CHAPITRE I. l4r
tillerie et d'approvisionnemens ; et porta son quartier général à Vich. Cette ville , d'après les mesures adoptées, devait être une autre Calaf; mais la brusque irruption des Français paralysa tout. Les circonstances d'ailleurs n'étaient plus les mêmes. A tous les malheurs qu'elle apporte, la guerre civile ajoute celui d'épuiser même le parti vainqueur. C'est ainsi qu'après une suite de victoires, .notre armée se trouvait dans une situation plus difficile que lorsqu'elle avait ouvert la campagne. Nous avions, il est vrai, gagné quelque chose sous le rapport du nombre; mais notre position financière s'était encore détériorée. Si la guerre eût été extérieure, nous aurions pu dire avec le grand Frédéric : a Avec le fer nous trouverons de l'argent ». Mais dans une guerre intestine f quand l'un des deux partis est anéanti, contre qui l'autre peut-il tourner le fer?
Quelque part que nos regards fussent dirigés, ils ne découvraient que des objets qui nous
l4^ LIVRE III.
étaient aussi chers que sacrés. Qu'on n'accuse pas les Espagnols d'avoir manqué de force d'âme et de n'avoir pas su s'élever au-dessus des affections privées , lorsqu'il s'agissait du salut de la patrie : la terre des Rhetogènes, des Guzman et des Alvarez ne manque pas de Rostopschin; mais notre gueire était une guerre de principes y elle était p»r conséquent trop philosophique pour suivre les doctrines de celles d'indépendance.
Pour bien juger les faits, il £aut connaître les causes : qu'on nous permette donc d'exposer d'abord les besoins qui nous pressaient, de donner une idée de l'état des places, de celui de l'armée et des finances. Il est important de pouvoir apprécier la véritable situation de Mina à cette époque , avant de passer ati détail de ses opérations militaires.