‹ Mémoires sur les modifications à apporter à la fortification en raison de la portée nouvelle des armes à feu, par... V. MordretChapitre 14 sur 20 · PLACES FORTES · texte numérisé non relu

PLACES FORTES

Soit d’abord la ville d’Ath. Celte place (fig. 8) affecte à peu près la forme d’un carré, dont chaque côte porte deux fronts. Prise en 174(> par les Français, les bastions I et 6 et les ouvrages extérieurs furent démolis et les fossés comblés. Reconstruite de 1820 à 1830, on a déployé toutes les ressources de la fortification ; contre-gardes, demi-lunes avec réduits, fossés et avant-fossés pleins d’eau cl secs à volonté; qu’explique l’importance de cette place — située sur le confluent de deux rivières, communiquant avec Tournay , Mons , Bruxelles par trois grandes routes; servant d’appui à une armée envahissante ou défensive.

Appliquez à cette place le système de grands fronts détachés pour dehors, vous aurez (fig. 9) une place dont le développement extérieur représente treize fronts ordinaires susceptibles de recevoir ‘une

plus forte garnison , exigeant pour être attaquée une armée plus nombreuse et des travaux de siège plus considérables, comme on peut s’en faire une première idée par le tracé des trois parallèles d’attaque figurées aux dessins 8 et 9.

Pour mieux se rendre compte des difficultés que l’ennemi aura à surmonter pour prendre cette place, supposons (ce qui aurait dû cire) qu’elle affecte (fig. 10) la forme d’un carré régulier.

Alors le bastion d’attaque H est tout-à-fait obtus, il présente un rentrant de 300 mètres, comme les bastions en ligne droite. Ce qui est la plus grande difficulté qu’on puisse rencontrer.

Ensuite les établissements de l’ennemi dans les bastions G H A sont vus par trois côtés du carré intérieur et deux côtés du carré extérieur.

Le bastion II est soumis aux feux des fronts 7-"8 et 8-1 , qui ne peuvent être éteints que par des batteries élevées dans les réduits g et b, ce qui justifie l’étendue des attaques.

L’intérieur du bastion G est battu : 1.° par la face et le flanc droit des bastions 5-6 et les courtines attenantes (le feu des flancs ne peut pas être éteint); 2.° par les flancs droits des bastions E et F et les batteries élevées dans l’intérieur de, ces bastions dont l’une sera étendue jusqu’à l’enceinte.

De plus ces batteries voient le glacis et le fossé

en avant du bastion G et les contre-batteries de l’ennemi sur la tenaille G-H. Enfin ces batteries sont inaccessibles.

Le bastion A est identiquement dans les mômes conditions que le bastion G (I).

On conçoit combien sera ditïicile cette position de l’ennemi qui verra ses batteries souvent rasces, position qui durera tout le temps qu’il mettra à descendre du bastion H, à cheminer sur le glacis de l’enceinte, à établir ses batteries de brèche, à faire son passage de fossé et à donner l’assaut au bastion 8 retranché à la gorge.

La défense est moindre pour l’octogone régulier (fig. 11). Ici le bastion II est loin d’être dans un rentrant; les fronts 7-8-1 sont plus facilement ricochables et les feux, qui de l’enceinte intérieure et des bastions détachés peuvent être dirigés contre les établissements de l’ennemi, sont moins étendus que dans le carré (fig. 1 0).

De là celle conséquence que la défense du carré, contrairement à ce qui existe dans les places à enceinte continue, est supérieure à celle de l’octogone régulier.

(I) Tout ccci s’applique à loute place rectangulaire.

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