‹ Mémoires sur la dernière guerre de CatalogneChapitre 32 sur 196 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Arrivée du général Mina, — Dispositions

de Calàf.

Le 9 septembre 1822, le général Mina entra sur le territoire catalan à la tête de huit cents hommes d'infanterie et deux cent

soixante-quinze chevaux , seules forces qu'il eût à opposer à trente mille factieux, organisés, maîtres de plusieurs places fortes et protégés par un grand , nombre de villages et de défilés. Ses ressources financières étaient presque nulles. Il n'avait à sa disposition que des mandats et des lettres de change dont il ne pouvait exiger le remboursement. La régence d'Urgel au contraire tirait à vue sur une maison de Paris.

Tant d'obstacles n'étonnèrent point le général Mina. Il avait déjà adressé de Sarragosse au gouvernement, pour lui exposer le véritable état des choses en Catalogne , un rapport qu'il terminait ainsi : « Je devrais dès « aujourd'hui renoncer au commandement; « mais je l'accepte par cela même qu'il offre a des périls. »

Le jour suivant il prit à Lérida le commandement de l'armée qui formait un total de mille sept cent soixante hommes d'infan-

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terie et quelques centaines de chevaux , et le i3'il commença ses opérations. Il marcha d'abord sur Cervera qui était inondée de factieux ; sa renommée le devançait , ils n'osèrent attendre son approche. Castel-FuUit semblait promettre d'opposer plus de résistance. Romanillo l'avait fortifiée avec soin, Eroles la protégeait avec toute son armée. Nous en étions séparés -par une courte distance; le général voulut l'abréger encore ; il avança son quartier général jusqu'à Calaf. De ce point il pouvait observer l'ennemi d'un côté , et protéger de l'autre la communication avec la Basse-Catalogne. Il connaissait l'importance de sa position et sut en tirer tout le parti possible. Il fit en quelque sorte de Calaf le point d'appui du levier avec lequel il se proposait de renverser la régence et de la pousser au-delà des Pyrénées.

Son premier soin fut d'organiser l'armée, d'étudier le terrein et de former son plan de

campagne. Il envoya sur tous les points de la Catalogne des officiers chargés de s'assdrer de la force des troupes , de l'état des places , de l'esprit des villes, des ressources et des difficultés du pays. Il fit venir le général Botten auprès de lui, et manda également le général Manso. L'influence que celui*ci exerçait sur les insurgés fut le motif qui le détermina à cette mesure, bien qu'on ne fut pas sans crainte sur la conduite qu'il pouvait tenir; mais la prudence commandait de le ménager et de tâcher même de lui rendre son énergie.

Mina crut que le meilleur moyen était de l'employer ; il le fit, et jusqu'à un certain point il eut à s'en, féliciter. Le général Milans dont la présence était nécessaire du côté de la mer resta à Matarô. Le général Torrijos passa dans une autre province , laissant après lui Iç double souvenir de la gloire qu'il avait acquf^ et du sacrifice d'amour-propre qu'il venait de faire. Sa division passa successivement sous le

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