DEUXIÈME EDITION
Là première moitié âe rourfdge qm de tëtttk^ prime auiourdlmi fut publiée en i8ig^ Cékit une époque d'espérance. Une Cliambre enpiartie coDstitirtionnefie , dés ministres qui avaient rendu à la France le )ury pour les délits de h {presse , une administration yaciDante, maid c^ semblait animée par te d^fr de &ire le bieà, tout annonçait des améliorations progressives.
Le but des Lettres sur les Cent ïoars était de faroriser ces améliorations, en montrant que ia faction qui les repoussait avait à elle seule , au ao mars , sacrifié la monarbhie à la haine de la liberté.
Durant la publication périodique de ce»
Letltes , les choses changèrent : un événement à jamais déplorable, FasSàsàibat du duc de Berry , vint frapper la France d'ééroi et bouleverser ses destinées. Les ennemie de nos institutions s^en emparèrent) ils firent d^uâ sujet de dèûil un moyeA ^mbîtiôn ; ib dirigé--
VJ INTROBUCTIOî^ s-
reot contre un ministre une accusation déclarée calomnieuse, mais qui n'en renversa pas moins celui qui en était l'objet j et parvenus è la puis,sapce , ils gouverjaéreat comme toujours ^ ils ont gouverné , par - la censure , l'arbitraire , la fraude , quelquefois la violence.
La seconde moitié des Lettres sur les Cent Jfours parut, sous ces auspices. La presse périodique pétait enchaînée , la^ liberté individuelle é1:ait suspendue, des vexations et des injustices provoquaient des complots insensés , et au défaut de conspirations vrate3 , les dépositaires du pouvoir en supposaient de fausses dans l'un des départem^ns les plus beaux, les piua industrieux, les plus constitutionnels de France.
U y avait peut-être qjielque courage à, dé voiler alors, les excès, antérieurs d'une faction triomphante. U n'y en a plus auj.ourd'huî j la faction est vaincue, ses efforts sont impuissans> ses fureurs ridicules; aussi la publication actuelle a-t-elle un autre but.
Lorsq^uun parti aspire au pouvoir, le moyen Le plus sur de le combattre, c'est démontrer qu'il a de tout temps été inhabile, qu'il n'a jamais, connu la situation de la France ni la sienne propre, qu'il s'est. toujours bercé, d'illusions empruntées à. un régime à jamais détruit;^
iNlROi>ucrtON. y\\
qu^rrogant sans être fort ^ féroce parfois sans cesser d'être frivole , il a toujours' blessé une nation qu'il ne pouvait vaincre; enfin que son alliance a toujours été désastreuse pour la monarchie , parce qu'il a voulu obstinément une monarchie que le siècle ne comporte plus. Nous avons donc pensé que la réimpression des Lettres sûr les Cent Jours ne serait pas inutile. En efifet, si, lorsque l'éducation constitutionnelle de la France était peu avancée; Jorsque la majorité des Français n'avait aucune idée claire de la nécessité et de la nature de la plupart de nos garanties; lorsque la liberté de la presse semblait à beaucoup d'esprits la cause de quelques écrivains ambitieui^ de gloire ou avides de fortune; lorsque toute attaque contre les ministres était considérée comnie un outrage au pouvoir roy:al; lorsqu'enfin les souveutrs d'une révolution terrible pesaient sur toutes les âmes et persuadaient aux citoyens paisibles que toute résistance légale était un péril, toute constitution une chimère, tout appel aux droits les plus sacrés une tentative d^nsurrection , qui devait entraîner des boule-^ versemens et finir par la tyrannie; si, disonsnous, dans un tel état 'de chose , le parti contrerévolutionnaire n'aprofilté défaut de préventions
Viij INTRODUCTiQK.
qui lui étaient &yorable3 que pour placer la France sur un abîme et aufiener une catas« tropbe qui eût perdu la -monarchie peut-être à jamais, sans la haine qu'inspirait aux rois et aux peuples de FEurope l'homme qui avait fait des uns ses vassaux, des autres ses es* claves, que serait-ce aujourd'hui que les lumières sont répandues dans toutes les classes , que le besoin des garanties est senti par le pauvre qui veut acquérir, comme par le riche qui veut conserver; que treize années de luttes^ 4e discussions, de victoires, de dé&ites, ont fait envisager toutes les questions sous tous les points de vue et prouvé à quiconque n'est pas également dépourvu et de raison et de bonne foi , qu'il n'y a de repos que dans Tordre y d'ordre que dans la liberté?
Néanmoins, le parti qui est l'auteur de tous les maux de la France n'est point convaincu de cette vérité évidente ; il rêya des coups d'État; il croit que s'il ressaisissait le pouvoir, il en profiterait moins maladroitement que dans les occasions précédentes. Démontrons-lui donc que ses espérances sont mal fondées, que la cause de se^ revers n'est pas dans telle imprudence de détail, dans telle impatience intempestive ; qu'elle est dans sa nature, dans
INTRODUCTION. ix
le fond de sed doctrines, dans la marche nécessaire que ces doctrines le forceront toujours à suivre; marche qui l'a perdu de i8i4à i8i5, et que n'ont pu modifier ni la fougue qui a provoqué son désarmement en 1816, ni les ruses qui ne l'ont maintenu au pouvoir durant six années que pour attirer sur la tête de ses che& la haine et la réprobation nationale.
Certes, si nous avions voulu dépasser l'époque des Cent Jours ^ et suivre ce parti depuis 181 5 jusqu'au moment où nous écrivons , nous aurions eu beaucoup plus d'avantages. Les expériences ont été nombreuses.
De 181 5 à 1816, imprudences sur imprudences; discours propres à faire naître en France la guerre civile; actes plus absurdes encore que tous les discours; proscription des protestans dans le midi ; rappel à l'ordre de leur défenseur ; menaces de cachots, de supplices, de bourreaux, adressées à la France presque entière ^ création de suspects comme sous la terreur, et division de ces suspects en catégories : de i8ao à 18111 , calomnies contre le pays, à Toccasion d'un crime exécrable, mais d'un crime médité par un seul homme dans sa démence solitaire; appui accordé à une loi anti- nationale, qui devait soulever