‹ Memoires sur les terrains crétace et tertiairesChapitre 4 sur 93 · DIVISION DU TERRAIN CRÉTACÉ EN MASSIFS · texte numérisé non relu

DIVISION DU TERRAIN CRÉTACÉ EN MASSIFS

Le terrain crétacé constitue, vers la partie médioseptentrionale de la Belgique, un dépôt à peu près horizontal, reposant sur les tranches des couches du terrain primaire.

Ce dépôt, le plus souvent, recouvert de terrains tertiaires el quaternaires, se divise géographiquement en plusieurs massifs pins ou moins séparés les uns des autres et dont quelques-uns diffèrent par leur constitution géologique.

Ces massifs sont :

Ceux de Tournai et de Mons^ remplissant deux espèces de golfes qui ont leur ouverture dans le grand bassin crétacé de Mons (*);

('} [Il semble qae le mol Aîons est placé ici pour désigner le bassin franoo-belge auquel se raltachenl ces deux massifs. M. M.]

Ceux de Grez et de Gembloux qui paraissent être complètement isolés;

Celui de Jauche qui se rattache très-probablement à celui de la Besbaye;

Et celui du Limbourg qui n'est séparé de ce dernier que par la vallée de la Meuse.

• Enfin je signalerai les traces de terrain crétacé que j*ai observées sur les parties les plus élevées de l'Ardenne, à la Baraque Michel, près de Francorchamps, etc. (*).

On doit croire que ces divers points ont fait partie d'une même mer et que le dépôt d*abord continu a été, par suite des révolutions qui ont donné lieu aux dépôts tertiaires, divisé comme on le voit aujourd'hui en plusieurs lambeaux.

L'élévation considérable à laquelle se trouvent les silex crétacés près des hauteurs de Botrange, annonce que le sol, comme je l'ai fait voir ailleurs, s'est abaissé vers le N.-N.-O. et élevé vers le S.-S.-E., après la formation du terrain crétacé.

(*) [L'auteur ne cite pas ici les lambeaux crétacés qu*il figure sur ses cartes dans les environs de Coursur-Heure (Rive droite de la Sambre) et quM décrit plus loin. M. M.]

JÊleadve et relief.

Le teiraÎQ crétacé de Mons s'est déposé dans un grand golfe dont rexirémîté se trouve vers Carnières et Touver- Uire eotre Tournai et Landrecies ; sa direction est de rO.-S,-0. à rE.-N.-E.; sa longueur depuis Carnières jusque vers Valenciennes est d'environ 10 lieues et la largev de son ouverture de 12 lieues environ. Le bord septentrional est assez uniforme, mais le bord méridional est fort irrégulier.

Cette irrégularité est due principalement à deux caps le terrains primaires qui s'avancent vers le nord^ d'une prt, jusque vers Binche et de l'autre jusqu'à Wasmes,et fBJ comprennent entre eux un golfe qui atteint vers le ^ Goegnies-Cbaussée.

b limite septentrionale passe près de Templeuve, à Toomai, à Goui^ue (entre Caienelle etWiers), au sud de Koueoart, au sud de Blaton, au nord d'Harchies, d'Haoïrage, de Villerot, de Baudour, de Bustiau, de Vaisières, de Saint-Denis, au sud de Gottignies, au nord de Braequegnies, des Hayettes, de Carnières; et la limite méridionale, au sud de Carnières, vers Binche, au sud de liivry, de Havay, de Quévy, de Blaregnies, vers Eugies, Wvquignies, Wiheries, Montignies-sur-Roc , Autreppe, Veaovain, Boussières-lez-Haumont ? et suit enfin la Sambre josqae près de Landrecies.

Aux environs de Toornai, le sol est généralement composé de petits mamelons à pentes douces. Cette forme parait être due aux inégalités du terrain crétacé, qui se trouve an-dessous du limon; car, dans les parties où celui-ci acquiert une très -grande épaisseur, ou bien lorsque le terrain crétacé n'est pas inégal, le sol est sensiblement horizontal, comme, par exemple, au N. du Rieux (entre Blandain et Templeuve), Néchin, Estaimbourg et Pecq.

Il est presque partout couvert de terrain tertiaire ou de limon hesbayen, de sorte qu'on ne peut l'observer que dans quelques points, à savoir, près du Moulin de Baisieux (France), dans un fossé au N. de Cocriamont (à l'entrée d'une drève qui conduit à la ferme de Marly, commune de Blandain), au bois Florent, au N. de Blandain, au S. de Herlaux, dans la vallée de Grand-Rieux ou de la Barge (*).

