‹ Mémoires sur la guerre de la Vendée et l'expédition de QuiberonChapitre 16 sur 55 · SAPINAUD DE BOIS-HUGUET · texte numérisé non relu

SAPINAUD DE BOIS-HUGUET

Monsieur le chevalier Sapinaud de Boio-Huguet, connu sous le nom de La Yerrie, avait servi vingt-cinq ans dans les gardes du corps. 11 était resté dans la Vendée pour être utile à ses neveux, MM. Sapinaud de Bois-Huguet, officiers en activité, émigrés avec leurs régiments. Il battit, dès les premiers jours de mars 1793, les garnisons de tiffauges et des Herbiers, et leur enleva trois pièces de canon. A son retour à la Verrie, il sauva de la fureur des paysans M. de Beaulieu, père de douze enfants, et partisan zélé de la révolution. Le ciel le récompensa de ce ^rait d'humafiité^ et le fit triompher de nouveau à la bataille des Guérinières^ bataille où les paysans moatrèvrent que leur intelligence égalait leur courage. Instruits que les républicains venaient au nombre de deux mille pour les attaquer, ils quittent tout à coup leurs chefs, sans écouter leurs voix qui les rappellent, et vont par un chemin très-étroit surprendre leur ennemi qui s'empressait d'arriver au pont ■ Gravereau. Saisi d'une terreur subite, il est battu complètement, et perd mille hommes dans sa fuite.

M. Sapinaud; après cette action glorieuse, fut établir son quartier général au château d'Oie^ nommée peu d'années avant; T Abergement, et que MM. Sapinaud, qui en étaient seigneurs; avaient vendu. Il respirait au berceau de ses pères du trouble des combats^ lorsque le général Marcé vint s'cm- ,parer de Chantonnay. Il marcha aussitôt contre lui, et l'en •chassa. Ce général revint le 19 mars, avec quinze cents «hommes, offrir la bataille aux royalistes dans le vallon au 'Laye. Ceux-ci les repoussèrent et enfoncèrent leurs colonnes. Cependant l'artillerie ennemie tenait ferme. M. Sapinaud, voyant les Vendéens trembler à chaque détonation, les ra-

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nîme par cette harangue héroïque : « Mes amis, no craignez rien; regardez-moi et suivez-moi. » Attentif quand on va mettre le feu au canon^ il se jette à terre, laisse passer les boulets^ se relève, court aux batteries et s'en rend maître, à Faide des paysans qui Font imité. M. de Royrand, que son âge et ses services^ plus que sa capacité, avaient fait nommer général en chef, complimenta M. Sapinaud sur sa témérité à affronter la mort. « Vous vous trompez, mon ami, lui ditil; je la crains plus que personne ; mais je serais fâché que l'on pût se montrer plus brave que moi dans le danger. » Ce combat, connu sous le nom de Saint-Vincent, porta Teffroi dans rame des républicains, et rendit les royalistes maîtres d'un terrain immense.

M. Sapinaud, revenu à la Verne pour ses affaires, fut obligé d'y faire aussitôt un rassemblement, et de se porter vers Châtillon d'où l'ennemi s'enfuit à son approche. Il poursuivît sa marche jusqu'à la Châtaigneraye d'où il envoya deux pièces de canon et deux barils de poudre à Mortagne. 11 s'y transporta lui-même, et y fut reçu comme en triomphe. La maison de madame Sapinaud de Bois-Huguet, sa belle-sœur, ne se désemplit pas pendant les six heures qu'il y passa. M. de Royrand et lui, sur la fin de mai, marchèrent avec les autres chefs contre Fontenay; ils dirigèrent leurs divisions du côté de Saint-Hermine, pendant que les autres généraux l'attaquaient sur deux points opposés; Fontenay fut bientôt le prix de leur valeur. Le butin fut considérable, mais partagé avec inégalité, ce qui excita les plaintes de M. de Royrand.

Peu de temps après, M. Sapinaud de la Verrie fit plusieurs prisonniers dans un combat auprès de Chantonnay, parmi lesquels était le colonel Monnet. Ce fut le dernier rayon du bonheur que le sort fit luire sur sa carrière : Tattatiue infructueuse de Luçon, faite à la fin de juin, le navra de douleur; 'en vain resta-t-il le dernier sur le champ de bataille; rien ne put empêcher la fuite de l'armée royale, occasionnée par des déserteurs que M. de Royrand avait accueillis imprudemment dans sa division, et qui retournèrent à leur drapeau. Cepen-

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