A SES ENFANS
Mon cher fus , tu recevras par là première diligence , quelques morceaux de musique gravée et tout ce que j’ai copié, arrangé et cotnposé de musique, le tout écrit de ma main durant ma captivité. — Il y a du fort mauvais , du fort mal arrangé ; il y a aussi des choses charmantes ; c’est malheureusement tout ce que je puis te laisser. — Rassemblez , mes chers enfans, toutes 'vos forces; votre père n’existera plus lorsque vous recevrez ce pèu de mots. — Conseirez-vous pour votre mère et votre petit frère. — Mon cœur se brise en songeant aux malheurs que nous avons attirés sur l’ami et sa famille. J’espère que mon père aura soin de lui et de * vous, je l’en prie encore aujourd’hui. Continuez à aimer votre patrie ; ne cherchez' de votre vie à tirer aucune vengeance de ceux qui m’ont' si injustement persécuté. Si je pouvais leur faire du bien au moment où ils m’envoient à là mort , ce serait un bonheur pour moi. Consolez-vous de ma perte, en songeant que depuis treize mois votre malheureux père souffrait un supplice mille fois plus do'u-