Des traces de terrain crétacé s'observent en dehors de ce golfe à quelques centaines de mètres au N. de la porte du château près de Tournai, à Chercq, à Bruyelles et même à Vaulx, sur la rive droite de TEscaut, mais elles sont très-peu importantes et sans continuité.

Le bord septentrionnal du bassin offre, en général, depuis Péruwelz jusqu'à Mons une pente assez douce vers la Haine. La partie orientale est découpée par des vallées divergeant à partir de Maurage et le bord méridionnal, notablement plus élevé, offre des pentes plus rapides

(*) Aux carrières situées entre la chaussée de Saint- Amand et Poat-à- Rieux, on ne voit que des traces de marne crétacée ; à la carrière la plus rapprochée an S. du village de Chercq on ne voit pas de terrain crétacé.

ÉTENDLE ET RELIEF. 5

divisées par des vallées qai se dirigent au N. vers la Haine. La partie moyenne offre ane plaine parfaitement horizontale au milieu de laquelle la Haine a son cours.

Le bord septentrional de ce golfe est formé par le ealcaire condrusien à Tournai et à Péruwelz, par le terrain hooiller depuis Bla ton jusqu'à Carnières; et le bord méridional par rétage eifelien inférieur, depuis Binche jusqu'à Qoévy, par le terrain houiller depuis Eugies jusqu'à Wiheries et par le système eifelien depuis Montignies jusqu'au delà de Heauvin. Enfin vers les bords de la Sambre, entre Maabeuge et Berlaimont il repose sur le système condrasieo.

il recouvre donc le terrain houiller de Mons dans presque toute son étendue, excepté vers les bords où ce dernier se montre seulement dans le fond de certaines fallées.

U résulte de cette disposition que le terrain crétacé offre sa plus grande puissance vers l'axe du bassin, tandis qo'il a peu d'épaisseur vers les bords , bien que ses bords Mient assez élevés.

Il est couvert dans quelques points de sa limite septentrionale, entre Quiévraiu et Mons, entre Mons et Havre et vers Carnières , par des terrains tertiaires éocènes. Une couche de limon plus ou moins épaisse s'étend sur la plus grande partie de ces terrains. Enfin dans la vallée de la Haine, tous les terrains sont cachés sous les alluvions modernes.

Le bassin de la Haine est limité au N. par les collines sableuses de Bon-Secours, de Stambruges, de Baudour, du camp de Casteau, de Rœulx, de Fayt.

A partir des collines sableuses qui s'étendent de l'O. à TE. entre Bon-Secours et Camp de Casteau et qui sont

séparées les ânes des autres par le ruisseau de Blaton, etc., le sol s'abaisse assez uniformément jusqu'à la plaine formée par les alluvions de la Haine. Cette bande de raccordement entre la plaine et les collines est couverte par des sables qui, par leur mobilité, rappellent souvent ceux de la Campine; ils proviennent, en grande partie, des collines tertiaires qui limitent le bassin vers le N. et en partie par des sables provenant du système aachenien. Ces sables renferment presque toujours une très-grande quantité de silex blancbàlre provenant du système nervien et quelquefois du système sénonien (le long du bois de la ville, au sud d'Hautroge, Baudour, Ghiin) et, en quelques points seulement, de fragments de craie (à TO. de GhIin, à l'E. de Busliau, au N.-E. d'Obourg).

Ce mélange hétérogène, qui pourrait avoir été fait à l'époque quaternaire, forme une couche plus ou moins épaisse qui recouvre en grande partie le bord septentrional du golfe crétacé de Mons«

Entre les collines de Casteau, celles de Fayt et de la Haine, le sol est plus sillonné par des vallées plus profondes et plus irrégulières dont la direction est encore, si on excepte celle du Thieu, du S. au N.

Le plateau et une partie des pentes sont couverts par le limon hesbaycn , mais le terrain crétacé apparaît au moins sur un des côtés de la vallée.

La colline qui s'étend de Fayt et qui limite à l'E. le bassin de la Haine, est également terminée par un plateau de limon et présente une pente formée en grande partie par les terrains tertiaires et par quelques couches appartenant au terrain crétacé.

Le bord méridional du bassin de la Haine qui coïncide avec la ligne de partage entre la Haine et la Sambre, pré-

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