‹ Mémoires sur les Comités de salut public, de sureté générale et sur les prisonsChapitre 25 sur 126 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

naissance, par un journal épistolaire presque quotidien, olu régime intérieur des prisons pendant la Terreur. Cette Correspondance si complète, puisqu'elle va du huitième jour de l'entrée en prison jusqu'à l'avant- veille de la sortie pour le supplice, est le seul monument du même genre que nous connaissions. De plus, elle n'a jamais été réimprimée depuis sa publication, par les soins pieux du gendre et de la fille de Roucher, en 1797.

Enfin si l'auteur de ce poëme des Mois, que Eivarol appelait trop malignement « le plus beau naufrage du siècle, en poésie, » ne tient dans notre littérature, qu'un rang secondaire, ses lettres lui font le plus grand honneur; elles respirent la probité, la dignité, la pureté de sa vie; elles attestent l'excellent homme, l'excellent mari, l'excellent père; elles témoignent d'un caractère supérieur encore à son taleut, qui n'avait pu tenir toutes ses promesses.

Roucher est mort à quarante-neuf ans. Il est mort en pleine virilité, en pleine maturité d'une noble et belle intelligence. En lisant, non sans attendrissement, ces lettres intitulées par son éditeur, selon son vœu : Consolations de ma captivité *s ces Miei Prigioni du Silvio Pellico de la dévolution (un Silvio Pellico plus philosophe encore que chrétien, il est vrai), on trouvera qu'elles sont le meilleur, on regrettera qu'elles aient été le dernier de ses ouvrages. On déplorera une fois de plus le crime d'une révolution qui a pu envoyer au supplice

1 Consolations de ma captivité ou Correspondance de Roucher, mort victime de la tyrannie décemvirale le 7 thermidor an 2 de la République française, à, Paris, chez H. Agasse, imprimeur-libraire, rue des Poitevins, n° 18. An VI de la République (1797).

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