mon corps comptait :

hommes.

Major Jablonski , le 4** bataillon du 3/ léger avait à-peu-près 240 hommes dont igo revinrent à Varsovie comme infanterie à cheval . 240

Colonel Bîalkowskl , 2 bataillons du 18.* de

ligne 1100

Colonel Radzîszewski , le 26.* régiment formé

en Lithuanîe 700

homme.

Major Matusewicz , bataillon lithuanien adjoint au 3.^ léger 5oo

Colonel Brzezanski , cavalerie de Poscn aux trois quarts lithuaniens 38o

Lieutenant-colonel

Izewski , i4>-^ régiment,

cavalerie de Plock 200

Samogitiens de Strawinski 1 5o

composé du 3/ escadron

Lieutenant-colonel V du 3.* de lanciers 1 20

Janowicz , < détachement de Lisiccki 100

i3.* régiment , y du major Prosor 70

de nouvelles levées i3o

6 Pièces de canon dont deux de 12 ; ^So coups à tirer.

Sapeurs et nageurs , . tous à cheval deux jours après la séparation 4^

Total avec T artillerie et les sapeurs: 38oo hommes.

Les corps russes que j*cus à combattre ou à éviter étaient : 1 .^ La garnison de Szawlc où aurait dû être toute Tarmée russe-, 2.** le corps de Sawoini à Poniewierz-, 3.^ le général Doctorow à Swieczanyj 4..** la garnison de Wilna-, 5,** le corps de Safianow^ 6.^ le général Stankicwicz à Slonim^ 7.^ le général Bolen à Narewka^ 8.** le général Rosen près de Bocki -, 9.® le général Galowin à Sielce ou Minsk.

Voilà le rësumé de ma retraite:

En nie séparant à Kurs^any j'avais loo florins de Pologne en caisse ; ma troupe fut payée régulièrement tous les dix jours ; Tenvoi des émissaires , l'achat des chevaux pour Tartillerie et quelquefois celui de Teau-de-vie et des fourrages m'occasionnèrent de fortes dépenses , cependant je reportais 12,000 fl. à Varsovie. — Je manquais de munitions , et malgré cela , après maint combat soutenu, je ramenai mes caissons pleins et je détruisis en outre une grande quantité de projectiles, ^o chevaux de mon artillerie reçurent des harnais nouveaux ; deux pièces d'artillerie furent organisées en artillerie à cheval ; je pris plus de prisonniers que je ne pouvais en conduire , sans jamais être entamé moi-même , et je ramenai mes. blessés 5 — tout cela sans un seul jour de halte.

Mais ce qui fait ma plus douce jouissance , c'est que je ne permis jamais d'employer les mesures de rigueur que les atrocités des ennemis seniblaient autoriser ; la propriété , même celle prise à la bayonnette , fut respectée autant que le stricte besoin le permettait. •)

*} 11 était juste que le digne exécuteur des ordres de l'empereur Nicolas, le maréchal Paskiewicz, m'houoràt à sa manière , en défendaal par uue basse Ycugcance , au

Les marches forcées que je fis s'expliquent facilement, par 5o chevaux qu'avait chaque bataillon pour soulager les gens fatigués ; ce qui fit principalement nion salut. L'ennemi ne pouvait comprendre la rapidité de raa marche ; sous ce rapport Tart de la guerre a , je crois , de grands progrès à faire. La guerre amènera plus de dévastation , mais aussi l'Europe marche à grands pas à la barbarie , et les guerres qui vont commencer ressembleront à celles des Tamerlans. — L'hétérogène Autriche qui ne veut pas voir son danger , a cependant à mon avis sous ce rapport le plus de ressources ; dans deux ou trois années , (si on lui laisse le tems ,) la barbare Russie la remplacera et alors malheur à Thumanité. L'Afrique a brillé , et a succombé,

mépris des traités, au sénat de la ville libre de Cracoyie (dont je suis citojen) d*y tolérer mon séjour. Il a la mesquine maladresse de m'impnier comme un crime de n'avoir pas imité Gielgnd et les autres généraux en déposant les armes. — Puisse ce dernier trait ouvrir les ^eux aux Russes , et leur faire voir quel est le prix des récompenses accordées par ce gouverne* ment corrupteur , qui n'honore que la lâcheté et ne sait même pas comprendre ou au moins se taire sur une action vertueuse que les nations civilisées onl jus* qu'aujourd'hui su apprécier même dans leurs enuemi^«

l'Asie a eu son tour , l'Europe aura le sien à l'aide de la Sainte-Alliance.

Cette prophétie fera sourire de pitié maint homme>du pouvoir , mais quand, après dix-huit années de paix factice, on vpit l'Europe hérissée de fer comme elle ne l'a jamais été au tems des plus grandes commotions , que partout le frère armé contient le frère , quand on voit une étendue de pays habité par quatorze millions d'hommes privés , par un décret barbare , d'institutions instructives , que les bibliothèques leur sont enlevées , qu'au centre de l'Europe on enlève les enfans comme des bêtes fauves et que d' un autre côté on voit l'apathie , de ceux qui ne voient d'autre danger que la perte de leur place , •,0^ que doit prévoir l'humanité , si non le triomphe de la barbarie? Les sentimens généreux sont comprimés; une fois donc que la horde barbare inondera l'Europe en tenant le fer d'une main , semant la corruption de l'autre , tout pliera. Autrefois c'élait Rome , siège de la civilisation , qui , semant la dissention entre les barbares , les subjugait les uns par les autres , pour les policer ; aujourd'hui c'est un gouvernement barbare et astucieux qui sème les rivalités entre les peuples civilisés et refoule l'Europe vers la barbarie , et cela à l'aide de ceux qui par leur position sont ap-

pelés à la défendre ; — rampant et souple de-r vant le fort qui ose Tinsulter , hautain envers ceux qui le craignent , froidement cruel envers ceux qui sont désarmés , on peut voir ce qui attend TEurope , si ceux qui la gouvernent ne sortent de leur aveuglement. — Pour apprécier la politique immuable de la Russie, qu'on se rappelle que la même mais qui signait la déportation des enfans des Polonais désarmés , pressait cordialement les mains des marins anglais après le favorable accueil de la motion de M. Fergusson. Il flatte , car il tremble ; il foule aux pieds , car il a réussi !

Ma voix n'est point celle d'un ennemi qui parle de son ei^nemi, c'est la voix de la conscience d'un homme auquel elle seule reste pour tout bien et qui ne voudrait pas la perdre pour tous les trésors et toutes les vanités du monde ; cette voix , qui de conviction ' me dit: PRÉFÈRE TA FAMILLE A TOI, TA PATRIE A TA FAMILLE ET LE GENRE HUMAIN A TA PATRIE!

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