DIVISIONS DE L'EMPIRE
la religion, les fondements de la magie. « Personne, dit-il. ne met en doute que la magie n'ait comme point de départ la médecine. » De nos jours même et en Europe, elle s'y mêle beaucoup. L'ancienne institution d'établissements consacrés à l'étude de l'astronomie et de la médecine chez les Chinois prouve donc moins leur amour de la science que cet esprit superstitieux qui leur est commun avec tous les peuples.
La souveraineté du fils du ciel s'étend sur la Chine, la Mantchourie, la Mongolie, la Dzoungarie et le Turkestan oriental, le Thibet. La Chine est souvent appelée les dix -huit provinces, iiiô pa nian. Sa division en dix -huit provinces est géographiquement assez bonne; administrativement, toutefois, elle ne serait pas absolument exacte aujourd'hui et ne remonte pas loin dans le passé. Une partie des provinces mantehoues et mongoles ont été réunies aux gouvernements septentrionaux et occidentaux de la Chine; le reste, ainsi que le Turkestan, est régi par le gouvernement militaire. Le Thibet est soumis à des autorités d'un caractère plutôt diplomatique. Ces diverses contrées paraissent aujourd'hui divisées en vingt gouvernements, dont quelques-uns peut-être sont subordonnés à d'autres. Ces gouvernements sont : 1° ceux de Ghirin et du Nei-lbfi kyan (fleuve Amour) : 2° ceux de Tsfi noé-mongou et de Si noé-mongou, de Nalochen ou de Ngïtsina, de Tme-tiuen, de San-noïn, de Touchetou, de Tmen-si, de Djassakeh et de Tsin-xaé ; 3° ceux de Taugnou-ouryankhai, de Kobdo, deTarbagalai, d'Ili, de Yarkand et de Kharachar; i° enfin ceux de Tsyen-tsah, de Xoo-tsan et de Nari, qui représenteraient les pays manlchous, mongous, turcs et thibétains, si le perpétuel mélange des peuples qui habitent et parcourent l'Asie centrale ne rendait assez décevante cette division. Je dois ajouter que la contrée dite de Nari n'appartient peut-être pas plus à la Chine que l'Abyssinie à l'empire ottoman ou Jérusalem au roi d'Italie.
Des dix-huit provinces, ou iuan, de la Chine, on a formé :
Les gouvernements généraux de
Tmi-li.
nien-kan.
Sso-tuiuen.
Yun-kwey.
Xb-kwah.
Lean-kwafi.
Min-imô.
Kvah-nan.
Comprenant les provinces de
Kan-Sb- et IUen-si.
Yun-nan et Kwei-tniex.
Xs-pey et Xb-nan.
Kwan-tbù et Kwafi-si.
Fo-kyen et Tmô-kyafi.
Nnan-xwey et Kyah-Sb.
Résidence du gouverneur général (tsoun-tou).
Pao-tin.
Lan-tmen.
Tuien-tb.
Yun-nan.
Wb-tuiah.
Kwan-traes (Canton) .
Fb-tmeb.
Kyan-nih (Nankin).
Résidence des gouverneurs subordonnés ( syoun-fou).
Si-nnan.
Yun-nan et Kwei-yafi.
Ws-tmafi et Tman-ma.
Iûvan-tiiieb et Kwei-lin.
Fb-tiueb et Xafi-tiueb.
Kvafi-nih et Nfian-kvin.
Les gouvernements isolés de
Résidence du gouverneur (syoun-fou).
Illan-si Tai-yuan.
Xo-nan Kai-fon.
IHan-ten Tsi-nan.
Kyan-si Nan-tman.
Et ceux moins étendus de
Résidence du gouverneur (fou-yin).
Kin-ty Illun-tyen (Pékin).
IHin-kin Fon-tyen (Moukden).
On compte dans l'empire :
183 fb, ou préfectures de première classe ;
65 tuii-li tmes, ou préfectures de deuxième classe ;
147 tan-tmeb, ou sous-préfectures de première classe ;
1303 myen, ou sous-préfectures de deuxième classe;
Quelques tmi-li tin et quelques tin, ou préfectures et sous-préfectures, dont l'administration présente quelques particularités, et un certain nombre de villes qui, moyennant un tribut, ont acquis une indépendance administrative analogue à celle de nos anciennes communes. Le fait de payer pour se soustraire à sa protection est la condamnation la plus sévère d'un gouvernement : on paye en effet, d'ordinaire, pour être protégé; le salaire d'une fonction remplie est légitime, mais le prince qui accepte une rançon de ses sujets n'est ni bien délicat, ni bien fier.
Je ferai observer ici que les mots de fs et de inyen indiquent des divisions territoriales, bien que réunis à d'autres mots et même pris isolément on puisse en faire usage, dans la conversation rapide au moins, pour désigner les cliefs-lieux, les habitations des magistrats, ou même les magistrats de ces divisions territoriales. Le fs a brûlé, le fb est sorti, signifient le ya-môn du département (ou la préfecture) a brûlé,. le tiui-fs ou le préfet est sorti ; mais les termes de fb et de myen ne s'ajoutent pas aux noms des villes pour désigner ces villes. On dit Tyen-tsin, Nin-po, Kwan-tiueb, Fbtuieb, comme on dit Oxford. Tyen-tsin fb, Nin-po fb, etc., signifient le département de Tyen-tsin, le département de Nin-po, comme Oxfordshire signifie le comté d'Oxford; un Chinois n'y verrait pas plus le nom d'une ville qu'un Anglais ne le verrait dans le mot Oxfordshire.
Vingt et une routes impériales, d'un développement total d'environ 2 500 lieues, sillonnent l'empire : elles sont ou à peine tracées ou mal entretenues; il s'y fait