‹ Mémoires sur les Comités de salut public, de sureté générale et sur les prisonsChapitre 14 sur 126 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Comité de salut public et nous initie aux motifs delà création du second en ces termes :

ce Si l'on considère ce qu'a fait le premier Comité de salut public, on trouvera qu'il s'occupa constamment de l'armement des bataillons qui se présentaient de toutes parts, grâce aux mesures prises avant la Convention par les agents du pouvoir exécutif. Il témoigna aussi combien il était difficile de résister aux menaces de guerre civile qui sortaient de toutes les bouches soit dans les départements du Midi, irrités des événements du 31 mai, et fédéralisés, soit dans les départements de l'Ouest, exaspérés par les recrutements, travaillés par les nobles et les prêtres. Ceci fut assez pour que Danton, qui entendait tous les jours les opinions vraiment nationales exprimées au sein du Comité, conçut l'idée de faire changer les membres de ce conseil, d'y placer, s'il le pouvait, ses fidèles créatures, et de se tenir en dehors du Comité pour le diriger, le faire marcher à son gré, et n'encourir aucune responsabilité de gouvernement. Un jour du mois de juillet, il vint, d'un air désintéressé, déclarer à la Convention que les affaires publiques n'avaient point une marche assez forte et un caractère assez prononcé, au milieu des divisions du fédéralisme et de la Vendée ; qu'il croyait que les membres du Comité de salut public devaient être renouvelés ou du moins soumis à une réélection ; que ce conseil de neuf membres n'était pas assez nombreux, qu'il fallait le porter à douze, que, quant à lui, il priait l'Assemblée de recevoir sa démission. Étant peu propre à ce genre de travail, dit- il, je ferai mieux en dehors du comité; j'en serai l'éperon au lieu d'en être l'agent, et j'opérerai plus de bien *. »

Sous l'impression de ces paroles modestement orgueilleuses par lesquelles Danton abdiquait un pouvoir que ses collègues, mécontents de la part prise par lui au 31 mai ne lui eussent pas continué et prévenait ainsi un échec , la Convention rendit le décret de renouvellement demandé ^10 juillet). Elle procéda au scrutin public, par appel nominal à la composition du nouveau Comité de salut public, dans lequel furent maintenus seulement deux membres de

1 Barère, Mémoires, t. II, p. 103-104,

INTRODUCTION. XVU

l'ancien : Robert Lindet et Barère. Il se composa en outre de Hérault de Séchelles, Jean-Bon-Saint- André, Prieur de la Marne, Gasparin, Couthon, Thuriot, Saint- Just.

Le 27 juillet, Gasparin démissionnaire fut remplacé par Robespierre. Bientôt la nécessité d'avoir dans le Comité des hommes spéciaux, notamment en ce qui touchait les opérations militaires, se fit impérieusement sentir. Barère s'en fit l'organe et la Convention autorisa le Comité de salut public à s'adjoindre comme membres Carnot et Prieur (de la Côte-d'Or), tous deux officiers du génie (14 août). Un sentiment plus politique que patriotique fit aussi entrer au Comité Billaud-Varennes et Collot-d'Herbois qui déclamaient contre le Comité et pouvaient lui porter, s'ils en demeuraient éloignés, des coups dangereux, tandis qu'en prenant part à ses délibérations, ils en partageaient la responsabilité et étaient tenus de les défendre. Thuriot et Granet, ce dernier nommé en même temps que Billaud-Varennes (6 septembre) ayant donné leur démission, le Comité fameux qui devait, en vertu d'une réélection mensuelle, exercer en permanence la dictature du salut public, jusqu'au 13 thermidor an III, se composa de douze membres, réduits à onze par la mort de Hérault de Séchelles, guillotiné avec Danton le 3 avril 1794.

Pour en finir avec l'histoire du Comité de salut public au point de vue de sa durée, disons que, le 13 thermidor, la Convention y fit entrer six nouveaux membres, pour y remplir les places rendues vacantes par la destitution de Jean-Bon-Saint- André et de Prieur de la Marne, par le supplice de Hérault de Séchelles, Robespierre, Couthon et Saint-Just, Ces six membres furent Laloi , Eschassçriaux,

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