‹ Memoires sur les prisons. Tome premier second Tome premier, contenant Les mémoires d'un détenuChapitre 1 sur 35 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

-Lorsque la révoluiion* commencée par la réforme nécessaire d’un ^and nombre d’abus, laissa quelques hommes, les uns aveugles ou troilipés , les autres furieux ou sanguinaires , usui'per le soin de régler sa course, elle pariA rétrograder. On avait voulu anéantir jusqu’aux traces les plus légères de despotisme , et bientôt un despotisme hideux vint s’asseoir sur de& débris. Que de transports légitimes n’avait pas excités la prise de la Bastille! tout un peuple avait salué le renversement de ses murailles par des cris d’allégresse, et l’on était loin de prévoir que deux ans plus tard la France Serait couverte de Bastilles nouvelles, où tous les genres de* persécutions seraient épuisés; l’on était loin de prévoir que, par * une déiision lâche et' cruelle , quelques-unes de ces prisons recevraient le nom de Repaire , litre que leur régime et leurs gardiens devaient trop bien justifier (i).

(i) A Blois , on lisait au-dessus de la maison d’arrôt celle inscription en lellrcs d’or.; repaire oes gens suspects. * RIOUtfPEi , a

\\ ANT-l-nOPOS.

Quoique irenie ans se soient écoulés depuis celte funeste époque , un drame si pathétique ne peut jamais perdre Tintérèt qii’il porte avec lui. Aussi les nombreux détails renfermés dans les Mémoires qu’on, va lire, et qui sont tous écrits par des victimes échappées à la proscription, réveilleront-ils avec force les sentimens de pitié que toutes les souifrances humaines peuvent remuer au fond des cœurs. . .

Nous avions à clioisir entre bien des récits différeps : tant tl’iuforlimés ont langui dans ces gouffres où les entassait la terreur! Nous avons dii préférer les relations qui oifrent ou le caractère du talent, ou celui d’une inspiration naïve, toujours assez touchante quand elle est vraie. Nous rangeons surtout dans la première classe et le récit original de Beaumarchais, et le tableau si dramatique des prisons de Lyon, par M..Delandine; mais la première place appartenait, sans contredit, aux Mémoires de Rioulîe. La Notice qui les précède est écrite par une main qu’il pressa souvent dans la sienne : Je soin de faire connaître sou esprit et Son caractère appartenait à l’amî^tié. Nul ne fut plus que RioulTe sensible aux malheurs des hommes; il se fut réjoui d’avoir pour biographe, comme il l’avait eu pour ami ,

AVANT-l’«ül'OS.

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le lueclecia <ioiii l’humanité courageuse sut adoucir les maux d’uu fléau destructeur, et qui honora deux fois eu Espagne son nom , son art <iet son pays.

La pliblication des Mémoires sur les prisons ne pouvait admettre un ordre bien méthotlique ; ils ont rapport presque tous à une même époque, celle cpii a précédé. immédiatement le lo thermidor, c’est-à-dire la cliute de Robespierre. Nos soins se sont bornés à rapprocher des Mémoires de Rioull’e , publiés . èn tête du premier volume, ceux qui côucernent les prisons de Paris qu’il avait parcourues, et dont il a parlé : nous avons conservé pour le second volume les Mémoires relatifs aux prisons de différentes provinces. Enfin, aux relations sm* les prisons proprement dites , . nous avons cru devoir joindre fes détails afïligeans des maux* que souffrirent les prêtres déportas h bord de deux, bàtimens dans la rade de Rochefort. On trouvera ces détails à la fin du second volume.

Nous n’ajouterons qu’un seul mot. Lës’priifous confondaient dans leur enceinte , en i yqS , des hommes qu’excitaienc l’un contre l’autre non-seulement des opinions opposées, mais souvent encore des animosités personnelles*

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