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Mémoires sur le Marquis de Varembon avec notice et annotations par feu Jules Borgnet

Les mémoires qui suivent sont extraits du ma* nuscrit n° 413 de là Collection de Lorraine, à la bibliothèque nationale de Paris. Ils occupent dans ce volume 28 feuillets in-folio d’une assez bonne écriture de la fin du xvi° siècle ou du commencement du xvn e .

Les recherches que j’ai faites ou que d'autres ont bien voulu faire pour moi, m’autorisent à dire que ces mémoires sont inédits et môme inconnus.

L’auteur de ce petit ouvrage ne se nomme pas ; mais l’éloge qu’il fait des troupes bourguignonnes démontre assez clairement qu’il était de la Franche- Comté, province dépendante alors de l’Espagne.

Fut-il témoin oculaire des faits qu’il rapporte?

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Rien ne le prouve suffisamment. Mais il semble assez probable qu’il était attaché à la personne de Marc de Rye, marquis de Varembon, colonel bourguignon au service d’Espagne. De là, le rôle important qu’il fait jouer à cet homme de guerre, le silence qu’il garde généralement sur les événements auxquels le marquis resta étranger, enfin le soin avec lequel il enregistre le nombre et la nature des blessures que ce capitaine reçut ou même qu’il faillit recevoir.

Il ne faut donc pas chercher dans ces mémoires une histoire complète des faits qui se passèrent dans notre pays, depuis la réconciliation des provinces wallonnes, jusqu’à la prise de Venloo(1579- 1586). Mais s’ils sont, sous ce rapport, singulièrement incomplets, en revanche ils donnent sur certains événements auxquels le marquis de Varembon se trouva mêlé, des détails qu’on chercherait vainement dans les ouvrages qui, comme ceux /. de Strada, le Petit, Bentivoglio et van Meteren , ont traité longuement de l’histoire de cette époque si orageuse.

C’est pourquoi nous avons intitulé ce récit : - Mémoires sur le marquis de Varembon. »

Quelques mots sur ce personnage ne seront donc pas déplacés ici.

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Au dire de l’auteur de ces Mémoires, Marc de Rye était « des principales maisons de Bourgogne. » Dunod de Chômage et Gollut 1 donnent d’assez longs détails sur la généalogie de cette famille qui portait d’azur à l’aigle d’or.

Simon, seigneur de Rye, Balençon et Dicey, épousa Antoinette de la Baume Montrevel, qui lui donna douze enfants en six couches, six garçons et six filles. Le second de ses fils, Gérard de Rye, eut de son mariage avec Louise de Longwy, Philibert, Marc, Claude, Joachim et Antoinette.

Claude, baron de Vuillafans, capitaine de chevau-légers est probablement celui qui fut battu et tué par Maurice de Nassau, entre Turnhout et Herenthals, le 24 janvier 1597 1 2 . Joachim, marquis de Tréfort , gouverneur de Bresse , décéda sans postérité en 1603. Antoinette épousa Gaspard d’Andelot, baron de Chemilli.

Philibert de Rye, baron de Balençon, l’aîné de

1 Dunod de Charnaqk, Mémoires pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne, Besançon, 1740, p. 79 et 510. — Loys Goulot, Mêm. hist. de la république sequanaise, p. 564, 1125 et 1648. — Voy. aussi Bull, de la Com. roy. d'hist., l r « série, t. XI, p. 151; et 2* série, I, 142.

2 Claude de Rye, comte de Yarax, baron de Balançon, était maître do camp général de l’armée, quand il fut tué entre Turnhout et Herenthals. Montplrinchamp. Histoire de r archiduc Albert, 152 et 153.

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la famille, réunit la majeure partie des biens de sa maison. Il eut pour fils Christophe de Rye de la Palu, marquis de Varembon, comte de Varax, et de la Roche, et pour petits-fils Claude de Rye, baron de Balençon, général de l’artillerie dans les Pays-Bas et gouverneur de Namur, en 1645. Philibert, était capitaine de chevau-légers ; comme l’indiquent ces Mémoires, il fut fait prisonnier dans une escarmouche près de Bergues Saint- Winoc, en 1582, et mourut en 1586.

Quant à Marc de Rye, c’est celui que ces mémoires mentionnent si fréquemment, sous le nom de marquis de Varembon. A l’époque de la bataille de Gembloux, il était colonel d’un régiment de Bourguignons 1; . Vers la même époque, il fut chargé par don Juan d’Autriche d’une mission près de l’empereur, des archiducs Charles et Ferdinand, du duc de Bavière et d’autres princes de l’empire. Il se signala dans les armées d’Alexandre Famèse, et il commandait en 1582 quatorze enseignes de Bourguignons (1700 hommes). Ses services lui valurent, après la prise d’Anvers, le collier de chevalier de la Toison d’or.

1 C'est vers cette époque qu'il eut, avec M n< de Tournon, l'intrigue amoureuse racontée par l’auteur do l 'Histoire de don Jean d'Autriche, (Amsterdam, 1690,232 ;) et par les Mémoires de Mar-' guerite ue Valois, édition de Charles Caboche, 144, 153 et suiv.

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