‹ Mémoires sur les animaux sans vertèbresChapitre 4 sur 83 · SECOND MEMOIRE · texte numérisé non relu

SECOND MEMOIRE

OBSERVATIONS

SUR LES ALCYONS A DEUX OSCULES APPARENS , SUR LES BOTRYLLES ET SUR LES PYROSOMES ;

Lues à la première Classe de l'Inslitut , le i*' mai 181 5 (a).

A.PRÈS avoir exposé mes observations sur les Alcyons à six tentacules, je me proposais de passer aux Alcyons qui en ont huit; mais je suis obligé de revenir sur les premiers. La Classe, en me permettant de lui communiquer mon travail, m'a fait acquérir les moyens de le perfectionner. Les nouveaux faits que je vais lui soumettre sont dus à la bienveillance dont m'honorent ses membres , et aux secours inattendus que quelques-uns d'entre eux m'ont généreusement accordés.

Dans mon premier Mémoire j'ai prouvé que

{a) Ce Mémoire a été présenté le 17 avril; mais les travaux de la Classe en ont fait dillérer la lecture.

les Alcyons à six tentacules simples avaient nne organisation compliquée , différente de celle que l'on suppose essentielle à tous les Polypes ; que leur bouche communiquait d^abord avec une première cavité, qui pouvait prendre le nom de pe?i' tricule thoracique ; qu'un seul intestin partait de cette cavité pour se rendre à une autre, que j'ai nommée ventricule abdominal } qu'au sortir de ce second ventricule, l'intestin, toujours unique, mais plus gros , se recourbait et remontait vers la surface du Polypier, sous laquelle il se terminait par un orifice distinct ou un anus. J'ai de plus observé que ce gros intestin était communément lempli d'une matière demi-liquide, divisée par petites masses , et ressemblant à des excrémens. Enfin , j'ai remarqué que l'évacuation de ces excrémens ne pouvait s'efïèctuer que par une ouverture extérieure correspondant à l'anus. Or^ cette ouverture, indiquée d'une manière équivoque sur quelques espèces, demeurait invisible sur toutes les autres. Des organes , si semblables en apparence à un système digestif, auraient-ils eu une autre destination ? La difficulté était fâcheuse , mais l'amour de la vérité ne me permettait pas de la dissimuler.

Il existait: une espèce dont l'examen aurait éclairci mes doutes. Je veux parler de VAlcjonium ascidioïdes ^ que Gaertner avait réuni a quelques Ascidies , et compris dans son genre Di-

TtLS ASCIDILS COMPOSAIS. 27

stoj7ius , parce qu'il avait observé à la surface de ce corps des cellules proéminentes , pourvues chcicune de deux oscules ou petites bouches. En supposant le fait exact, un des deux oscules ne pouvait que servir d'anus; mais deux ouvertures parfliitement semblables , et couronnées également de six raj^ons , ne répondaient-elles en effet qu'à un seul animal?

Cette question est aujourd'hui résolue. J'ai observé, dans la collection de M. Cuvier, deux espèces d'Alcyons gélatineux, qui méritent, aussi bien que le précédent , le surnom à^ascidioïdes^ parce que leurs petits animaux ont, de même que les Ascidies , deux ouvertures tubuleuses , semblables pour la forme, quoique leurs relations soient très-ditrérentes , puisque l'une conduit à la bouche, et l'autre à l'anus. L'examen de l'organisation intérieur de ces Alcyons à deux oscules m'a prouvé qu'elle ne différait point de celle des Alcyons précédemment décrits. Il est donc démontré par l'analogie , que les espèces d'Alcyons pourvues de six tentacules simples, quel que soit le nombre des oscules apparens, en ont toujours deux à chacune de leurs cellules.

La position et la forme de ces ouvertures , lorsqu'elles sont également visibles , et qu'elles surmontent des cellules elles-mêmes proéminentes, donnent aux Alcyons gélatineux l'aspect général des ascidies. Il parait certain que les rapports de

aS 2* MÉMOIRE.

Page 1