‹ Mémoires sur les animaux sans vertèbres (volume 3)Chapitre 128 sur 129 · ADDITION · texte numérisé non relu

ADDITION

Depuis l'impression de ce cahier, j’ai reçu et j'attends encore plusieurs Ascidies qui n’y sont pas mentionnées, et qui feront, en conséquence, le sujet d’un supplément dès que leur nombre sera devenu assez considérable pour offrir quelque intérèt au lecteur. Je crois cependant à propos de dire un mot de deux espèces qui m'ont été adressées par M. Leach, auquel ce premier travail a déja de nombreuses obligations.

La première est, je crois, l’Æscidia lepadiformis de Müller. Elle ne diffère des individus figurés dans cet auteur que par son estomac un peu moins élevé : elle a en même temps beaucoup de rapports avec l’Æscidia claväta de M. Cuvier, ou plutôt ces rapports sont tels, que, pour l’en distinguer anatomiquement , il faut avoir recours aux détails les plus secondaires : par exemple, au nombre des vaisseaux transverses des branchies, qui n’est que de quinze à seize ; à la longueur remarquable de l’œsophage , d’où suit la position fort inférieure de l'estomac ; à la petitesse de la moelle du pédicule, et de ce pédicule lui-même, à quoi l’on peut ajouter la mollesse et l'extrême transparence de l’enveloppe. L'examen attentif de cette Ascidie m'a paru confirmer tous les caractères que j'ai attribués au genre Clavelina. Je suis bien aise que cetexamen me procure une nouvelle occasion de remarquer que, dans les espèces de ce genre, les œufs qui sortent de lovaire ne se répandent pas

298 ‘ ADDITION. | immédiatement au-dehors, mais séjournent quelque temps et peut-être éclosent (voyez pl. xr, fig. 2. &) entre la tunique et les branches, :

La seconde espèce, envoyée par M. Leach, est une petile Ascidie composée qui me paraît conslituer un genre intermédiaire entre lesSyrzoicumet les Aplidiurmn. Elle s'éloigne de ces derniers par la conformation de son estomac, qui est en tout semblable à celui des Synoïcum ; mais elle s’en rapproche par la nature de sou sac branchial. L'air grèle et pédiculé de son ovaire lui donne en même temps quelque ressemblance avec les Sigillines. Elle a l’orifice branchial découpé en six dents; l’orifice anal simple, tubuleux , et appliqué contre le thorax , comme dans l’Aplidium caliculatum , pl. XvIr, fig. 23 le thorax cylindrique , compacte , pas plus long que l'abdomen, qui est assez court ; estomac perpendiculaire, garni de beaucoup de petites glandes arrondies , qui semblent vésiculeuses ; l'intestin tourné en spirale, et rempli d’excrémens granuleux; l'ovaire pédiculé, mince comme un fil, dilaté et plein d'œufs dans sa parlie inférieure; enfin, l'enveloppe commune à tous les animaux, gélatineuse, et d’une transparence presque parfaite. Le caractère le plus sensible à exterieur consiste dans la disposition des animaux, qui forment un faisceau arrondi en tête au sommet et rétréci vers le bont sur lequel il pose, à peu près comme certains Madrépores à une seule étoile. On pourrait ajouter que les orifices semblent figurer, par leur arrangement, des eilipses étroites dirigées du centre vers la ciréonférence, comme les laines de ces Madrépores. Je donne au genre auquel appartient l'espèce en question le nom de Sid-

Page 1